Recettes fiscales : huit milliards d’euros manquants

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Par Karl Toussaint du Wast - le 20/06/2013

L’équilibre du budget de la France, qui n’est déjà pas simple, se complique davantage. Le Ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a annoncé que le déficit de l’Etat s’établissait fin Avril à 66,8 milliards d’euros, contre 59,9 milliards fin Avril 2012. Dépenses exceptionnelles, baisse des recettes fiscales, le déficit de la France se creuse et s’établit à 3,7% du PIB, alors que la Commission Européenne a accordé à l’Etat un délai de deux ans pour le ramener à 2,8% du PIB en 2015. Le travail du Gouvernement s’annonce difficile.


Comment expliquer ce manque à gagner pour l’Etat et quelles sont les perspectives pour les années à venir ?

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Prévisions de recettes budgétaires pour 2013 à la baisse

Le gouvernement a revu à la baisse ses prévisions de recettes budgétaires pour 2013, huit milliards d’euros manquent à l’appel. Cette prévision était établie dans le programme de stabilité remis en Avril à la Commission Européenne. Le programme reposait sur une prévision de croissance du PIB abaissée à 0,1%, contre 0,8% prévu dans le budget, avec pour conséquence un déficit public à 3,7% du PIB, contre 3% anticipé précédemment. Au total, l’écart s’établit à quelques 14 milliards d’euros.


Bernard Cazeneuve a précisé devant la commission des Finances de l’Assemblée Nationale que huit milliards d’euros provenaient de recettes budgétaires revues en baisse du fait du marasme de l’économie.

« Faiblesse des rentrées fiscales »

La conjoncture économique depuis 2012 a ralenti les rentrées fiscales. Dans le détail, les rentrées d’impôt sur le revenu sont les seules à progresser sur un an (+ 11%). A l’inverse celles de TVA, qui représente la moitié des recettes de l’Etat, reculent de 2,3%, en lien avec le ralentissement de la consommation des ménages, celles de l’impôt sur les sociétés de 5,8% et la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, de 6,1%.

Qu’en est-il des dépenses publiques ?

Côté dépenses, le Gouvernement veut tenir tous les objectifs. La charge de la dette devrait être minorée de « près de 1 milliards d’euros » en raison de faiblesse des taux des emprunts d’Etat Français. Bernard Cazeneuve a souligné qu’il voulait faire preuve « de la plus grande transparence » sur la réalité des finances de l’Etat.

Le chef de l’Etat se montre rassurant

L’équilibre budgétaire était au cœur des débats de la conférence sociale qui réunit gouvernement, syndicats et patronats le 20 et 21 Juin. Allongement de la durée de cotisation, création de 100 000 emplois d’avenir d’ici la fin d’année… Le Président François Hollande a reconnu que le contexte économique était difficile pour la France, mais a indiqué qu’il y avait des « signes encourageants », assurant que « le sérieux budgétaire ne sera pas l’austérité ».

Conclusion

Le déficit de l’Etat s’est creusé encore par rapport à l’année dernière, en raison d’une série de dépenses, mais également de la « faiblesse des rentrées fiscales » due à la crise. Selon les recommandations de la Commission Européenne, la France doit ramener son déficit public à 2,8% en 2015. Pour respecter ces engagements, le Gouvernement table sur une baisse des dépenses publiques, une nouvelle réforme des retraites, ou encore une hausse « déguisée » des impôts. François Hollande se dit rassurant en mettant en avant « des signes encourageants » et en assurant que « le sérieux budgétaire ne sera pas l’austérité ».

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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