Crédit immobilier : vers une stabilisation du marché ?

Visa expert

L’article « Crédit immobilier : vers une stabilisation du marché ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Par Stéphane van Huffel - le 14/05/2013

Les taux des crédits immobiliers accordés aux particuliers ont chuté jusqu’au seuil historique de 3% au mois d’avril. Le marché semble être en voie de stabilisation mais le redémarrage est encore loin !


Selon la dernière étude de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, la moyenne des taux d’intérêts des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques en France a atteint le niveau historiquement faible de 3%. « Jamais par le passé les taux des crédits immobiliers n’étaient descendus aussi bas » révèle l’étude. D’après Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense et auteur de cette étude, la chute de l’activité est enrayée, mais le redémarrage sera long tant que la situation économique et le pouvoir d’achat ne remonteront pas ».


Cette baisse des taux est une aubaine pour les acquéreurs qui bénéficient d’un « environnement financier exceptionnel ». Selon Michel Mouillart, il est « probable » que les taux continuent encore de baisser même si le marché repart habituellement à partir du mois de mars. Mais « les conditions de crédit ne peuvent pas compenser les inquiétudes sur l’avenir et sur le marché du travail » a-t-il souligné.

pret-bancaire

Baisse du coût des ressources

L’observatoire Crédit Logement/CSA explique dans l’étude que cette baisse des taux « s’appuie sur la volonté des établissements de crédit de soutenir l’activité de marchés en forte contraction, dans un climat de concurrence que le renouveau saisonnier habituel de la demande ne fait que renforcer ». Ce fort recul des taux a bénéficié au marché du neuf, en progression de 2,98% au mois d’avril, mais aussi au marché de l’ancien (+2,99%) et à celui des travaux (+3,04%).


Cette diminution des taux s’explique également par une « diminution exceptionnelle du coût des ressources » car les banques adossent les taux de leurs prêts au taux directeur de la Banque Centrale Européenne qui est lui-même à son plus bas niveau historique (0,5%). Dernière raison, le « maintien des taux de sinistralité des emprunteurs à très bas niveau » ce qui démontre que les risques de pertes peuvent être supportés par les établissements de crédit.

Un recours plus important à l’endettement

Les emprunteurs profitent de ce contexte favorable et on constate que le montant des crédits immobiliers accordés par les banques repart à la hausse : +9% de février à avril par rapport aux 3 mois précédents. En revanche, le nombre de dossiers accordés augmente moins vite (+2,1%).


Avec des taux d’intérêts attractifs, « la demande n’a pas avantage à utiliser son apport personnel et utilise davantage l’endettement que par le passé » explique Michel Mouillart. Au final, la production de crédit est toujours en recul (-11,6% en avril sur un an). Elle avait chuté de 26,4% en 2012.

Le marché du neuf pâtit des nouvelles conditions d’attribution du PTZ

Subissant les modifications du prêt à taux zéro (PTZ+) marquées par une baisse des plafonds de ressources depuis le 1er janvier 2013, le marché du neuf continue de s’enfoncer. « Entre 2011 et 2013, 40 000 à 50 000 personnes auront perdu le bénéfice du PTZ » affirme Michel Mouillart et sur ce secteur, le volume des crédits a continué de reculer (-6,2% sur 12 mois et -14,1% sur 3 mois glissants).


De son coté le marché de l’ancien, qui s’était dégradé dès 2012 avec la disparition du PTZ, se stabilise « après 18 mois de chute de l’activité ». Avant cette suppression, 260 000 ménages en bénéficiaient. Sur ce marché le rebond se fait sentir. Même si le montant des crédits est toujours en recul en rythme annuel (-15,5%), il a augmenté depuis le début de l’année de 19,1% en rythme trimestriel.

Conclusion

La baisse des taux et le repli des prix redonnent du pouvoir d’achat aux acquéreurs. Ils permettent par exemple d’acquérir en moyenne une pièce de plus en province et quelques m² supplémentaires à Paris.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides