Fuite des investisseurs sur les fonds actions émergents

Par Philippe Paoli - le 15/12/2015

La fuite incessante des investisseurs sur les fonds actions émergents a créé une perte de plus de 68 milliards de dollars au cours de l’année 2015. La fuite des capitaux des PAYS émergents est l’une des craintes principales liées à la remontée des taux de la FED (Réserve Fédérale Américaine). Cette manifestation emportant tout sur son passage est liée au ralentissement économique de la zone, mais aussi à l’attractivité des placements en dollars, du fait de la hausse des rendements. Pourquoi tant d’investisseurs désertent le marché actions ? Quelles en sont les conséquences ?

Fuite des investisseurs sur les fonds actions émergents

Un commencement en 2014

Cet événement a déjà commencé. Après des retraits massifs constatés en 2014, l’année 2015 montre que les investisseurs ont retiré pas moins de 68,1 milliards de dollars d’actions émergentes. Selon l’Institut de la finance internationale, 2015 devrait se solder par la première sortie nette de capitaux des émergents depuis 1988. Un cercle vicieux est à prévoir : la sortie de capitaux favorise la dépréciation des devises, faisant fuir encore plus les investisseurs. Les entreprises et les acteurs économiques DES PAYS ÉMERGENTS se sont endettés ces dernières années. Afin de se sortir de cet endettement, les entreprises ont fait appel aux capitaux étrangers.

Montée des défauts

Les entreprises non financières ont vu leur dette progresser en moyenne de 30% de leur PIB (Produit Intérieur Brut) sur cinq ans. Les réserves d’obligations émises en dollars, provenant des pays émergents se situent à environ 1,3 milliards de dollars. Soit le double de 2009. Le risque est encore plus important quand les entreprises endettées en dollars ne produisent pas ou peu de recettes dans la même monnaie. Seul point positif pour ces pays émergents : ils semblent être mieux équipés pour faire face à la FED, alors que de nombreuses banques centrales ont anticipé cela en remontant leurs taux propres.

Conclusion

Ainsi, le constat est clair, avec une nouvelle, qui se répand, telle une traînée de poudre, concernant l’augmentation des taux directeurs, les investisseurs désertent les actions émergentes. Malgré le côté encore informel de cette possible augmentation, les investisseurs ont préféré anticiper. De plus, cette sortie de capitaux a favorisé la dépréciation des devises. C’est le cas du dollar depuis vendredi, qui a perdu 0,3%. Cette dépréciation a pour conséquence de faire fuir la possibilité d’avoir de nouveaux investisseurs. Le marché actions pourrait donc chuter avec l’effet « château de cartes ». Enfin, il ne faut pas négliger le fait que de nombreuses entreprises se sont endettées sur la devise du dollar et elle ne produise pas ou peu de bénéfices sous la même devise. On retrouve donc un problème au niveau du taux de change.

À propos de l'auteur

Philippe Paoli , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Philippe PAOLI diplômé d’un MASTER en Management en 2008, spécialisé en Finances Internationales, débute sa carrière dans les pays baltes en tant que Manager de la société FBS Banking Ltd. En 2009, il rentre en France et intègre le Cabinet SARRO Conseils et Finances à Montpellier en tant que Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant. Il est en charge du développement de l’activité sur les Bouches du Rhône. Il se spécialise également dans le conseil et la gestion du patrimoine du chef d’entreprise, en s’appuyant sur l’inter-professionnalité entre avocats, notaires et experts comptables. En 2013, convaincu par la stratégie et le positionnement du Groupe Wast &Van et Netinvestissement, il décide de s’associer à eux en créant à Marseille son propre cabinet de conseils : Wast &Van Méditerranée, cabinet référent de Netinvestissement.fr pour la région PACA et la Corse.

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