Bourse : la gestion active encore plébiscitée

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Par Stéphane van Huffel
Le 11/06/2019

L’article « Bourse : la gestion active encore plébiscitée » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Malgré une année 2018 compliquée sur les marchés financiers, les investisseurs institutionnels restent tout de même friands de gestion active. Et ce, notamment au sein des boutiques indépendantes (entendez par là les petites sociétés de gestion), selon l'enquête annuelle d'Amadeis. Cet éternel duel entre gestion active et gestion passive persiste encore.

La vision des investisseurs institutionnels

Les gérants de fonds qui se positionnent sur la gestion de conviction sont plébiscités par le dernier palmarès des sociétés de gestion réalisé par Amadeis. Selon Frédéric Petiniot, Directeur Général d’Amadeis, « les investisseurs achètent un processus avec les grandes maisons, plutôt que la vision d'un gérant. C'est l'inverse avec les boutiques, en particulier quand il y a un gérant-fondateur ».

Dans ce sens, les investisseurs institutionnels qui ont répondu à l’enquête d’Amadeis ont privilégié les boutiques pour les actions européennes (Moneta) et mondiales (Comgest), de même que pour la gestion taux euro (Tikehau), ESG (Sycomore) et diversifiée (H2O).

Le Directeur Général d’Amadeis précise d’ailleurs à ce sujet que « les investisseurs institutionnels expriment une préférence forte pour les sociétés de gestion spécialisées (…) Sur les actions en particulier, ils privilégient les maisons plus petites. Leurs frais peuvent être plus élevés, mais les investisseurs parient sur leur capacité à générer de l'alpha (battre le marché) ».

Cette enquête annuelle a été menée auprès d’une cinquantaine de fonds de pension, de mutuelles, assureurs et distributeurs, ce qui représente un encours d’actifs d’environ 1 000 milliards d’euros. Toutefois, elle comporte quelques nuances concernant cette gestion active, notamment en matière de frais.

La gestion passive, une alternative moins couteuse

En effet, 38% des investisseurs institutionnels qui ont été interrogés jugent les frais de gestion encore trop élevés, en dépit de plusieurs années de baisse consécutives. Autre nuance : près d’un investisseur institutionnel sur trois se dit « déçu » de la prestation qu’offrent les sociétés de gestion. A savoir, plus de la moitié des fonds actions européens n’étaient pas parvenus à battre l’indice STOXX 600.

Face à ces griefs, la gestion passive reste une alternative efficace. Les fonds indiciels cotés (ETF), sont des fonds dont la valeur est maintenue conformément à un indice boursier identifié (type CAC 40 ou NASDAQ). Les frais de gestion de ce type de fonds ne dépassent en général pas les 1%. Leur capacité à capter la performance du marché, couplée aux frais maîtrisés rend la gestion passive attractive. En parallèle de ces constats, il faut prendre en compte que les sociétés de gestions subissent des dépenses de conformité croissantes, compressant ainsi les marges des gérants. Le Boston Consulting Group affirme dans ce sens que leur taux de marge pourrait tomber à 25 % en 2023 contre 36 % l'année dernière.

C’est pour ces raisons qu’il est primordial de rassurer les investisseurs. Ainsi, Igor de Maack, gérant et porte-parole de la gestion chez DNCA Finance explique : « Il est nécessaire d'être capable d'expliquer ses choix au client, de faire de la pédagogie, en particulier lorsque les performances ne sont pas au rendez-vous. ».

Conclusion

La gestion active a encore de beaux jours devant elle. En dépit de ses inconvénients, comme les frais, la compression des marges, ou encore l’incertitude de sa performance, l’espoir de battre le marché est toujours présent.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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