Taux de crédit : une hausse prévue pour la fin de l’année

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Par Stéphane van Huffel - le 16/07/2015

2.33%, c’est le taux moyen d’emprunt enregistré au mois d’avril 2015. C’est le taux le plus bas qu’ai connu la France depuis la création de ce « taux effectif » qui permet d’avoir une vision d’ensemble du marché crée en janvier 2003. Après deux années de baisse, les taux semblent être lancés vers une légère remontée. Depuis la mi-mai, une trentaine de banques ont augmenté leurs taux de crédit immobilier et la tendance pourrait se poursuivre pour la fin de l’année.

Taux de crédit : une hausse prévue pour la fin de l’année

Une baisse terminée pour un taux toujours aussi attractif !

La fin des taux d’emprunt historiquement bas est-elle terminée ? Oui sans équivoque et cela pour deux raisons : la hausse du taux de l’emprunt d’Etat Français à 10 ans passant de 0.37% mi-avril à 1.15% aujourd’hui puis l’afflux de demande de renégociations ou de rachat de crédit qui engorgent les banques et augmentent les délais de traitement des dossiers.

De ce fait, en juin, les taux des prêts ont augmenté de 0.05 à 0.40 point selon les établissements. Ces remontées de taux ce sont fait brusquement. En une quinzaine de jours, la quasi-totalité des banques ont relevé leurs barèmes. Résultat ? Le taux moyen sur 15 ans (hors assurance) est de 2,20% - contre 2.05% fin mai - et de 2,5% sur 20 ans – contre 2.35% fin mai.

Pour autant, cette récente hausse n’a rien d’inquiétant. Les experts estiment, au vue de la conjoncture et du quantitative easing en zone euro et au Japon, qu’a une hausse « limitée » pouvant aller seulement à +1.5% maximum +2%. Et cela dans un délai compris entre 6 mois et 1 an.

Alors certes, nous assistons à une hausse des taux mais ils restent tout de même très attractifs. C’est une remontée lente qui ne risque pas de grimper avec une OAT en hausse oui mais en dessous de son niveau de 2012 où elle avoisinée les 3.5%. Avec cette légère augmentation prévue par nos spécialistes, les taux reviendraient à leurs niveaux de la mi-2014 que nous jugions – à cette date là - à des niveaux extrêmement bas…

La fin des renégociations ? Les banques disent oui !

Les particuliers ont sauté sur l’occasion et ont profité pleinement de la baisse des taux pour renégocier leurs crédits. En mai, un prêt sur deux était un crédit renégocié alors qu’ils n’étaient que 27% en décembre dernier. L’ensemble des renégociations ont représenté près de 7 milliards d’euros sur un montant total de 15.5 milliards d’euros. C’est le montant record depuis décembre 2010.

Face a l’afflux de dossiers de renégociation ou tout simplement d’offres de prêt en plein boom depuis le trimestre 2015, les banques sont engorgées de nombreux dossiers et n’arrivent plus à suivre la cadence. Il y a embouteillage bancaire ! La remontée des taux leurs permettraient donc de freiner la demande et donc de décourager les renégociations.

Les signes de reprise du marché immobilier sont bien là, les professionnels de l’immobilier enregistrent un rebond des ventes au premier semestre 2015 tant dans l’ancien que dans le neuf. La baisse des prix immobiliers et le niveau historiquement bas des taux d’intérêt font naitre l’envie de devenir enfin propriétaire et/ou investisseur aux français. Les acheteurs sont donc de retour et les banques le savent. Face à ce retour des acheteurs, les renégociations de crédit ne constituent donc plus un objectif pour les banques. Les banquiers donnent alors la priorité à cette affluence de particuliers désireux de devenir enfin propriétaires et ainsi tenir les délais de traitement de dossiers. Certaines banques vont plus loin en refusant toute renégociation ou tout rachat de prêt immobilier.

Conclusion

Avec une forte demande de crédit à l’habitat et de multiples demandes de renégociation ou de rachat de prêt, les banques étaient surchargées. L’OAT en légère hausse leurs a permis de revoir leurs barèmes et en même temps de réviser leurs politiques commerciales. L’explication de cette remontée de taux est là. Toutefois, cette remontée restera lente et les taux d’emprunts continueront à être bon marché. Depuis 2013, nous avons assisté a une baisse des taux qui ont entrainé avec eux une baisse de 10% des prix immobiliers – aussi bien dans le neuf que dans l’ancien. Cette faible hausse des taux ne devraient qu’augmenter de peu durant la prochaine année pour atteindre leurs niveaux de 2014 jugés très attractifs à l’époque… Nous pouvons conclure que cette légère hausse est indolore et ne pénalise pas encore les particuliers désireux d’acheter un logement.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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