Baisse des taux à la BCE

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Par Stéphane van Huffel - le 11/03/2016

Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a annoncé hier la baisse de son principal taux directeur de 0,05 à 0%. Son but : relancer l’économie en provoquant une baisse des taux d’intérêt historique. Les banques sont donc poussées à prêter davantage aux particuliers et aux entreprises. Quels sont les effets concrets et les risques de cette décision ? Nous essaierons d’expliquer de façon claire ce nouvel assouplissement.

L’annonce de Mario Draghi

La Banque Centrale Européenne (BCE) a abaissé, ce jeudi 10 mars, ses trois taux directeurs, le taux de sa facilité de dépôt, le taux de refinancement ainsi que le taux de prêt marginal. Nous assistons donc à un assouplissement massif de sa politique monétaire. L’objectif premier de la BCE est d’atteindre, de manière durable, une inflation légèrement inférieure à 2%. Sachant qu’aujourd’hui, les chiffres de l’inflation, en zone euro, sont de 0,7% pour le mois de février, bien en dessous de l’objectif fixé.

Des effets concrets

La banque centrale sort la planche à billet, ce que l’on appelle communément le « quantitative easing ». Des liquidités supplémentaires sont injectées et la masse monétaire augmente, le but étant d’augmenter les prix. La BCE qui injecte tous les mois 60 milliards d’euros dans l’économie à décider d’augmenter cette somme à 80 milliards. De plus, la banque centrale pratique des taux de dépôt négatifs, afin de stimuler l’activité économique. Les entreprises et les ménages vont emprunter davantage et donc consommer plus, ce qui fait mécaniquement augmenter les prix.

Des risques ?

Tout changement de politique monétaire comporte des risques. Les obligations vont connaître une forte demande, notamment sur les titres d’Etat les plus solides. Par conséquent, les taux plongent et la valeur des obligations grimpe. Les analystes financiers s’inquiètent d’une possible bulle sur les marchés obligataires, qui risque d’exploser lors de la remontée des taux. De plus, une limite à ne pas négliger, l’influence de cette politique monétaire sur les facteurs déterminant les prix. En effet, l’équilibre du marché pétrolier, le vieillissement de la population ou encore l’essor des technologies n’entrent pas en jeu.

Conclusion

Ainsi, la politique de la BCE peut rencontrer quelques limites. Elle agit sur la faiblesse de l’inflation qui résulte d’une insuffisance de demande. Cependant, nous ne savons pas si l’inflation en zone euro est un phénomène monétaire. Il reste donc à savoir si ces mesures seront suffisantes pour relancer l’activité et l’inflation.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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