Une reprise fragile pour la croissance

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Par Karl Toussaint du Wast - le 13/02/2013

La Banque de France a annoncé vendredi dernier qu’elle prévoyait une croissance de 0,1% au premier trimestre 2013. De son coté, l’INSEE déclarait également dans sa dernière note de conjoncture de fin décembre, tabler sur une croissance identique de 0,1% pour cette même période. Ces prévisions proches d’une croissance nulle n’apportent pas d’eau au moulin du gouvernement qui se basait sur une croissance de 0,8% pour ramener le déficit public de la France à 3% cette année.

Croissance du déficit de la France

Le timide retour de la croissance

Cette prévision de croissance de 0,1% de la Banque de France résulte de son enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie et les services. Cette dernière fait apparaître une hausse d’un point de l’indicateur du climat des affaires dans l’industrie s’établissant à 95 points en janvier (contre 94 en décembre dernier) et révèle une stabilité de l’indicateur des affaires dans les services qui se stabilise à 90 points.


Même si ces deux indicateurs se situent donc en dessous de leur moyenne de long terme fixée à 100 points, la Banque de France table sur une reprise très légère de l’activité en février. Malgré ce léger rebond, la situation reste compliquée, notamment à cause de la perte de vitesse de la zone Euro qui a vu son PIB reculer de 0,4% en 2012.

Un niveau trop élevé de l’Euro

Le niveau de l’Euro qui tourne actuellement autour de 1,35 dollar n’améliore pas les choses. En effet d’après Christian Noyer, Président de la Banque Centrale, « les livraisons se sont ralenties. Elles s’étaient significativement développées en décembre pour rattraper les retards pris durant les mois précédents. Malgré l'assez bonne tenue des commandes de l'étranger, les prises d'ordres se sont globalement réduites et les carnets de commandes se sont resserrés ».


Cependant, la Banque Centrale table elle aussi sur une légère progression de l’activité en février. Reste à savoir si cette prévision restera stable au regard du niveau actuellement élevé de l’Euro.

Publication du rapport de la Cour des comptes

C’est dans ce climat trouble que la Cour des Comptes vient de publier son rapport annuel dans lequel elle porte un regard critique sur la façon dont le gouvernement Ayrault a bâti le budget 2013 avec une hypothèse de croissance de 0,8%. D’après elle, « les prévisions de croissance des recettes retenues par le gouvernement s’appuient sur un scénario macro-économique et une élasticité des prélèvements obligatoires qui sont trop optimistes ». La perspective d’un retour du déficit à 3% du PIB semble donc s’éloigner.


Si la croissance ne s’établit qu’à 0,3% au lieu des 0,8% prévus par le gouvernement, l’impact sur le déficit serait de 0,25 point du PIB. Bercy va donc devoir revoir son hypothèse de croissance. Dans sa réponse écrite à la Cour des Comptes, Bercy a décidé de « maintenir ses objectifs » de réduction de déficit.

Rapport de la cour des comptes sur le déficit de la France

Malgré tout : « l’exécution 2012 du budget de l’Etat ne remet pas en cause l’objectif d’un déficit public de 3% en 2013, les mesures permettant d’atteindre la cible, avec une croissance du PIB de 0,8% en 2013 ayant été adoptées » affirmait Pierre Moscovici ministre de l’Economie et son ministre délégué au budget Jérôme Cahuzac dans la rapport public annuel de la juridiction financière.


Bercy concède toutefois que « concernant les perspectives macro-économiques pour 2013, les incertitudes sont toujours nombreuses » et que la prévision de croissance « sera réévaluée dans le cadre de la préparation du programme de stabilité qui sera transmis au Parlement à la mi-avril ». Même si le gouvernement ne l’énonce pas clairement, cette réévaluation ouvre la porte à une révision à la baisse de la croissance.

Conclusion

Si le gouvernement décide bien de réévaluer sa prévision de croissance à la baisse et qu’il maintient son objectif de déficit à 3%, il devra préciser s’il prend de nouvelles mesures de rigueur ou s’il reporte d’un an la réalisation de cet objectif. Bref, justifier comment atteindre ces 3%, ce qui semble inenvisageable dans le contexte actuel.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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