La plan de rigueur francais : qui en fait les frais ?

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Par Karl Toussaint du Wast - le 04/10/2011

Le plan de rigueur français, tout le monde en avait entendu parlé mais personne n’avait encore pu se pencher sur la répartition détaillée du plan anti-déficit avant que le ministère n'accepte récemment de le publier. Cette publication essentiellement effectuée pour démontrer les efforts du Gouvernement en matière de réduction des dépenses, ne démontre pas non plus que les impositions ne soient pas augmentées et n’est pas tellement convaincante. Explications…

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Tour d'horizon

Bien que la transparence progresse du coté de Bercy, les efforts du gouvernement ne semblent pas suffisants et les impôts quant à eux, continuent à être revus à la hausse. Les critiques sont récurrentes notamment de la part des parlementaires du l’UMP et des médias, et les efforts du gouvernement en matière de maitrise des dépenses restent insuffisantes et n’arrivent plus à convaincre.

Plus explicite bien que peu convainquant

Cet effort de transparence accompagné d’un document bien plus explicite que les documents fournis par le ministère habituellement, calqué sur les documents budgétaires que l’on peut trouver sur le site du ministère des finances britanniques, sont salués. Cependant, le détail montre clairement une nette montée en charge progressive des hausses d’impôts et des économies et ce, jusqu’à 2012.

Selon ce document, le plan de rigueur français s’élève à 46 milliards d’euros sur 2011 à 2012. Compte tenu de la situation des finances publiques et en comparaison avec les pays voisins (pire que celle d’Allemagne mais meilleure qu’au Royaume Uni) ce montant paraît bien calibré. En effet, le plan de rigueur allemand s’élève à 19 milliards sur une période similaire alors que le plan britannique prévoit une somme de 136 milliards sur la période 2011 – 2015 dont 62 milliards sont prévus d’ici 2012.

Les impôts et dépenses

Le chiffrage relatif aux impôts ne prête globalement pas à polémique et Bercy avance que la réforme est équilibrée. Il est prévu que les recettes fiscales supplémentaires, essentiellement provenant des niches fiscales sont estimées à 22,4 milliards d’euros. Le rapporteur UMP du budget, Gilles Carrez, estime : « il faudrait retrancher 500 millions d’euros liés au coût de la réforme de l’impôt sur la fortune. »


Pour les dépenses, la tendance naturelle d’augmentation des dépenses publiques rend le calcul et donc l’estimation des économies plus difficiles. Les économies du gouvernement sont évaluées à 23,7 milliards et ne sont, de manière générale pas contestées.


Elles se répartissent comme suit :

? Les économies liées aux retraites : 5,5 milliards

? Les économies liées à l’assurance maladie : 4,6 milliards

? Les économies liées aux gels des dotations aux collectivités : 1,6 milliards

? Les économies liées à la fonction publique : 2,3 milliards

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Les contestations

? La contestation principale concerne la Révision Générale des Politiques Publiques qui doivent être en mesure de dégager la somme de 8 milliards. Cependant, des doutes sont émis à propos de cette capacité qui, selon les parlementaires et les magistrats de la Cour des comptes, est surévaluée. Une estimation, mesure par mesure, n'est en effet pas disponible et ne fait qu’accroitre le doute pesant sur cette estimation.

? Une autre contestation concerne le fait que Nicolas Sarkozy ait promis de reverser la moitié des économies faites aux agents de la fonction publique, sous forme de revalorisations salariales alors que le gain lié au remplacement d’un fonctionnaire sur deux est estimé à 1,8 milliards d’euros. « Ceci correspond aux montants habituels des avantages catégoriels octroyés par l’Etat, il ne faut donc pas les retrancher » se défend la direction du budget.

? Le montant des économies liées à la charge de la dette est aussi contestable sachant que le déficit est moins élevé grâce aux mesures expliquées en amont. L’Etat emprunte donc une somme plus réduite et paye donc moins d’intérêts. Ce gain, estimé à 1,7 milliards d’euros est clairement lié aux hausses d’impôts permettant justement de réduire le déficit.

« Au final, il est donc probable que la part des économies dans le plan de rigueur français n’atteigne pas les 51,4 % mentionnés dans le tableau. Une chose est sûre : la France reste très loin de l’effort britannique sur les dépenses qui dépasse les 70 %… »

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À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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