Peut-on encore défendre les banques ?

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Par Stéphane van Huffel - le 04/01/2012

Est-il encore possible de défendre les banques et le système bancaire ? Voilà une question qui peut surprendre. Chaque jour, les médias relaient des informations diffuses et opaques concernant le métier, la philosophie et la santé des banques européennes dans lesquelles sont placées les économies de la majorité des citoyens du vieux continent. Beaucoup de fausses idées sont relayées et induisent profondément en erreur notre perception du rôle des banques.


Il ne s’agit pas de se poser la question de la responsabilité globale du système bancaire dans les crises financières et économiques qui touchent les économies des pays industrialisés mais de mieux comprendre les réactions de ces établissements en 2012.

La crise des dettes souveraines

La crise des dettes souveraines

En 2012, les banques continueront à jouer un rôle ambigu et paradoxal sur le marché des dettes souveraines. En effet, leurs expositions aux obligations des pays européens, et parmi eux les plus en difficultés, resteront importantes du fait de la pression des pouvoirs publics à soutenir une partie de ces actifs dévalorisés.


Après l’annonce de la dépréciation d’environ 50% de la valeur des obligations de l’Etat grec détenues par les banques, nous pourrions attendre que les établissements bancaires créanciers se dégagent massivement des ces actifs. Ils ne le peuvent pas, assurant partiellement leur rôle de soutien économique à la zone Euro que leur demandent d’assumer les leaders politiques en place. Cela pèse et pèsera en 2012 sur les bilans des banques et donc sur leur capacité à s’engager sur de nouvelles prises de participation lors des futures émissions obligataires massives prévues l’année prochaine (en Italie et en France en particulier).

Le risque pèsera sur le propre bilan des banques européennes en 2012

Une fois de plus, leurs prises de risque sur les marchés actions et obligations, en particulier sur les dettes souveraines, soulèvent désormais de nombreux doutes sur la solidité des bilans des banques. Quel est le niveau de leur exposition réelle ? Leurs fonds propres peuvent-ils assurer la pérennité de leur activité en cas de défaut important d’un acteur (Etat ou entreprise) dans lequel elles ont d’importantes participations ?


Pour rassurer les marchés, elles doivent donc désormais renforcer leurs fonds propres et faire preuve d’une nouvelle orthodoxie en matière de gestion des risques et donc de leurs investissements. Cela impliquera en 2012 une plus grande prudence dans le choix des dossiers à financer et un indubitable resserrement du « robinet du crédit ».

Les nouvelles normes en 2012

Sans entrer dans le détail, les nouvelles normes bancaires, connues du grand public sous le nom d’accords de Bâle III vont également peser sur la capacité des banques à assurer en 2012 leur métier de soutien à l’économie au travers de la distribution de crédit. En effet, la nouvelle règlementation va imposer aux établissements bancaires de consolider leurs bilans comptables en particulier en augmentant leurs capitaux propres et leur capacité de refinancement.


En mots clairs et simples : un obstacle de plus pour ces acteurs économiques incontournables à assurer en 2012 avec sérénité leur rôle de préteur, à la fois au niveau des Etats mais surtout auprès des acteurs de l’économie réelle que sont les entreprises et les particuliers.

Les nouvelles normes en 2012

Conclusion

Le système économique mondial repose sur la capacité des banques à assurer leur principal métier qui est le financement de l’économie réelle. Les perspectives peu engageantes pour 2012 ne sont pas seulement la résultante du manque de volonté des banques à assurer cette mission. Acteurs incontournables, elles sont au centre de tout et apparaissent donc comme les principales responsables même quand elles sont elles-mêmes victimes de leur environnement et de l’incapacité des pouvoirs publics, en particulier en Europe, à réformer un système qui a montré ses limites.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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