La France attire toujours les investisseurs étrangers

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Par Stéphane van Huffel - le 13/03/2013

D’après le bilan dressé par l’Agence française pour les investissements internationaux (FAII) publié le 7 mars dernier par Bercy, en 2012, la France a attiré 693 projets d’investissement étrangers contre 698 en 2011 soit un léger repli de 0,7%. « 13 décisions d’investissement ont ciblé la France chaque semaine en moyenne » ce qui ravit le ministère. Ces projets vont créer 25 908 emplois dans les 3 années à venir ce qui est à peine moins que les 27 958 emplois de 2011. L’attentisme que l’on constate habituellement chez les investisseurs étrangers les années d’élection présidentielle n’a finalement pas été flagrant l’an dernier.

investissement étranger

D’où viennent ces projets ?

Ces investissements étrangers viennent de 39 pays et 84% d’entre eux viennent de sociétés nord-américaines et européennes. Les Etats-Unis restent les premiers investisseurs étrangers en France. Avec 156 projets en 2012, ils sont à l’origine de 22% des investissements générateurs d’emplois (+5% par rapport à 2011). Parmi les pays qui ont le plus investi en France, on trouve l’Italie qui compte 63 projets, les Pays-Bas avec 24 projets, la Russie avec 10 projets. Les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) sont également en hausse. Ils représentent 8% de l’ensemble des investissements étrangers en 2012 alors qu’ils ne représentaient que 6% en 2011 et seulement 1,5% en 2003.


Sur le plan européen, c’est l’Allemagne qui occupe la première place avec 113 projets (-6% par rapport à 2011).

Typologie des investissements

Bercy souligne que « les projets dans les activités à forte valeur ajoutée tiennent une place importante ». Le Ministre se réjouit qu’au cours de ces dernières années « la structure des investissements étrangers en France s’est modifiée au profit de projets dans les activités intensives en technologie et en valeur ajoutée ».


Sur le plan géographique, d’après le Ministre de l’Economie Pierre Moscovici, « la diversité des territoires est un puissant facteur d’attractivité ». On le constate notamment au niveau de la localisation de ces projets. L’Ile de France a accueilli 29% des nouveaux projets en 2012, la région Rhône Alpes 17%, la Provence Alpes Côte d’Azur 8%, le Midi Pyrénées 7%, l’Alsace 5% et le Nord Pas de Calais 5%.


Selon le Ministre, « la destination France continue d’attirer les investisseurs étrangers ». Avec Nicole Bricq, Ministre du commerce extérieur, ils ont indiqué vouloir aller encore plus loin et ont rappelé que le gouvernement « s’est fixé pour objectif d’atteindre, chaque année, 1 000 décisions d’investissement d’ici 2017, et l’accueil de 300 entreprises non encore implantées sur le territoire ».

Des avis contrastés

Ces chiffres devraient faire oublier la polémique lancée par Maurice Taylor, le PDG de Titan (fabriquant américain de pneus) qui avait indiqué dans son courrier du 8 février dernier adressé à Arnaud Montebourg que « la France allait perdre son attractivité industrielle ».


Le Ministre du redressement productif estime lui que « ces chiffres sont la démonstration que nous restons attractifs et qu’il nous faut arrêter l’autodénigrement ».


Monsieur Olivier Dassault, député UMP de l’Oise, a de son coté un avis bien différent et estime « qu’aux yeux des investisseurs étrangers, la France est devenue le paradis des syndicalistes et l’enfer des entrepreneurs ». Il dénonce, dans sa missive du 4 mars à François Hollande « un climat anti-entrepreneurial inédit, entretenu au plus haut niveau de l’Etat ».

Conclusion

Même si le nombre de projets d’investissement étrangers reste stable en 2012 et que certains y voient un signe de reprise et d’attractivité du territoire, d’autres comme Marc Lhermitte (associé chez Ernst & Young et auteur d’une étude annuelle sur l’attractivité de la France) estime qu’il y a un risque important que la « France passe en 2ème division en Europe » et qu’elle perde le contact avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne ». D’après lui, 2013 pourrait être marquée par de nombreux « desinvestissements ».

Les avis sont donc bien divergents et seuls l’évolution de la conjoncture, et les décisions politiques à venir nous permettront de dégager une tendance claire pour 2013.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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