Pierre papier : des rendements en baisse en 2018

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ANAIS COURAUD AVATAR AUTEUR
Par Anais Couraud
Le 26/02/2019

L’article « Pierre papier : des rendements en baisse en 2018 » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Selon les derniers chiffres publiés le 12 février par l’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM), le marché des SCPI s’est ralenti en 2018. Ce véhicule d’investissement permet aux épargnants de bénéficier du dynamisme de l’immobilier d’entreprise en diversifiant leur portefeuille. En 2018, les 175 Sociétés Civiles de Placements Immobiliers (SCPI) gérées par 31 sociétés de gestion différentes ont collecté un montant global de 5,11 milliards d’euros. Cela représente une baisse de presque 20% sur l’année écoulée, en comparaison avec 2017 qui fut une année exceptionnelle. Le marché immobilier de la pierre-papier est aujourd’hui estimé à plus de 55 milliards d’euros et rassemble de plus en plus d’investisseurs.

Une tendance baissière

Près de 50% du montant collecté, soit plus de 2 milliards d’euros, a été investi dans des parts de SCPI de bureaux. En effet, ces SCPI de fond de portefeuille se sont positionnées loin devant celles basées sur les commerces (7,5%) ou sur la santé. On observe un ralentissement des rendements et des augmentations de prix de part. A noter que, la moyenne des rendements, toutes SCPI du marché confondues est de 4,35%. A cela, il faut ajouter l’évolution générale du prix des parts de SCPI (+0,82%). La performance totale se porte donc à 5,17% net en moyenne et se situe largement au-dessus de l’inflation. Globalement, sur une période de 10 ans, la performance annualisée est d’environ 6% par an.

Si le marché de la pierre-papier s’est légèrement ralenti en 2018, celui des OPCI (Organisme de Placement Collectif en Immobilier) s’est détérioré. Alors que ces fonds sont largement investis dans les contrats d’assurance vie des épargnants, la collecte effectuée en 2018 est à peine égale à 2 milliards d’euros. A titre de comparaison, les assureurs avaient collectés plus du double en 2016. Néanmoins, il n’y a pas qu’au niveau de la collecte que les chiffres sont en forte baisse : le rendement a également chuté. 1,2% en moyenne suite à la chute des fonds immobiliers cotés (-15,9%) se trouvant à l’intérieur des OPCI. De plus, le prix des parts a aussi été touché par ces baisses (-0,4%) au global. Pourtant, la performance annualisée sur 10% est de presque 5%, soit au-dessus de l’inflation.

Recours à une diversification sectorielle et géographique

Contrairement au doute ambiant qui plane autour du marché des SCPI, celles-ci ont de beaux-jours devant elles. Ce support d’investissement fortement privilégié par les épargnants en quête de rendements supérieurs au livret A et ayant une attirance pour l’immobilier. En effet, elles offrent tous les avantages de l’investissement immobilier sans les contraintes administratives inhérentes.

Parallèlement, le prix de l’immobilier de bureau a considérablement augmenté, faisant baisser la rentabilité des investissements faits par les sociétés de gestion. Aujourd’hui, celles-ci ont fait le choix de prendre des mesures drastiques pour diversifier leur portefeuille tant sur les secteurs d’investissement que sur leur zone géographique. En 2018, les sociétés de gestion ont réalisé 6,2 milliards d’euros d’acquisition et Paris intra-muros n’a capté que 11% de ces investissements. Les SCPI se tournent de plus en plus vers les villes de Province et vers l’Allemagne.

Conclusion

Alors que les SCPI sont déjà de base très diversifiées, les épargnants et les sociétés de gestion ont bien compris que de nouveaux secteurs comme la santé, l’hôtellerie ou le résidentiel sont nécessaires pour compléter leur portefeuille.

À propos de l'auteur

Anais Couraud , Conseillère en gestion de patrimoine

Après l’obtention d’un BTS Assurance en alternance à Groupama Gan Vie en tant que gestionnaire dans le Pôle Prévoyance, Anaïs ressort forte d’une première expérience dans le domaine de l’assurance de personnes. Par la suite, elle fait le choix de poursuivre ses études en Licence Professionnelle Métiers du Droit Privé à la Faculté de Bordeaux afin d’approfondir les connaissances juridiques et qu’elle a pu appréhender lors de son BTS. Grâce à ces 3 années dans le secteur de la protection de la personnes, Anaïs maitrise les différents produits assurantiels tels que la prévoyance, la santé, la retraite et l’assurance vie. Aujourd’hui, du fait de son intérêt pour les produits financiers et immobiliers, elle entreprend un Master en Gestion de Patrimoine et Marchés Immobiliers à l’INSEEC. Elle rejoint le groupe Net Investissement en 2017 à Bordeaux.

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