Nouvel exploit pour la dette française

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Par Karl Toussaint du Wast - le 03/04/2013

Dans moins de deux semaines le gouvernement doit présenter son programme de retour à l’équilibre des finances publiques, qui sera soumis au parlement avant d’être transmis à Bruxelles. Il va comprendre à la fois une trajectoire de déficit et de croissance, et un programme de réformes pour la justifier. C’est sur cette base que la France va négocier avec la Commission européenne le niveau du déficit 2014. L’annonce du dérapage des comptes publics ne pouvait pas plus mal tombé, et les chiffres ne sont pas vraiment rassurants.

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La dette atteint un seuil historique

A première vue le déficit public de la France a diminué entre 2011 et 2012 de près de 7 milliards d’euros. Selon la dernière étude de l’INSEE, il s’établit désormais à 4.8% du produit Intérieur Brut, contre 5.1% l’année précédente. « Nous sommes sur la bonne voie, et nous sommes en train de réduire les déficits », a expliqué le Ministre de l’Economie, Pierre Moscovici. « Si le gouvernement n’avait pas réagi, ces mêmes déficits auraient été supérieurs à 5.5% ».


Mais pris dans leur contexte, ces chiffres ne sont pas très rassurants. Le gouvernement s’était engagé à ramener le déficit public à 4.5%, soit 0.3% de moins. Cette différence, a priori minime, implique que la dette s’alourdit un peu plus. Elle atteint désormais 90.2% du PIB, soit 1 833.8 milliards d’euros. A titre de comparaison, cette dette publique n’était que de 1 150 milliards d’euros en 2009, soit 77.5% du PIB.

Un environnement difficile

Le ministre de l’Economie a rapidement publié, vendredi dernier, un communiqué pour atténuer l’effet assez désastreux des annonces de l’INSEE. Il a expliqué que le dérapage du déficit résultait de trois facteurs :

  • Une révision à la hausse du déficit public 2011, passé de 5.2% à 5.3% du PIB
  • Des éléments exceptionnels, comme la recapitalisation de la banque Dexia et le budget rectificatif européen adopté en fin d’année
  • La dégradation de l’environnement économique de la France.


Et sur le troisième point, le Présidence de la République a reconnu, pour la première fois, qu’il n’avait « pas anticipé » que la crise « durerait plus longtemps que prévu ». Mais il est resté flou sur les moyens de tenir, dans un tel environnement, la trajectoire de redressement des finances publiques.

Le déficit à 3% en 2014 ?

Le dérapage du déficit en 2012 à 4.8% de PIB (au lieu de 4.5%), constaté en fin de semaine dernière par l’INSEE, est venu renforcer le sentiment que la France est loin des 3% et que cela reste difficile de les atteindre pour 2014. La commission européenne table sur un déficit français à 3.7% de PIB en 2013, et la cible pour 2014 devant s’établir ensuite à 2.9% de PIB. Cela revient à abaisser le déficit de plus de 1 point de PIB cette année, avec une croissance nulle. Un objectif ambitieux, jamais réalisé par le passé.


Pour essayer de respecter l’objectif pour 2014, François Hollande a affirmé que l’accent serait mis sur les réductions des dépenses. La nouvelle trajectoire de Bercy devrait dès lors prévoir une évolution de la dépense publique en volume quasi nulle l’année prochaine, alors que celle-ci a progressé de 1.7% ces cinq dernières années et encore de 0.7% l’an dernier. En clair, il faudra faire de 15 à 20 milliards d’euros d’économies…

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Conclusion

« La rigueur oui, l’austérité non », a redit François Hollande, en assurant que ses priorités sont l’emploi et la croissance. « Tous les outils sont là » a-t-il réaffirmé, convaincu que les mesures prises ou soutenues par son gouvernement (les emplois d’avenir, les contrats de générations, le pacte de compétitivité, l’accord sur la sécurisation de l’emploi…) finiraient par porter leurs fruits.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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