Vins européens et solaire chinois : la réconciliation ?

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Par Karl Toussaint du Wast - le 04/07/2013

La Chine et l’Europe se livrent actuellement une bataille commerciale. Bruxelles a décidé de taxer les importations de panneaux solaires chinois. Pékin a répliqué immédiatement en lançant une procédure antidumping sur les vins européens. Le commissaire européen du Commerce, Karel De Gucht souhaite écarter le scénario d’une guerre commerciale entre la Chine et le Vieux Continent. Le Président Français a appelé à régler les différents commerciaux entre l’Union Européen et la Chine par la voie de la négociation. L’Elysée a ainsi déroulé le tapis rouge à une quarantaine de grands patrons chinois.

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L’Europe est divisée face aux chinois

La Commission Européenne a annoncé début Juin qu’elle instaurait des taxes provisoires sur le solaire chinois. Les mesures se disent progressives : depuis le 6 Juin les taxes sont au taux de 11.8%, et passeront ensuite à 47.6% en moyenne à partir du 6 Août. L’enjeu est très important. La Chine a conquis en quelques années les trois quart du marché mondial des panneaux solaires. En 2011, elle a exporté en Europe pour 21 Milliards d’euros de panneaux et de composants photovoltaïques.


Karel De Gucht souhaite parvenir à un accord rapidement. Les Etats membres de l’Union Européenne ne se montrent pas unis face aux chinois. Ils sont divisés, notamment entre la France qui défend une attitude offensive à l’égard de Pékin, et l’Allemagne, premier partenaire commercial de la Chine, qui veut la ménager.

La chine veut imposer sa notoriété

Après l’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, c’est la France et la Belgique que la délégation patronale chinoise visite. L’objet de cette visite est la rencontre avec une quarantaine de patrons chinois à la recherche aujourd’hui d’un nouveau modèle économique pour asseoir leur légitimité en économie de marché.


La Chine souhaite passer du statut de pays sous-traitant à celui de pays producteur et les entreprises chinoises reflètent bien cette nouvelle politique. Elles permettent de maintenir l’emploi dans les pays concernés, mais elles manquent encore de notoriété. Souvent la qualité de fabrication n’est pas au rendez-vous, et quand la qualité est là, c’est le fabricant qui n’est pas mondialement connu.


Dans des secteurs d’activité comme la finance, les transports, l’industrie pharmaceutique ou encore la haute technologie, la Chine a besoin d’expertise. Les entreprises chinoises veulent produire en Europe, avec le savoir faire des pays du Vieux Continent avec des technologies qui n’existent pas encore en Chine. Il ne faut pas craindre la Chine, mais poser des conditions et des limites.

224 milliards d’euros dans la cour de L’Elysée

Le président François Hollande et le Ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius ont reçu la délégation du Club des entrepreneurs chinois dans la cour de l’Elysée. Parmi eux, des patrons du conglomérat Fosun, Lenovo (informatique), Alibaba (commerce en ligne), Delong (sidérurgie)… ils génèrent au total un chiffre d’affaire représentant 40% du PIB privé chinois, soit un peu moins de 20% de la richesse produite dans le pays.


En 2012, le chiffre d’affaires réalisé par les 46 entreprises du Club s’est élevé à 244 milliards d’euros… Parallèlement aux grands secteurs de coopération économique traditionnelle entre la France et le Chine, comme l’aéronautique et le nucléaire, Paris souhaite tisser de nouvelles relations commerciales dans d’autres domaines tels que l’agroalimentaire, la santé, l’économie numérique.

Conclusion

Le commerce bilatéral Chine-Europe a enregistré un recul de 3.7% l’an dernier, à 546 milliards de dollars, mais le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Chine n’a cessé de se creuser, dépassant 122 milliards. Les experts ne croient pas au déclenchement d’une véritable guerre commerciale, jugée trop coûteuse pour les économies des deux pays.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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