BNP Paribas : la banque qui valait 10 milliards

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Par Karl Toussaint du Wast - le 02/06/2014

Selon le Wall street Journal, la banque française serait menacée d’une amende record s’élevant à 10 milliards d’euros, ainsi que d’une possible perte temporaire de sa licence bancaire aux Etats-Unis. La raison d’une telle sanction ? La banque est accusée d’avoir réalisé des opérations financières avec Cuba, l’Iran et le Soudan violant ainsi l’embargo américain.

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Une réaction sans précédent des Etats-Unis

Entre 2002 et 2009, la banque française aurait réalisé des opérations financières avec Cuba, l’Iran et le Soudan violant ainsi l’embargo mis en place par les Etats-Unis à l’égard de ces pays. Si ces opérations étaient jusqu’en 2008 encore tolérées, la crise financière avait poussé les Etats-Unis à durcir le ton.

Alors même que les Etats-Unis ne jouaient aucun rôle au sein de ces opérations financières, le ministre américain de la justice, Eric Holder, a énoncé que le seul fait que ces opérations soient réalisées en dollars venait, de facto, les impliquer.

Si le gouverneur de la Banque de France a souligné la parfaite conformité de ces transactions au droit français et européen, il a rappelé que depuis la mise en place de la nouvelle doctrine au cours des années 2000 « toute opération faite en dollars doit être conforme à la réglementation américaine si elle est menée par une structure qui n’est pas américaine ».

Une amende historique

Une amende de 10 milliards de dollars pourrait être infligée à la banque française, ce qui représenterait plus de 4 fois le bénéfice réalisé par celle-ci au premier trimestre 2014. Une telle sanction risquant d’affecter de manière considérable ses activités de financement et d’investissement, ainsi que sa solvabilité, la banque a d’ores et déjà entamé des négociations dans le but de ramener cette amende à 8 milliards de dollars.

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En outre, BNP Paribas pourrait être poursuivie au pénal, ce qui aurait pour conséquence un retrait temporaire de sa licence aux Etats Unis. Cette sanction lui interdirait alors de réaliser des transactions en dollars vers ou depuis les Etats-Unis.

Une perte temporaire de traiter des paiements à New York pénaliserait fortement la banque française qui prévoyait de réaliser 12% de son produit net bancaire en 2016 depuis les Etats-Unis. Cela obligerait également les clients à se tourner vers d’autres entreprises pour traiter leurs paiements, avec le risque que ces derniers ne reviennent jamais.

De telles mesures s’expliquent par la volonté du ministre américain de la justice, Eric Holder, de faire de cette sanction un exemple et ainsi de prouver qu’aucune banque « n’est au dessus des lois ».

Conclusion

Si la banque française se veut rassurante quant à sa capacité à absorber un règlement juridique de plusieurs milliards de dollars au regard de ses capitaux propres et de sa capacité à lever des fonds, celle-ci craint tout de même de voir le nombre de ses clients diminuer de manière considérable.

Les divers scandales survenus au cours des derniers mois ayant entamé à chaque fois un peu plus la confiance des français dans le système bancaire, les banques risquent d’avoir quelques difficultés à redorer leur image.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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