BCE : pas de remontée des taux mais des changements

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Par Stéphane van Huffel
Le 07/11/2017

L’article « BCE : pas de remontée des taux mais des changements » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Cela fait maintenant plus de deux ans que la Banque Centrale Européenne (BCE) concentre ses efforts sur la croissance des pays de la zone euro en régulant l’inflation. Le jeudi 26 octobre dernier se tenait une conférence de presse où Mario Draghi annonçait les perspectives de 2018 pour la BCE.

Plusieurs sujets ont été abordés comme le maintien des taux bas pour les mois à venir mais aussi des futurs changements dans son programme anti-crise. Néanmoins peu de surprise, la BCE continuera à soutenir l’économie française grâce à sa politique monétaire considérée comme « accommodante ». Que faut-il retenir de l’annonce du président de l’institution financière ?

Les ajustements de la politique monétaire de la BCE

Dans un premier temps, la Banque Centrale a décidé de réduire de moitié ses rachats de dette publique et privée effectués au rythme de 60 milliards d'euros par mois aujourd’hui à environ 30 milliards d'euros mensuels à partir de janvier 2018 et ce pour une période de 9 à 10 mois. Néanmoins, l’institution reste sur ses gardes et affirme qu’elle aura toujours la possibilité d'augmenter ce montant si les perspectives d’avenir pour l’Union Européenne venaient à s'assombrir.

Concernant les taux d’intérêts, la BCE confirme qu’il n’y aura pas de remontée des taux significative avant la fin complète des rachats d’actifs.

Point bourse

A la suite de l’intervention de Mario Draghi, les taux directeurs ont été maintenus à zéro, les banques de second rang vont pouvoir continuer à emprunter de l’argent sans frais.

A contrario, l’Euro a quant à lui baissé passant de 1,18175 USD à 1,1609 USD le 27 octobre 2017, tout en restant stable les jours suivants. En revanche, la Bourse allemande (DAX) a augmenté de +0.3% à 0,53%.

Le taux de change de l'euro joue un rôle fondamental puisqu’une monnaie unique trop forte pénalise les exportations tout en rendant les importations meilleures marchées. Ce qui influe à la fois sur la croissance mais aussi sur l'inflation. La Banque Centrale Européenne, reste plus prudente et plus ferme que la FED sur ce point.

Un sentiment de confiance vis-à-vis de la situation économique future de la part de la BCE

Même si la politique monétaire semble devenir de moins en moins accommodante elle reste douce d’après Mario Draghi. Il existe une nécessité de la part de la BCE de faire perdurer cette stimulation économique. Le président annonce même être confiant dans les perspectives de croissance et d’inflation. En effet, plusieurs points ont été mis en lumière comme des chiffres encourageants de croissance et un risque de déflation écarté.

La Banque Centrale Européenne ne fête pas victoire pour autant, car le taux ciblé proche mais quand même inférieur à 2% n’est pas encore atteint. En moyenne sur cette année le taux d’inflation s’est approché de 1,5% mais risque de se creuser durant la période hivernale en raison des prix de l’énergie.

Conclusion

La BCE prêche donc l’optimisme tout en allégeant son soutien à l’économie. Elle se tient toujours en gendarme de l’inflation en régulant la masse monétaire injectée dans l’économie. Néanmoins, la situation reste un peu contradictoire, car une croissance florissante devrait faire remonter les taux d’intérêts.

En effet, une économie laissée trop longtemps sous perfusion peut créer des bulles. La BCE s’engage à scruter minutieusement les changements politiques comme celui de la Catalogne ou de l’Italie. Car une fin trop rapide du soutien à l'économie pourrait faire ressurgir les craintes des investisseurs concernant la dette des pays fragiles.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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