Perte de vitesse pour le livret A ?

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L’article « Perte de vitesse pour le livret A ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Karl Toussaint du Wast - le 30/08/2013

Après l’annonce du gouvernement en concertation avec la banque de France le taux du Livret A a connu une nouvelle baisse depuis le 1er Aout 2013 pour atteindre 1,25% de rendement. Cette baisse est la 8e modification du taux de Livret A depuis le début de la crise ! Le placement préféré des français va donc connaitre une sérieuse érosion de sa rémunération. La décision de l’actuel gouvernement de baisser le taux du Livret A a eu pour effet de faire baisser le niveau de collecte.


Les détenteurs de ces Livrets, nombreux, puisque détenus par 60 millions de français ne vont-ils pas se tourner vers d’autres placements afin de trouver une meilleure rémunération ?


Rechercher de meilleurs rendements pour ses placements en cette période où le gouvernement travaille à une nouvelle réforme fiscale des placements comme sur l’assurance-vie par exemple est difficile. Analysons les niveaux de collecte suite à l’annonce et à la mise en place de la baisse du taux du Livret A, et les solutions alternatives de placement.

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Des placements plus pérennes et plus rémunérateurs, et surtout moins affectés par les réformes fiscales existent.

Une collecte nette en recul de 82%

La collecte sur les 7 premiers mois de l’année 2013 des livrets A affiche un cumul à 380 milliards d’euros, le livret A reste affecté par sa baisse à 1,25% puisque sa collecte est en baisse de 82% par rapport à 2012. Ce recul majeur démontre que les épargnants semblent décidés à se tourner vers d’autres formules et solutions plus rentables que les solutions d’épargne réglementées.

L’impact de la baisse de la collecte

L’annonce de la modification du taux de rémunération du Livret A pose la question de son impact sur les montants collectés mais aussi sur les acteurs en lien direct.

  • En premier lieu les banques : la collecte ou la décollecte affecte leurs liquidités, leur bilan et le respect de rations bancaires. A ce titre d’ailleurs une baisse du taux du Livret A peut être favorable pour les banques car la décollecte sur les Livrets A s’effectue en faveur des livrets bancaires, dont on sait qu’ils entrent en compte pour le calcul et donc permettent de favoriser le respect des rations de solvabilité des nouvelles normes bancaires internationales.
  • L’Etat ensuite : l’épargne défiscalisée représente un coût lié à la non perception de revenus fiscaux sur son rendement. Ce coût est estimé à 410 millions d’euros en 2013. En effet si la baisse du taux de rémunération des livrets A se traduit par une décollecte en faveur des produits d’épargne fiscalisés alors cette décollecte se traduira pour l’Etat par un moindre manque à gagner fiscal pour le gouvernement.
  • Enfin les bailleurs sociaux : les prêts demandés par les bailleurs sociaux auprès de la Caisse des Dépôts et Consignation pour financer la construction de logements sociaux sont conditionnés par les montants collectés. Le coût de leur emprunt auprès de la CDC est en effet indexé sur le taux du Livret A. Ils vont à l’avenir bénéficier d’une ressource (emprunt) à moindre prix.

Quelles solutions plus rentables que le Livret A les épargnants vont-ils privilégiés ?

La rentrée politique de cette année porte avec elle aussi des projets de loi de modification fiscale, et notamment sur la fiscalité des placements telles que l’assurance-vie. Alors il est évident que dans cet environnement fiscal incertain le choix du placement reste complexe.


Ainsi la baisse de rémunération du Livret A a incité les banques à déployer des offres commerciales pour orienter la décollecte du Livret A vers les produits d’épargne internes. Ces placements bancaires restent globalement peu rémunérateurs en comparaison avec d’autres types de placement.

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Les informations liées à la modification de la fiscalité, du niveau de montants taxables de l’assurance-vie, mais aussi de son utilisation et de la répartition des fonds, sont à prendre en considération. La souscription d’un contrat d’assurance-vie dès à présent est judicieuse pour pouvoir bénéficier de sa fiscalité avantageuse et de ses niveaux de rendements supérieurs au Livret A. La rétroactivité de la future mesure n’est pas encore d’actualité.


Les réformes fiscales se succèdent et certains placements ne subissent pas ces réformes. Evoquons parmi ces placements l’investissement dans l’art dont la fiscalité a très peu évolué dans le temps. Ce type d’investissement apporte un rendement brut de l’ordre de 7% et reste une valeur refuge sécurisante. L’accès à ce support est, contrairement aux idées reçues, possible à partir de montants faibles.


Evoquons aussi l’investissement dans l’immobilier de bureau au travers des SCPI, valeur immobilière refuge, sécurisante et de surcroît un actif tangible qui par ces temps d’instabilité économique et boursier permet d’obtenir des rendements nets au-delà de 5%. Les montants d’accès à ce support sont peu élevés et totalement ajustables.


L’épargnant qui souhaite davantage de profitabilité peut aussi penser au PEA dont il peut confier la gestion à un professionnel.


Attachez-vous les services d’un conseiller patrimonial pour l’affectation de votre épargne à ce type de placement méconnus du grand public.

Conclusion

La conséquence logique de la baisse de la rémunération du Livret A à 1,25% est une perte de vitesse de la collecte en comparaison à 2012. Les différents acteurs ; banques, Etat et bailleurs sociaux vont être affectés.


Les détenteurs de livret A qui ont subi la baisse du taux de rémunération depuis le 1er Aout a affecté leur pouvoir d’achat puisque l’épargne est moins rémunérée. Les épargnants vont rechercher les placements ayant une meilleure rémunération et tout logiquement les banques vont engager des offres commerciales pour favoriser une réorientation de l’épargne issue de la décollecte du Livret A vers leurs propres produits. Or les placements bancaires sont globalement peu rémunérateurs.


Les solutions de placement alternatives et plus rémunératrice sont nombreuses et offrent des filets de sécurité à votre investissement tout aussi solides qu’un simple Livret A.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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