Remplacement de l’ISF par l’IFI : certains vont y perdre

Visa expert
Anais Couraud
Par Anais Couraud
Le 30/04/2018

L’article « Remplacement de l’ISF par l’IFI : certains vont y perdre » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

A l’approche du premier anniversaire du mandat d’Emmanuel Macron, nous rentrons également dans une période charnière pour les contribuables français : la déclaration d’impôt sur les revenus de l’année précédente. En conséquence, attardons nous sur la réforme du président, en vigueur depuis le 1er janvier 2018, visant à ne plus imposer la détention d’entreprises ou d’actions, cette transformation de l’ISF (impôt sur la fortune) en IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui ne cible plus que les contribuables dont le patrimoine immobilier dépasse les 1,3 million d’euros.

Effectif depuis le début de l’année, cet impôt ne rapportera au gouvernement que 850 millions d’euros, contre 5 milliards précédemment. Pourtant, une modalité n’avait pas été mise en lumière et vient contrebalancer cette notion d’allégement de l’imposition. Certains détenteurs de patrimoine immobilier devraient y perdre.

Que faut-il retenir ?

A SAVOIR : dans le cadre de l'IFI, les dettes afférentes à la résidence principale ne seront déductibles qu’à hauteur de 70% contrairement à l'ISF. En effet, sur le site des impôts, c’est une petite ligne que beaucoup n'avaient pas forcément remarqué lors de la transformation de l'ISF en IFI.

Quid de cette modification ? Sur le site du gouvernement, il est en effet indiqué que le calcul de l'impôt sur la fortune immobilière est effectué à partir de la valeur du "patrimoine net taxable [...] calculé par addition des éléments de l'actif que vous avez déclaré auxquels sont soustraites les dettes". Jusqu’ici rien de bien nouveau, cette règle était déjà effective.

Toute la nuance résidence dans cette phrase que précise le fisc, "les dettes ne sont déductibles qu'à hauteur de la fraction de la valeur imposable des actifs correspondants".

Auparavant, pour établir le montant sur lequel l’ISF allait être taxé, un particulier devait soustraire 30% de la valeur de sa résidence principale et déduisait 100% de son crédit. Aujourd’hui, pour l'IFI ce n'est plus le cas. En effet, la résidence principale n'étant imposée que pour 70% de sa valeur, la part de la dette déductible ne pourra l'être qu'à 70% également.

Exemple

Une personne ayant une résidence principale de 3 millions d'euros, financée avec un crédit de 2 millions et ajouté à cela une résidence secondaire de 1 million sera taxée de la manière suivante.

  • ISF : 3 (M€) x 0,7 – 2 (M€) + 1 (M€) = 1,1 million d’euros.
    Il ne paie donc pas l'ISF qui débute à 1,3 million.
  • IFI : (3 (M€) – 2 (M€)) x 0,7 + 1 (M€) = 1,7 million d’euros.
    Ce contribuable va donc devoir payer l'IFI.

Conclusion

Cette réforme visait pourtant à simplifier le calcul de l’impôt et de se recentrer sur le patrimoine immobilier. En effet, la suppression totale de l’ISF aurait été de bon sens pour le contribuable français, qui estime ce dernier de confiscatoire et pesant. Cette réforme tant attendue ayant pour objectif notamment d’attirer les expatriés fiscaux, elle fait à présent pencher l’opinion publique vers une volonté de réduire leur patrimoine immobilier.

Je m'inscris

À propos de l'auteur

Anais Couraud , Conseillère en gestion de patrimoine

Après l’obtention d’un BTS Assurance en alternance à Groupama Gan Vie en tant que gestionnaire dans le Pôle Prévoyance, Anaïs ressort forte d’une première expérience dans le domaine de l’assurance de personnes. Par la suite, elle fait le choix de poursuivre ses études en Licence Professionnelle Métiers du Droit Privé à la Faculté de Bordeaux afin d’approfondir les connaissances juridiques et qu’elle a pu appréhender lors de son BTS. Grâce à ces 3 années dans le secteur de la protection de la personnes, Anaïs maitrise les différents produits assurantiels tels que la prévoyance, la santé, la retraite et l’assurance vie. Aujourd’hui, du fait de son intérêt pour les produits financiers et immobiliers, elle entreprend un Master en Gestion de Patrimoine et Marchés Immobiliers à l’INSEEC. Elle rejoint le groupe Net Investissement en 2017 à Bordeaux.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides