Le AAA de la France n'est pas menacé

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Par Stéphane van Huffel - le 11/10/2011

La France devrait conserver sa précieuse note de crédit “AAA”. La nation doit cependant apporter une partie du portefeuille obligataire de DEXIA (la banque en difficulté) ainsi qu’injecter probablement du capital dans d’autres banques.

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Les causes

Selon Standard & Poor’s le triple A de la France ne sera pas dégradé car il est justifié et celui-ci se maintient pour l’instant, au vu des perspectives stables. Le cas de la France ne paraît donc pas inquiétant et le responsable des Etats Européens de l’agence de notation s’exprime très clairement à ce sujet : « En tant qu'agence de notation nous signalons les risques d'une baisse de la note en modifiant à la négative la perspective ».

Cependant

Le principal défi réside dans les finances publiques, ce qui est un problème important en zone euro « toutefois, nous continuons à surveiller les débats dans la sphère politique avec en ligne de mire l'élection présidentielle qui approche, pour connaître la stratégie destinée à réduire le ratio de dette » explique Moritz Kraemer.

Ces propos rassurants arrivent à point nommé quand la France participe au démantèlement et apporte ses garanties à la structure de défaisance de la banque Franco-Belge Dexia. Le Moody’s tient tout de même à souligner que l’impact de ce plan serait limité et ne représente donc pas un risque significatif pour la note française. En effet, ce type de garantie est comptabilisé comme un élément hors bilan dans les comptes publics de l’Etat mais aussi comme un possible investissement financier dans le capital des banques, potentiellement générateur, à terme, de plus values (donc aucun risque pour la dette souveraine).

Le sauvetage de Dexia

Cependant, il est clair que le sauvetage de Dexia cumulé à une nouvelle injection de fonds publics dans d’autres banques, vont constituer à l’avenir une nouvelle contrainte sur les marges de manœuvre de l’Etat français. En vue de cette contrainte à venir, l’Etat français a donc annoncé que 12 milliards d’euros d’économies seront réservés pour préserver la cotation AAA qui est également la note de crédit la plus élevée qui soit.


« Les analystes soulignent toutefois qu'ils ne pourront que confirmer leur hypothèse une fois que les détails du démantèlement de Dexia seront connus. »

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La France s'exprime

La France aux cotés des gouvernements Belges et Luxembourgeois a réaffirmé et confirmé sa solidarité dans la recherche d’une solution vouée à assurer un avenir à la banque franco-belge. Cette tendance est également retranscrite dans un communiqué commun, fait par les Premiers ministres Belge et Français, déclarant leur soutien aux propositions de management du groupe bancaire. « Les activités de la banque franco-belge, première banque de taille en Europe à être victime de la crise de la dette souveraine en zone euro, pourraient être scindées et les actifs les plus risqués cantonnés dans une structure séparée. »


C’est le sujet sur lequel Paris et Bruxelles tentent de s’entendre, notamment en ce qui concerne les garanties qu’apporteront les différents pays à la structure de cantonnement qui doit accueillir le portefeuille obligataire de 95 milliards d’euros de Dexia (dans l’espoir de ne pas aggraver la situation de leurs finances publiques).

L’agence Moody’s, quant à elle, a accentué la pression sur la Belgique :

« Elle a placé la note souveraine Aa1 du royaume, sous surveillance, en expliquant entre autres, vouloir évaluer les coûts et les passifs que l'Etat pourrait assumer en soutenant Dexia. »

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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