Immobilier : les loyers vont-ils augmenter en 2018 ?

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Anais Couraud
Par Anais Couraud
Le 27/03/2018

L’article « Immobilier : les loyers vont-ils augmenter en 2018 ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Pour le secteur de l’immobilier, 2017 fut une année charnière, tant dans la progression des prix du marché que dans l’augmentation du nombre de transactions réalisées. Néanmoins, une étude publiée ces derniers jours par l’observatoire privé Clameur, qui regroupe des grands noms de la place, révèle que les loyers n’ont pas augmenté proportionnellement aux résultats porteurs du marché. A fortiori, on constate même une légère baisse dans certaines grandes villes.

En effet, en moyenne dans les agglomérations possédant une population supérieure à 150 000 habitants, les loyers ont ralenti ou progressé moins vite que l’inflation, à l’exception de la région parisienne et de villes de province comme Lyon ou Nice.

Quelques chiffres

Voici la moyenne des prix d’un loyer pour un logement d’une superficie de 40m² :

Paris : 1 205€ / mois
Bordeaux : 697€ / mois
Lyon : 688€ / mois
Lille : 606€ / mois
Montpellier : 631€ / mois
Nice : 782€ / mois
Strasbourg : 632€ / mois

Comment expliquer ce ralentissement ?

Cette stagnation des prix des loyers en France, s’explique par plusieurs facteurs comme par leur encadrement. Ce dispositif mis en place en vertu de la loi Alur du 24 mars 2014 votée par Cécile Duflot, ministre du Logement, a été adopté par Paris et son agglomération le 1er Août 2015 et dans d’autres villes de la métropole comme celle de Lille. Cet encadrement, implique que le propriétaire-bailleur du logement ne peut pas augmenter librement son loyer et doit respecter l’indice de référence des loyers (IRL) dans les villes où la demande est classée « forte ».

Exemple : un locataire, qui paye 800 euros par mois, dépose son préavis et quitte son appartement à Lille. Lorsque le propriétaire louera à nouveau son bien, il ne pourra pas aller plus haut que le loyer précédent (à savoir 800 euros), majoré de l’IRL (1,05 % début 2018), soit un montant de 812 euros.

Le second facteur de cette stabilité des loyers repose sur la réforme du logement mise en place par le gouvernement du président Emmanuel Macron : le projet de loi « évolution du logement, de l’aménagement et du numérique ». En effet, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) a été retoqué en devenant l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) venant uniquement fiscaliser le patrimoine immobilier des contribuables français. En conséquence, pour échapper à cet IFI, beaucoup de propriétaires vont vouloir vendre leur bien et donc prolonger l’effet de constance des loyers.

Dans cet optique, un autre facteur pourrait renforcer ce mouvement : les mairies traquent les locations abusives de type « Airbnb ». Cette plateforme permet à de nombreux propriétaires, de louer à la nuitée ou à la semaine, pour un prix supérieur à la moyenne du marché. L’objectif des collectivités est de durcir les règles et les sanctions en cas d’excès, ce qui devrait inciter les propriétaires à revenir à la location classique. En concordance avec une augmentation de l’offre de location, les prix des loyers devrait diminuer ou stagner.

Conclusion

Le projet de loi sur le logement reste scruté par les professionnels du secteur de l’immobilier. Cette possibilité d’une augmentation des cessions immobilières découlant de cette réforme est néanmoins écartée. En effet, la demande pour l’investissement locatif reste forte. La pierre est toujours une valeur refuge, à plus fortes raisons dans les grandes villes.

À propos de l'auteur

Anais Couraud , Conseillère en gestion de patrimoine

Après l’obtention d’un BTS Assurance en alternance à Groupama Gan Vie en tant que gestionnaire dans le Pôle Prévoyance, Anaïs ressort forte d’une première expérience dans le domaine de l’assurance de personnes. Par la suite, elle fait le choix de poursuivre ses études en Licence Professionnelle Métiers du Droit Privé à la Faculté de Bordeaux afin d’approfondir les connaissances juridiques et qu’elle a pu appréhender lors de son BTS. Grâce à ces 3 années dans le secteur de la protection de la personnes, Anaïs maitrise les différents produits assurantiels tels que la prévoyance, la santé, la retraite et l’assurance vie. Aujourd’hui, du fait de son intérêt pour les produits financiers et immobiliers, elle entreprend un Master en Gestion de Patrimoine et Marchés Immobiliers à l’INSEEC. Elle rejoint le groupe Net Investissement en 2017 à Bordeaux.

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