Les banques au régime

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Par Stéphane van Huffel - le 07/10/2011

Le constat est là : BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole se mettent au régime et réduisent la "taille" de leur bilan mais pourquoi ?

Actualité

Explications

Ce constat est avant tout le résultat d’une inquiétude des banques vis à vis de leurs financements à court terme, car les fonds monétaires américains ont réduit leurs engagements en dollars sur les banques françaises. Cet état de fait prouve aux banques françaises, dépendantes de ces ressources depuis de nombreuses années, que les fonds ne sont désormais pas pérennes.

« C’est donc l’éventualité d’un ralentissement de la globalisation financière qui les inquiète » selon Romain Burnand, co-dirigeant de Moneta Asset Management.


Le contexte de crise actuelle ainsi que le fait que les banques françaises aient un fonctionnement si différent et soient loin des établissements américains, entrainent leur méfiance. L’exposition des banques françaises au risque souverain, inquiète. La structure même de leur bilan en est aussi source d'inquiétudes.


Problèmes de financement sur le long terme

Le problème de financement n'a pas seulement d'impact sur le court terme mais également sur le long terme, principalement à cause du ratio de liquidité à long terme prévu par les accords de Bale III (abordés dans une précédente actualité). Les engagements à long terme doivent donc être réduits pour limiter les pertes de revenus.


Cependant, les engagements à long terme peuvent se répartir en deux catégories, dont l’une d’elle reste profitable pour les banques :

? Les particuliers prenant un crédit pour investir dans l'immobilier de 150 000 euros par exemple et ouvrant un compte dans la foulée au sein de la banque prêteuse, restent client de la dite banque durant 30 ans environ. Ils s'engagent donc sur du long terme ce qui est somme toute profitable pour la banque prêteuse.

? Tandis qu’un prêt de 150 millions d’euros sur du long terme, à une foncière permettant de financer des opérations mais n’apportant rien en gestion de flux, est beaucoup moins intéressant pour une banque prêteuse. En effet, tout comme les crédits sur le long terme pour des entreprises qui ne sont pas clientes, les banques ne rentabilisent pas l’accord, avec des produits et services plus rentables pour elles.


La réduction de cet engagement à long terme permettra donc aux banques françaises de réduire également leurs besoins en fonds propres et donc d’améliorer leur ratio de solvabilité.


« D’ailleurs BNP Paribas et Sociétés Générale s’en étaient déjà désengagées, pour s’orienter vers des produits plus complexes ou organiser des financements obligataires par exemple »

Actualité

Le régime bon pour qui ?

D’autres acteurs seront mis à contribution car toutes les banques françaises seront soumises aux accords de Bale III, notamment concernant les placements financiers à court terme en dollars (par exemple). Ce seront vraisemblablement les banques américaines qui prendront le relai.

« Des fonds de private equity pourraient être intéressés par certaines activités de services financiers ».


Les acteurs non cotés deviendront aussi des intervenants (comme le Crédit Mutuel France), de même que les acteurs de pays émergeants intéressés par une potentielle ouverture à l’international dans le secteur bancaire privé.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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