Taux de crédits : la baisse serait-elle terminée ?

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Par Stéphane van Huffel - le 17/06/2015

Depuis janvier 2014 nous assistons à une chute spectaculaire des taux d’emprunts. La cause ? Une évolution baissière des taux obligataires qui déterminent la capacité de refinancement des banques et donc la fixation des taux d’emprunts. Conséquences ? Nous avons vécu l’ère des renégociations de crédits et une ruée de candidats à l’achat immobilier. Cette baisse constante depuis près de trois ans a fait bondir le pouvoir d’achat immobilier. Pour la première fois depuis de nombreux mois, la tendance s’inverse et une légère hausse se constate. La baisse de taux serait-elle terminée ?

Les taux de crédit encore en baisse

De nombreux contribuables ont profité de la baisse des taux

Début juin les taux ont continué a baissé. Sur toutes durées confondues, la moyenne de taux est descendue à 2.01% contre 2.03% en avril. Les taux moyens affichaient donc de nouveaux records malgré la hausse de 0.1% d’un réseau bancaire français. La tendance générale n’a pas été altérée.

Sur 15 ans le taux moyens était de 2% et de 2.23% sur 20 ans. Sur 25 ans le taux moyen reste stable avec 2.6%. Selon des estimations, en moyenne 520 euros ont été économisés par an net d’impôt par rapport à mai 2012 pour quatre millions de propriétaires emprunteurs (1.5 millions) ou renégociateurs de prêt (2.5 millions).

La baisse des taux des crédits immobiliers a permis en 2014 de faire gagner aux ménages français au moins 2% de revenus disponibles supplémentaires. Nous aurons surement une faible remontée des taux qui sera progressive mais les français devraient continuer à s’endetter à bon compte durant toute cette année.

Une hausse des taux ?

Certaines banques ont décidé d’augmenter leurs taux à compter du mois de juin. Une célèbre banque (aimant beaucoup les humoristes) a lancé le pas en mai en augmentant légèrement ces taux de 0.10%. Quelques-une l’on suivit avec des hausses un peu plus élevées de 0.20 et 0.25%. D’autres comités de taux se tiendront et annonceront surement le début de cette tendance haussière mais encore raisonnable.

Comment explique-t-on cette hausse ? La raison est simple. Les banques fixent leurs grilles de taux en fonction des taux d’emprunts d’Etat (OAT). Alors que ces OAT étaient faible voir quasi nulle pour certaines en ce début 2015, en mai dernier, un rebond est apparu. En raison de tensions au sujet de la Grèce, les taux français ont doublé en quelques semaines et sont passés de 0.35% fin mars à 1.35% aujourd’hui.

Avec ces conditions peu avantageuses pour emprunter, les banques relèvent automatiquement leurs taux. La hausse des taux directeurs met systématiquement un terme à la baisse des taux d’emprunt qu’accordent les banques aux particuliers. Soulignons tout de même que les banques n’envisagent pas de hausse irréelle des taux. Le scenario retenu serait celui d’une stabilisation des taux chez tous les établissements bancaires. Malgré une hausse certaine des OAT, celles-ci conservent toutefois des marges confortables sur le crédit immobilier. Elles continueront donc à proposer des taux attractifs à nos contribuables.

Les banques croulent sous les demandes de crédits

Chaque mois les demandes de crédits, de renégociations ou de rachat explosent dans les banques. Le printemps est généralement la période la plus propice de l’année aux opérations immobilières. Ajoutez à cela, des taux d’emprunts attrayants, les demandes risquent donc de continuer à croitre.

Les banques vont donc continuer à être submergés de demandes et ce dynamisme crée certains embouteillages dans les banques. Les délais de réponses de crédit logement sont fortement allongés et les banques se retrouvent totalement dépassées par la cadence. Il faut souligner que la réactivité d’une banque est primordiale. Le délai habituel d’un financement lors d’une promesse de vente est de 45 jours.

Même si il peut être prorogeable, un acheteur a tout intérêt à se tourner vers une banque rapide pour ne pas rater la transaction. La légère hausse des taux permettrait donc de diminuer légèrement les demandes et donc d’alléger la charge de travail des équipes d’étude et back office. Une hausse des taux pour gagner en rapidité, c’est le nouveau souhait des banques dont les services de prêts sont engorgés.

Conclusion

Malgré cette légère hausse, les taux d’emprunt devraient se stabiliser durant la fin de l’année. Une montée des taux fulgurante est peu probable. Les crédits immobiliers devraient donc rester bon marché pendant un certain temps. C’est donc le bon moment pour réaliser votre projet immobilier. L’alliance d’un investissement immobilier défiscalisant ou de rentabilité et des taux attractifs sont la résultante d’un investissement réussi.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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