BREXIT : Quel avenir pour les marchés européens ?

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Par Adrien Dumarty - le 29/06/2016

L’annonce de la victoire du Brexit à l’issu du référendum britannique a eu pour conséquence un mouvement de repli qui s’est généralisé à l’ensemble des places boursières (Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 perdant respectivement 635 et 277 points à l’ouverture).

Les marchés devant désormais faire face à une situation pour le moins inédite dans l’histoire de l’Union Européenne.

Cette déstabilisation prononcée des marchés mondiaux s’explique pour l’essentiel par un manque cruel d’anticipation des investisseurs portés jusqu’alors par les sondages plaidant en faveur du camp du « Bremain ».

Si l’annonce d’une telle décision a entrainé un véritable regain de méfiance des investisseurs craignant une remise en cause du modèle Européen, celle-ci n’est que le prémisse d’une procédure de sortie longue et fastidieuse dont la principale sanctionnée est l’économie Britannique.

Les conséquences d’une telle victoire

Les conséquences d’une telle victoire

A l’origine de la vague de scepticisme planant sur les marchés boursiers résident de nombreuses interrogations quant aux répercussions réelles de la sortie du Royaume Uni sur l’économie européenne et mondiale.

► Sur le plan politique

Cela a engendré un manque de visibilité des investisseurs sur la situation politique au sein de l’Union Européenne, ainsi que sur la réaction des gouvernements face à une décision historique.

Si certains investisseurs appréhendent également un risque de contagion à d’autres pays tels que l’Italie ou l’Espagne, d’autres voient dans le « Brexit » une occasion pour de nombreux pays de renforcer leur intégration et leur participation au projet européen.

► Sur le plan économique

Les marchés européens vont entamer une phase d’attentisme dans l’expectative des premières interventions des principales Banques Centrales (BCE, FED), seules autorités à même d’enrailler la baisse des marchés par un renforcement des mesures d’assouplissement monétaire.

En vue de rétablir sur le long terme la confiance des investisseurs dans les perspectives d’une reprise durable de l’économie européenne, ces actions devront être suivies de prêt par la mise en place d’actions concrètes émanant des autorités gouvernementales et financières européennes.

Au regard de l’assainissement progressif de son économie (Hausse des investissements des entreprises, hausse des créations d’emplois, hausse de la consommation des ménages) et des moyens d’actions mis à la disposition des différents gouvernement (Banques Centrales), nous pensons que l’Europe va rapidement absorber les perturbations à court terme générées par le Brexit.

La victoire du Brexit n’aura également qu’une incidence relative sur les valeurs françaises du fait d’une exposition faible à l’économie Britannique. Cette dernière devrait également voir sa position renforcée au sein de L’Union Européenne par l’implantation de grandes institutions financières telles que les Banques de la City.

Du côté du Royaume Uni, au lendemain de la publication des résultats du référendum ce dernier a vu ses perspectives de croissance pour le deuxième semestre 2016 revu à la baisse passant de 1,6% à 0,6%, et pour cause une telle décision ayant entrainé de facto une dépréciation continue de la livre Sterling (-10%).

Cette baisse devrait être suivie dans un deuxième temps par une baisse de la croissance générée par sa population active, un arrêt des aides et investissements européens, un affaiblissement des entrées de capitaux et un regain des coûts des importations essentiellement lié à la fermeture des frontières. Londres apparaissant comme une plaque tournante pour de nombreuses banques centrales, la capitale se verra également pénalisée par la délocalisation au profit de pays européens d’institutions monétaires et politiques importantes.

Si l’officialisation du Brexit ouvre sur une période d’incertitudes matérialisée par d’importantes négociations entre l’Union Européenne et le Royaume Uni quant aux modalités de sortie, les investisseurs mondiaux devraient rapidement reprendre positions sur les marchés une fois le « choc » de la nouvelle assimilé et la phase de transition passée.

Quelle stratégie adopter en ces temps incertains ?

Quelle stratégie adopter en ces temps incertains ?

Comme nous l’avons précédemment énoncé le processus de sortie du Royaume Uni va être long dans la mesure où il va donner lieu à une renégociation de l’ensemble des traités et accords jusqu’alors conclus entre l’U.E et le Royaume Uni. Ce qui pourrait avoir pour conséquence de reporter l’officialisation de la sortie en 2019.

Les marchés vont par conséquent entrer dans une phase de flottement matérialisée par un plus grand attentisme des investisseurs et une accentuation de la sensibilité des indices boursiers. Cela va notamment se traduire à court terme par un mouvement de pression sur les marchés européens associé à une aversion au risque plus marquée des investisseurs et une hausse de la volatilité sur l’ensemble des marchés boursiers mondiaux.

Conclusion

En termes de positionnement, notre stratégie reste inchangée nous continuons de privilégier la diversification couplée à une vision à long terme de nos investissements avec une durée de placement minimum de 3 ans en vue de lisser les fluctuations baissières enregistrées sur de courtes périodes et ainsi respecter les couloirs de performance définis lors de la phase d’investissement. Nous conseillons également de ne pas agir de manière trop hâtive dans des périodes de manque de visibilité à court terme sous peine d’encaisser des pertes plus difficiles à compenser par la suite.

À propos de l'auteur

Adrien Dumarty , Responsable Allocation financière

Diplômé d’une licence de droit et d’un master de gestion de patrimoine de l’université de Bordeaux, Adrien Dumarty rejoint dès la fin de ses études le cabinet Bordelais du groupe Wast and Van. La formation qu’il reçoit et son sens de l’entreprenariat le conduisent rapidement à prolonger sa collaboration avec le groupe en qualité d’analyste financier. La qualité de son travail et de son expertise l’amène à évoluer rapidement vers le poste de responsable Middle Office de la division Finance du Groupe pour les cabinets et pour le site Netinvestissement.fr.

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