Facebook enfin en Bourse !

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Par Karl Toussaint du Wast - le 06/02/2012

Le réseau social le plus célèbre de la planète à enfin déposé mardi 31 janvier en après séance son dossier d'introduction en bourse auprès de la SEC, l'autorité de contrôle des marchés boursiers américaine. Après plusieurs mois d'insistance et de multiples reports laissant planer certains doutes sur la stratégie du site créé par Mark Zuckerberg en 2002, l'information à fait l'effet d'une bombe dans un contexte financier chahuté ces derniers mois.

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Facebook en Bourse : dépôt du dossier de candidature

L'élément principal de ce dépôt de dossier est avant tout l'obligation de transparence dont le réseau social à du enfin faire preuve dans son rapport d'introduction. En effet, pour motiver sa potentielle introduction en bourse, toute société doit fournir un ensemble détaillé de chiffres permettant aux futurs investisseurs de s'assurer de la cohérence de leur choix ainsi que des grands axes explicites de la stratégie de l'entreprise concernée.


Le choix de Mark Zuckerberg de garder sa création loin des marchés avait fini par faire naître une réelle interrogation sur les données comptables du groupe, certains accusant les dirigeants du réseau social d'un manque de transparence volontaire. Cependant, les analystes n'ont pas été surpris, les nombreux chiffres se rapprochant des estimations maintes et maintes fois avancées.

Déjà de futurs records

Le chiffre le plus impressionnant reste la valorisation potentielle du groupe Facebook en cas d'acceptation de son dossier puisqu'il est avancé une fourchette située entre 75 et 100 milliards de dollars sur la base d'un objectif de levée entre 5 et 10 milliards. Levée prévisionnelle elle-même impressionnante puisqu'elle ferait de cette introduction le record dans le secteur d'Internet. Google lui-même n'a levé en 2004 "que" 1,67 milliards de dollars.


Pour mieux comprendre le gigantisme de l'opération et le pourquoi du "buzz" médiatique il faut rapprocher le montant potentiel de valorisation de la société (100 milliards) à son chiffre d'affaires 2011 enfin dévoilé de 3,71 milliards de dollars pour un résultat net de 668 millions. Il faudra donc payer en mai, lors de l'introduction, 27 fois le chiffre d'affaire par action pour acquérir l'une d'elle. À titre indicatif, l'action Google se paie 5 fois ses revenus.

Facebook en Bourse : une belle opportunité...

Le réseau social compte aujourd'hui 845 millions de membres dans le monde entier dont 57% se sont connectés en décembre 2011. Même si les inscriptions ralentissent, le site enregistre encore une croissance de 5,7% par an. Si le recul de nouvelles connexions se fait sentir dans les premiers pays "connectés" comme les États-Unis, Facebook connaît une croissance impressionnante dans le reste du monde. Son chiffre d'affaire a augmenté de 88% entre 2010 et 2011 et de nombreux analystes financiers tablent en 2013 sur un chiffre d'affaire dépassant les 10 milliards de dollars. 85% de ces revenus sont issus de la publicité, le solde provenant de jeu en ligne et autres applications ou abonnements. Son bénéfice est en progression exponentielle depuis 3 ans.


Une des nombreuses forces de Facebook réside dans sa capacité à fédérer autour de lui une galaxie de sociétés innovantes dont le développement est accéléré par leur accès à sa plateforme de connexion. L'éditeur de jeu en ligne Zynga a connu ainsi une croissance exceptionnelle grâce à son partenariat avec Facebook (30% de ses gains sont reversés au réseau social) et a pu lever fin 2011 près d'un milliard de dollars pour son développement.

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...ou excès de confiance ?

Il n'en demeure pas moins que Facebook connait un ralentissement dans son extraordinaire développement du à l'apparition d'une concurrence qui s'organise, telle que Google + ou Tweeter. De plus, commencent à apparaître des réseaux sociaux géographiquement localisé comme Renren le "Facebook chinois". Le réseau social créé par Mark Zuckerberg commence également à soulever de nombreuses interrogations à propos de la protection de la vie privée de ses membres. Dans de nombreux pays, en particulier européens, se développe le concept de "droit à l'oubli numérique".


De plus, son développement accéléré sur les téléphones mobiles, bien que cela offre des perspectives de croissance impressionnantes (les smart phones ne représentant que 15% des téléphones vendus dans le monde) pourrait également lui poser problème; l'application sur mobile offre en effet beaucoup moins d'espaces publicitaires.


Enfin, son modèle basé sur la gratuité du réseau et son apparent non mercantilisme, n'offre pas les mêmes perspectives publicitaires que le grand concurrent Google. Si Facebook attire un grand nombre d'entreprise, l'impact de leur présence en ligne reste difficilement quantifiable en comparaison des outils de mesure de retour sur investissement du célèbre moteur de recherche.

Conclusion

L'opération d'introduction a, en tout état de cause, l'avantage de donner de la transparence à la fois sur les chiffres clés du site de partage mais aussi sur les axes stratégiques que son génial créateur veut emprunter. Conscient des forces et des faiblesses de son réseau social, Mark Zuckenberg doit désormais trouver comment consolider son formidable développement. À commencer par la façon dont il va dépenser les nouveaux milliards obtenus de l'introduction en bourse. En effet, Facebook affiche déjà une trésorerie positive de 3,9 milliards de dollars.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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