Les banques et l'assurance-vie : ce qui change

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Par Stéphane van Huffel - le 14/12/2011

Longtemps plébiscité par les banquiers auprès de leurs clients comme étant le placement patrimonial d’excellence, l’assurance-vie (dont 60% de la collecte est assurée par les banques) est délaissée au profit des fameux livrets d’épargne. L’argument avancé par les banques à leurs clients tourne autour de la rentabilité (il est vrai que le rendement des contrats d’assurance-vie investit en fonds euro n’a cessé de baisser et va continuer à baisser en 2012 pour atteindre péniblement 3%), mais c’est en réalité pour une tout autre raison que les conseillers clientèle « orientent » leurs clients vers leurs livrets.

L'origine : Bâle III

L'origine : Bâle III

L’évolution récente de la règlementation - Bâle III - qui impose à présent aux banques une réserve de fonds propres minimum pour pouvoir réaliser leurs investissements requiert de plus importantes liquidités disponibles ; liquidités qu’il est donc plus facile d’aller chercher sur les livrets bancaires des clients.

Alors oui certes, la performance d’un fonds euro tient entre autres au niveau des taux directeurs et à l’inflation, mais disons les choses clairement : s’il y a encore une dizaine d’années les principales institutions bancaires redoublaient d’effort, d’ingéniosité (et de publicité) pour faire valoir la performance de leur fonds euro, il est tout autrement aujourd’hui.

On en vient même à se demander si certain ne le font pas exprès. Trois des principaux opérateurs ont même choisi d’aligner leur rendement avec le voisin.


Pourquoi ? Tout simplement parce que les banques n’ont plus autant besoin qu’avant de ces contrats d’assurance-vie. Comme nous l’avons expliqué plus haut, les liquidités des Français sont orientées ailleurs, sur des supports qui « arrangent » davantage les banques.

Mais alors, vers quels supports ?

L’immobilier ? Même si les banques pratiquent des taux d’emprunt à forte marge (pour équilibrer leurs positions risquées notamment sur certaines dettes souveraines), ces prêts représentent un risque pour les prêteur, risques que ces derniers cherchent pour l’instant à tout prix à éviter.


L’or ? On entend parler de l’or à tout va (certes belle valeur refuge en tant de crise), mais les placements dans l’or représentent moins de 1% des flux d’épargne.


En Bourse ? les petits porteurs ont quitté ce marché depuis longtemps et ne sont pas près à y revenir.

Doit-on s'inquiéter de cette situation ?

Non, commencez à vous y habituer, votre cher banquier va vous le dire et vous le redire, finalement, le meilleur endroit ou placer son argent c’est …. à la banque (allons donc), dans leurs livrets dits « maisons ».


Car l’assurance vie n’est pas un produit "bilanciel". Autrement dit, elle n’est pas comptabilisée comme faisant partie des fonds propres des banques. Or, c’est bien de fonds propres dont les banques ont besoin en ce moment.


Depuis plusieurs mois, nous sommes abreuvés de publicités qui cette fois mettent en avant des taux bonifiés (pendant 3 mois) sur le livret X, Y ou Z.5% par-ci, 5,5% par là. N’oubliez pas tout de même qu’à l’issu de la « promotion » de trois mois, ce livret, comme tous les livrets, retombent à 2%. Et pourtant ça marche ! Sur un an glissant, l’encours sur les livrets à progressé de 14%

Conclusion

Une fois de plus, l’épargnant se retrouve comme le dindon de la farce, servant avant tout les intérêts de la banque avant les siens. Un livret bancaire doit être ouvert pour avoir des liquidités disponibles à tout moment, mais certainement pas parce que « ça rapporte ». un livret ne rapporte rien. Avec la fiscalité, et l’inflation, votre argent placé sur le livret, au mieux, ne se dévalue pas.


Les contrats d’assurance vie en Euro ne sont plus certes aussi intéressants qu’avant, mais une allocation d’actifs adaptés et bien pensée, avec par exemple 15% à 20% de SCPI de rendement, peu volatiles et offrant des rendements de plus de 5% nets par an sont tout à fait cohérents et peuvent être investis dans un contrat d’assurance-vie ; contrat qui, rappelons-le, offre une fiscalité dégressive et plutôt avantageuse pour une durée de détention supérieure à 8 ans.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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