Assurance vie, sécurité aléatoire

Visa expert

L’article « Assurance vie, sécurité aléatoire » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Par Karl Toussaint du Wast - le 21/05/2013

La sacro-sainte croyance que les fonds euros sont ultra sécurisés vient de voler en éclat. Aujourd’hui nous pouvons en douter. Depuis plusieurs décennies il était coutume d’affirmer qu’un épargnant ouvrant un contrat d’assurance vie avec essentiellement du fonds euros ne risquait rien, et à l’inverse les Unités de Comptes étaient toujours considérées comme risquées.


Oui, nous sommes au bord de l’explosion de la bulle obligataire si les banques centrales n’arrivent pas à la dégonfler. Comment est-ce possible ?

lassurance-de-pret

Une corrélation des taux de rendement obligataires avec les taux directeurs des banques centrales

Il faut savoir qu’en moyenne, un fonds euros adossé à un contrat d’assurance vie contient 81% d’obligations (d’Etats ou d’entreprises), 9% d’actions, 5% d’immobiliers et 5% de supports monétaires. La part obligataire composant un fonds euros est donc la part la plus importante.


Lorsque les Banques Centrales baissent leurs taux directeurs, les taux de rendement obligataires proposés par les Etats et les entreprises ont tendance à baisser, et à l’inverse lorsqu’elles augmentent leurs taux directeurs, le rendement des OAT (obligation assimilable au trésor) et des obligations d’entreprises augmentent.

D’ailleurs le Président de la FED (Réserve Fédérale Américaine) BEN BERNANKE a admis dans la presse qu’une baisse du taux directeur avait bien pour conséquence de créer une bulle obligataire.


Actuellement, les taux directeurs sont historiquement bas. Le 2 mai 2013 la Banque Centrale Européenne a baissé son taux à 0,5% ce qui a par exemple fait baissé l’OAT 10 ans français à 1,73%. Et par analogie, les taux de rendement des fonds euros ont encore baissé.

Une perte de confiance des marchés en la capacité des Etats à rembourser leurs dettes serait désastreuse :

Une perte de confiance des marchés sur la capacité des entreprises et des Etats à rembourser leurs emprunts ou une hausse brutale des taux directeurs provoque en général une hausse des taux de rendement obligataires. Que se passerait-il ?

  • 1ère conséquence néfaste : Nous ne sommes pas à l'abri de la création de nouveaux fonds euros qui adosseraient dans leurs portefeuilles de nouvelles obligations avec des rendements bien plus intéressants, provoquant de la part des investisseurs un abandon des vieux fonds en euros au bénéfice de nouveaux. Cette situation désorganiserait et déstabiliserait les marchés. Ces vieilles obligations seraient alors considérées comme « toxiques ».
  • 2ème conséquence encore plus néfaste : Les investisseurs abandonneraient pour la plupart les fonds euros au bénéfice des unités de comptes. Ce transfert titanesque d'argent provoquerait un désordre économique touchant l 'économie réelle, car si les Etats se retrouvaient en difficulté pour emprunter sur les marchés, il leur faudrait aller se financer ailleurs, par exemple par de nouvelles hausses d’impôts, réduisant encore la consommation des ménages et accélérant ainsi le phénomène de récession.

Le grand écart des banques centrales, gymnastique à haut risque

Pour relancer l'économie et la consommation, la BCE a baissé son taux directeur à 0,5% (imitant la FED), mais en faisant ce choix elle contribue peut-être à créer ou entretenir une bulle obligataire et à faire augmenter le risque de défiance des investisseurs dans leurs fonds euros par conséquent.


Notons qu'en 1994 Alan Greenspan, le président de la FED de l'époque, avait décidé d’augmenter à la surprise générale son taux directeur de 0,25%, ce qui s’était traduit aussitôt par une chute du marché obligataire de… 20%.

placer-votre-argent

Les Banques Centrales doivent donc faire le grand écart et sans provoquer de déchirures !

Conclusion

Face à ce risque de défiance envers les fonds euros, il est judicieux pour les épargnants titulaires d'un contrat d'assurance vie de réfléchir sur leurs allocations d'actifs. 100% de fonds en euros est devenu non seulement peu rentable mais exposé. Car si les marchés n'ont plus confiance en tel ou tel fonds euros, son rendement baissera mécaniquement, voir sera négatif.

Il est vivement conseiller de prendre soin de choisir un fonds dont les gérants ont réussi à faire leurs preuves durant la crise de 2008.

Il est donc judicieux de choisir un contrat d'assurance vie vous permettant d'accéder à un large choix de fonds (en euros et unités de comptes) auprès d'un professionnel de la gestion de patrimoine connaissant parfaitement les fonds (pour savoir vous l'expliquer) et travaillant en architecture ouverte (c'est à dire vous permettre l'accès à tous les fonds du marché).

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides