ACTE 3 : vive les livrets à 1,25%

Par Stéphane van Huffel - le 02/10/2013

Jean-François P. est le roi de l'opportunité...il épluche la presse, suit des conférences, lit toutes les pubs, collectionne les bons de réductions ou les offres commerciales. Son truc ? Faire une affaire ou, du moins, faire partie de ceux qui profitent de l’offre la plus attrayante, tout de suite....alors quand il a entendu durant ses vacances d'été 2012 que le gouvernement, sous l’impulsion du ministre de l’économie, comptait augmenter les plafonds du livret A et du LDD, il a fait le compte de ses liquidités disponibles et il a foncé!!!

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En effet, comment résister au traitement médiatique autour de cette formidable opportunité que celle de voir les plafonds de ses livrets préférés relevés de plusieurs milliers d’euros. Et ce, en toute franchise d’impôts puisque ces mêmes livrets sont totalement défiscalisés. Sans parler de l’aspect liquidités disponibles puisque ces livrets offrent la possibilité de verser ou de retirer son argent quand bon nous semble.

Mais aujourd'hui, Jean-François se réveille avec une légère gueule de bois...rien de catastrophique mais une profonde sensation de ne pas avoir compris ce qu’il lui arrivait.

Il a choisi de transférer son épargne vers son livret A et son LDD en octobre 2012, alors que ces supports lui offraient un rendement de 2,25%/an, et ce comme un grand nombre d’épargnants puisque le dernier trimestre 2012 a connu des records de collecte sur ces supports. Mais dés janvier, le ministre de l’économie, celui-là même qui l’avait incité à utiliser ces supports, annonce une baisse de rémunération à 1,75% du fait du ralentissement de l’inflation des prix en France.

Jean-François s’étouffe mais continue de lire dans la presse spécialisée que ces supports restent attractifs et qu’il serait contre-productif de sortir son épargne. Il s’interroge, lui qui a pris connaissance des derniers classements de performances des contrats en euros d’assurance-vie, dont certains atteignent 4%. Certes, 4% bruts mais avec une tranche d’imposition comme la sienne à 14%, cela aurait un impact infime sur le rendement de son contrat qui tomberait à 3,15% nets.

C’est le 15 juillet 2013 que la pilule est restée définitivement coincée dans la gorge de Jean-François. Ce jour-là, au volant de sa voiture, il entend à la radio que la Banque de France, s’appuyant sur le niveau faible de l’inflation sur 12 mois lissés préconise une baisse du livret A et du LDD à moins de 1%... et que dans sa grande mansuétude, le ministre de l’économie a choisi de maintenir, comme la loi le lui permet le niveau de rendement à ...1,25%.

Depuis le 1er août, Jean-François a désinvesti 80% de son épargne de ses livrets, ne gardant dessus qu’une somme disponible en cas de coup dur. Il s’est promis désormais de prendre le temps de s’interroger sur sa propre situation et ses propres besoins avant de se précipiter à investir sur tel ou tel support.

« Mieux vaut un placement à 4% fiscalisé qu’un placement à 1,25% défiscalisé ». CQFD nous rajoute-t-il…

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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