La finance comportementale

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L’article « La finance comportementale » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - le 26/03/2014

De nos jours, de plus en plus de conseillers en gestion de patrimoine s'intéressent aux réflexes d'investissement des épargnants lors de leur choix d'allocations d'actifs (financiers et immobiliers). Une fois leur situation patrimoniale connue et analysée, leurs objectifs bien définis et leurs échéances fixées, il devient incontournable de comprendre les réactions des investisseurs pour adapter au mieux son conseil.

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Une notion large

La finance comportementale est un terme large englobant l'ensemble des réactions d'un épargnant face à ses choix d'investissement. L'être humain n'étant pas rationnel, et encore moins en matière d'argent, il apparaît de plus en plus que "l'affectif" prend une place importante dans les prises de décision des clients patrimoniaux.

Qu'il s'agisse de la peur du risque, de la gourmandise de rendement, de la recherche des "bonnes affaires" ou de la mauvaise maîtrise de la notion du temps, ces caractéristiques psychologiques expliquent de plus en plus un grand nombre de comportements des épargnants et une aversion globale aux marchés financiers.

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Le consensus

Aujourd'hui, le caractère comportemental le plus couramment étudié est la peur du risque et de la perte. Si ce reflex collectif s'explique facilement, il s'accompagne désormais d´une caractéristique supplémentaire de plus en plus isolée qui est la peur de se tromper. Perdre n'est plus l'unique frein et s'accompagne de la peur d'avoir fait le mauvais choix, ce qui accentue en cas de baisse de valeur de l'actif choisi d'une frustration accrue.

Les réflexes d'absorption de l'information, en particulier en matière d'investissement financier, relèvent également de traits psychologiques humains très basiques de plus en plus analysés et compris par les conseillers patrimoniaux.

En effet, prenons un exemple : vous roulez sur l'autoroute à 130 kms/heure et vous croisez un accident sur la voie inverse. Votre réflexe immédiat est de ralentir. Il s'agit d'un mécanisme de protection qui relève de l'absorption d'une information immédiate, qui ne fait que rappeler ce que vous savez déjà (risque autoroutier à grande vitesse) mais qui devient subitement palpable. Il en est de même en matière d'investissement. L'épargnant adapte ses convictions à l'information la plus récente qui corrobore sa pensée profonde habituelle.

En matière de gain, il apparaît de plus en plus fortement que l'investisseur est gourmand de rendement immédiat sans accepter pour autant le risque attaché et sans aborder avec raison la notion de liquidité des fonds. L'épargnant va faire des choix parfois précipités en se basant uniquement sur une partie des caractéristiques du produit sélectionné en omettant de prendre en compte l'ensemble des données (rendement, risque, frais, fiscalité etc.).

Enfin, comme chacun dans notre société moderne ultra réactive (Internet oblige), l'épargnant réagit également dans l'immédiateté et perd peu à peu la notion d'échéance temporelle pourtant primordial dans une stratégie patrimoniale à long terme.

La notion de corrélation

De plus en plus, il devient nécessaire d'être très attentif à la cohérence de sa stratégie patrimoniale. Au-delà de la dispersion des actifs (immobilier, financier, matières premières etc.), il faut désormais accepter plus de diversification de son portefeuille.

Et cette diversification ne dépend pas du nombre d'actifs sélectionnés mais de leur corrélation les uns par rapport aux autres. En matière d'investissement boursier (actions, obligations etc.) cette donnée est incontournable, surtout en terme de maîtrise de risque.

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En effet, la volatilité d'une action, d'une obligation ou d'un fonds peut être équilibrée si on accompagne ce titre d'un autre titre qui affiche une corrélation très faible avec lui. Accepter donc que ses choix soient larges et que chacun des actifs qui composent son portefeuille évoluent de façon indépendante est aujourd'hui la seule méthode pour s'assurer d'une maîtrise de risque optimale. Et d'un rendement moyen de son portefeuille satisfaisant.

Conclusion

Les réflexes comportementaux et psychologiques de l'épargnant et d'ailleurs également du conseiller patrimonial deviennent un paramètre important lors de la constitution d'une stratégie d'investissement.

Il s'avère désormais aussi important de bien se connaître que de bien connaître le produit ou le support d'investissement que l'on souhaite retenir. Plus que jamais, le contexte fiscal, immobilier et financier nous oblige à faire les bons choix, et il apparaît de plus en plus concrètement qu'il est important de se faire accompagner par un professionnel sérieux et reconnu.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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