L'Euro en panique : les solutions

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Par Karl Toussaint du Wast - le 15/09/2011

La sphère financière est mal connue des citoyens, en effet souvent complexes et aléatoires, les perspectives de dégradations des marchés sont multiples. Or, l’actualité de nos jours, pleine d’informations pessimistes concerne les marchés financiers. La bourse est en chute libre, les banques françaises n’assument plus… mais alors dans ce contexte de crise quel est la solution ?

Le magasine Challenges a demandé l’avis de trois économistes.

Actualité

Provisionner raisonnablement les dettes, garanties pas un Etat ou une banque centrale

Selon Patrick ARTUS, Directeur de la recherche de Natixis, il n’est pas raisonnable de chercher inlassablement le vrai du faux en se qui concerne l’évaluation des risques souverains, risques, nous le rappelons, qui sont rattachés à un Etat et aux administrations publiques d’un pays donné.

Selon lui cette capacité à rembourser ses crédits et à pouvoir faire face à ses engagements que peuvent avoir les Etats eux-mêmes a été faussée à cause des CDS ou couvertures de défaillances (protections financière entre acheteurs et vendeurs) exagérément gonflée.


Face à cette donnée faussée la solution serait de modifier avec parcimonie la politique visant à provisionner cette capacité de remboursement dans le bilan des banques. Cette modification, malgré le fait que la donnée des CDS soit faussée, ne mérite pas pour autant de l’exclure. Cette donnée doit avant tout être régulée (grâce au régulateur et aux différents commissaires aux comptes). « Une telle démarche enverrait un signal au marché, et serait gage de transparence ».


Tandis que la modification vise à utiliser, premièrement, le levier des CDS pour faire face à la crise, le second levier est celui des fonds propres qui pourrait être également régulé grâce à l’émission de « cocos ». Ces titres, convertissables en actions si la banque le juge nécessaire, ont déjà fait leurs preuves avec notamment le Crédit Suisse, Rabobank et la Lloyds TSB.

Revoir les accords de Bale III

Olivier PASTRÉ, économiste et auteur de « on nous ment » aux éditions Fayard, mets en évidence certains aspects dérangeant dans le message du FMI. En effet, en mettant en parallèle la crise des banques actuelle et celle de Lehman Brothers, il nous souligne que le problème de fonds pourtant pointé du doigt par le FMI, n’est pas celui des fonds propres.

De plus aucune détérioration significative du bilan des banques européennes par rapport à leur situation avant l’été ne mérite une telle focalisation sur les charges (des provisions sur les créances) européennes. Cependant il ne minimise pas pour autant les bilans peu avantageux des banques et souhaite une surveillance plus minutieuse de celles-ci.

Actualité

La solution serait une rectification des accords de Bale III (sur la réglementation bancaire) qui selon lui seraient trop intransigeant vis à vis de la valorisation des prix du marché. « Mais les normes qui ont été mise en place par les régulateurs de Bâle III, de Solvency II, et les comptables de l’IASB, ayatollahs de la valorisation aux prix du marché, sont à revoir de toute urgence. »

En cette période de crise, les normes sont inadaptées et auraient des effets au contraire, procyclique (désigne les procédés consistant à agir en ligne avec la tendance du marché). « Tout cela contribue au ralentissement de l’activité des banques, alors que jamais les économies n’ont eu autant de besoin de financements à destination des PME qui créent de l’emploi. »
Les accords sont, selon lui, anti-productif et contribueraient au ralentissement de l’économie alors que leur révision pourrait permettre de casser cet effet pro-cyclique et donc de relancer l’économie là où elle en a besoin.

Organiser une recapitalisation

Selon Thomas PHILIPPON, Professeur à Stern (New York University), ni les marchés dans l’état actuel des choses, ni le FMI n’applique le principe de base de la précaution. En effet la faiblesse en capital des banques européennes, n’est peut être pas le problème de fond, voir l’unique problème des banques. Dans l’incertitude, il est donc plus prudent de se montrer peut être trop pessimiste que trop optimiste.

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La solution serait pour le professeur Thomas PHILIPPON de rendre du capital aux actionnaires afin de minimiser les fonds propres disponibles des banques. Cependant la manière de procéder est importante car ce principe de précaution risquerait de se faire mal voir sur les marchés.


La recapitalisation des actionnaires devant se faire en même temps (sous l’autorité d’un régulateur), les établissements pourraient donc tous relever les fonds propres d’un pourcentage défini en un laps de temps donné.



Cette action ne serait pas donnée à la seule appréciation des établissements bancaires. « Les établissements ne garderaient que la liberté de choisir les moyens pour y parvenir : réduction de dividendes, baisse de salaires variables… Les banquiers se plaindront. Mais tout le monde espérera avoir eu tort dans deux ans. »

Un rappel

Les capitaux propres, aussi nommés les fonds propres, représentent les capitaux de départ, la réserve (bénéfices qui n'ont pas été redistribués en dividendes) et le résultat de l'exercice (voir illustration ci-dessous).

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À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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