Tarifs bancaires : l’Etat s’en mêle

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Par Stéphane van Huffel - le 02/02/2016

Les tarifs bancaires présentent toujours des difficultés de compréhension pour les clients. Combien coûte réellement une carte bancaire, un virement, une tenue de compte ? C’est pourquoi Bercy réfléchit à la généralisation des frais de tenue de compte ainsi qu’à la mise en place d’un service comparatif au niveau national. En ce début 2016, sur les 139 banques étudiées, 117 facturent des frais de tenue de compte, contre 104 l’an dernier. Parmi celles qui n’en facturent pas, certaines ont déjà annoncé leur intention de le faire et quelques 37 banques qui en facturaient l’an dernier les ont déjà augmentés cette année.

tarifs bancaires

Frais de gestion des comptes courants étendus à la majorité des banques

En 2016, quasiment la totalité des banques facturent la tenue de compte courant, un service jusqu’ici gratuit. Les coûts sont d’environ 10 à 30€ l’année, en fonction des établissements. Les banques justifient ces tarifs par la qualité de leurs services, l’expertise de leurs conseillers, mais surtout par la pression actuelle de leur revenu due aux taux de crédits très bas.

C’est à la suite d’un rendez-vous avec plusieurs directeurs de banque, que le ministre des finances, Michel Sapin a demandé au comité consultatif une étude approfondie sur ces frais. Son but est à terme de réussir à généraliser, harmoniser les frais de gestion de compte. En effet, l’un des principaux reproches exprimé est le flou entourant les services que ces frais rémunèrent. L’étude approfondie qui va être réalisée par l’Etat devrait permettre de définir exactement ce que recouvrent ces frais de gestion. Il est important de remarquer que de nombreux clients payent d’ores et déjà leurs frais de gestion dans des forfaits, programmes fidélités, proposés par les banques.

Un comparateur public en ligne

Annoncé ce dimanche, un comparateur public et gratuit des tarifs bancaires sera lancé le 1er février 2016. Cet outil permettra la comparaison des tarifs, des services, comme les prélèvements, virements ou encore les cartes bancaires. Le but est de permettre aux français de changer de banque plus facilement, en encourageant la transparence. De ce fait, une place plus importante est donnée à la concurrence afin d’apporter une certaine « mobilité bancaire » encore difficile à ce jour.

La nouvelle n’a pas été très bien reçue par les comparateurs privés en ligne, qui proposent déjà ce type de service et qui dénoncent le coût futur pour le contribuable. Le nouveau comparateur public se veut plus simple que les comparateurs existants. Il ne demandera pas de détailler son profil de consommation et ne reprendra que onze tarifs, les plus utilisés par les français. Rappelons que ce projet de comparateur national avait été évoqué en 2015, mais n’avait pas vu le jour.

La carte bancaire dès le premier euro

Autre chantier en cours : la carte bancaire. En juin dernier, Michel Sapin avait réuni à Bercy des assises du paiement, et affirmé à cette occasion sa volonté de promouvoir la « possibilité d’utiliser la carte bancaire dès le premier euro ».

La baisse des frais facturés aux commerçants doit se matérialiser d’ici la fin du premier trimestre 2016, pour que les commerçants n’aient plus de raison de refuser les paiements par carte bancaire au premier euro. A l’issue des assisses, les banques ont pris l’engagement de diminuer les frais facturés aux commerçants lorsqu'un client paie avec sa carte.

Conclusion

Ainsi, d’ici à 2017 doivent entrer en vigueur les articles de la loi Macron en faveur de la mobilité bancaire. Le changement de domiciliation des prélèvements et des virements récurrents sera automatisé. Reste à faire de même pour des produits complexes comme les PEA. Seulement 3 % des Français changent de banque chaque année, trois fois moins que la moyenne européenne.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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