Immobilier neuf : recul des mises en chantier

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Par Hotman Achab
Le 17/05/2019

L’article « Immobilier neuf : recul des mises en chantier » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Les constructions d’immobilier neuf perdent du terrain… Au profit de l’immobilier ancien. C’est ce qu’a constaté l’observatoire de la cohésion des territoires. Le volume des transactions tend, en parallèle, à s’effriter. Ainsi, les pouvoirs publics ont mis en exergue une chute des autorisations délivrées (permis de construire), ce qui provoque nécessairement un véritable recul des constructions. A l’inverse, le marché de l’immobilier ancien frise son record historique, avec des ventes avoisinant les 970 000 transactions.

Ces constats sont révélateurs d’un véritable paradoxe : en effet, lorsque l’on observe une hausse importante de la demande sur le marché de l’ancien, cette dernière a tendance à se reporter sur le neuf. Qu’est ce qui est à l’origine du paradoxe ?

La baisse des taux entraîne la hausse du prix des actifs

L’une des premières raisons à ce constat, c’est le niveau très bas des taux d’intérêts. Le prix de l’immobilier, comme celui de tout actif, est inversement corrélé à celui des taux d’intérêts. Or, la Banque Centrale Européenne poursuit sa politique de « quantitative easing », autrement dit sa politique monétaire ultra-accommodante, censée relancer l’économie par des taux historiquement bas.

Mais l’une des conséquences de cette politique se porte sur le prix de l’immobilier. Au delà d’une forte demande, ce qui tend à augmenter les prix, cette hausse est due en partie à la faiblesse des taux directeurs de la BCE. C'est bien ce que l'on observe aujourd'hui : dans l'ancien la hausse est de 6,1% entre 2016 et 2018 et dans le neuf cette hausse est de 6,6%.

Les atouts de la construction remis en cause

Il est alors légitime de se questionner : pourquoi cette hausse des prix n’encourage-t-elle pas la construction ? Cela permettrait aux promoteurs d’augmenter leurs marges, ou du moins, augmenter la qualité des services proposées. De plus, l’offre sur le marché immobilier tendrait à être encore plus diversifiée. Mais cela n’est pas le cas, pour plusieurs raisons.

D’abord, il ne faut pas confondre l’offre et la demande dans l’immobilier neuf et dans l’immobilier ancien : la démographie des acquéreurs n’est pas la même, les budgets non plus. Or, il se trouve les années post-crises ont vu le marché de la construction croître énormément du fais de cette même politique de taux d’intérêt accommodante. Maintenant, entre un marché en expansion et les incitations fiscales mises en place par les pouvoirs publics pour booster la construction, le marché du neuf dispose d’un stock maintenu à flot.

Puis, comme nous l’avons évoqué, la typologie des marchés n’est pas la même. Le marché du neuf dépend de paramètres tel que l’anticipation des ménages sur la conjoncture et sur leur évolution de pouvoir d’achat. Or, l’optimisme du coté des français reste relativement bas en cette période de mouvements sociaux.

Enfin, les institutions ne sont plus dans l’optique de soutien à la construction : le soutien du neuf est en reflux, décourageant ainsi le marché de la construction.

Conclusion

Ce qu’il est important de comprendre et de garder à l’esprit, c’est que l’immobilier en tant qu’actif reste un placement relativement sûr et attractif. Le marché du neuf et de la construction reste lui, de son coté, plus dépendant des paramètres de l’économie réelle et du bon vouloir des pouvoirs publics.

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À propos de l'auteur

Hotman Achab , Conseiller en gestion de patrimoine

Diplômé d’un Master en gestion de patrimoine qu’il a obtenu en 2003, Hotman Achab débute sa carrière professionnelle au sein de la Société Générale en tant que conseiller patrimonial pendant 4 ans puis rejoint la Banque Postale où il occupe les fonctions de conseiller patrimonial. En 2010, il intègre la division Banque Privée, toujours à la Banque Postale, où il sera notamment élu « meilleur CGP d’Ile de France ». En 2014, après plus de 11 ans passées dans l’environnement patrimonial bancaire, Hotman souhaite évoluer et décide de s’associer au Groupe Wast & Van et prend la direction, début 2015, de Wast & Van Grand Paris.

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