Qu'est-ce que la banque publique d'investissement ?

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L’article « Qu'est-ce que la banque publique d'investissement ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - le 31/10/2012

Le 17 octobre 2012, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg ont présenté en Conseil des ministres le projet de loi relatif à la création de la BPI (Banque Publique d’Investissement). La BPI aura pour mission première le financement des entreprises en développement et en croissance, dont l’activité serait principalement liée à la recherche ou à l’exportation et plus généralement de soutenir les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) souffrant de la crise. La nouveauté tient surtout dans l’idée qu’elle sera accessible pour les entreprises grâce à des guichets uniques dans chaque région. Le texte présenté fixe donc les règles de la mise en commun des moyens de l’Etat, de la Caisse des dépôts et consignations et des régions.

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La stratégie

La BPI sera gouvernée par un conseil d’administration présidé par Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC (Caisse des dépôts et consignations), et sera dirigée par un directeur général exécutif non encore désigné. La BPI sera une compagnie financière avec comme actionnaires à parité l’Etat et la CDC mais gardant son autonomie dans sa gestion et ses orientations d’investissement.


Un conseil national d’orientation, présidé par un président de région et associant un panel représentant les forces vives du pays, dont les partenaires sociaux, aidera à l’élaboration de sa stratégie. En région, les schémas régionaux de développement économiques seront articulés afin d’optimiser l’action de la BPI dans le but d’orienter plus localement les moyens d’accompagnement.

Son rôle et ses moyens

Son rôle sera de réunir les compétences des institutions déjà existantes : la CDC et le FSI (Fonds Stratégique d’investissement) qui interviennent dans le capital des entreprises, Oséo qui apporte le complément de crédits aux PME et aux entreprises innovantes et enfin Ubifrance qui se charge d’accompagner les entreprises à l’export.


Sa capacité d’engagement, « sa force de frappe » serait comprise entre 35 et 40 milliards selon le gouvernement, soit sous forme de prêts, soit de prise de participations au capital, soit sous forme de garanties.


La BPI consacrera 500 millions à l’économie sociale et solidaire, au travers d’un tissu d’associations, de mutuelles ou de fondations qui représentent tout de même environ 10% des emplois en France selon l’INSEE.

Les interrogations

La tentation en période de crise de venir en aide avec de l’argent publique aux entreprises en difficulté est toujours forte. Certains, comme Jean-Louis Borloo pensent que le projet pourrait être « une fausse bonne idée », entre « conflit d’intérêt » et « chantage politique ». Le spectre du naufrage du Crédit Lyonnais dans les années 90 resurgit.


Le gouvernement fait donc attention à ne pas donner la direction et la gestion de la BPI à des personnes susceptibles d’en user à des fins de soutien politique. Y compris au niveau du contrôle partagé à 50/50 entre le ministère des finances et la CDC. La nomination d’un directeur général capable de concilier enjeu régional, ambition économique et contrôle financier rigoureux est en cours.

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Conclusion

Véritable outil de soutien à la relance, la BPI doit être avant tout considérée comme un accélérateur de mutation du tissu d’entreprises français, en particulier pour celles en difficultés. La BPI n’aura donc pas vocation à sauver ce qui ne peut l’être et se tournera résolument vers les métiers innovants et créateurs d’emplois d’avenir. Toute la question est de savoir comment le politique va se positionner dans cette démarche pragmatique.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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