Crowdfunding : une surveillance accrue

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Par Stéphane van Huffel - le 10/06/2015

Véritable effet du buzz et de plus en plus populaire, le "crowfunding financier" ou l’investissement financé par la foule séduit de plus en plus. Comme tout succès, la demande est forte et nous assistons généralement à une éclosion de l’offre. Nos gendarmes financiers des banques (ACPR) et des marchés financiers (AMF) gardent un oeil sur cet effet de mode et sur l’arrivée de nombreux acteurs de la finance participative. Explications.

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La finance participative, qu’est-ce que c’est ?

La finance participative c’est le moyen de collecter des apports financiers d’épargnants via des sites internet pour la réalisation de projets de création et/ou de projets innovants. Dans notre jargon c’est la rencontre entre un particulier recherchant des sources de financement à son projet et plusieurs particuliers souhaitant donner du sens à leurs placements.

L’avantage de ce mécanisme réside dans le fait de donner aux épargnants le choix de la destination de leur argent. Ainsi ils pourront, selon leurs affinités, miser sur un projet, une entreprise ou une association.

De nombreuses plateformes spécialisées organisent cette mise en relation. Le crowdfunding dans le secteur de la finance, lève le monopole du prêt aux banques et cela séduit les français ! En 2014, les plateformes de crowdfunding ont collecté 152 millions d’euros soit près du double qu’en 2013 (78,3 millions d’euros). L’engouement pour la finance participative est donc fort, très fort ! 46 plateformes sont aujourd’hui présentes sur ce nouveau marché. Elles se distinguent selon 3 grandes familles : les plateformes de dons, d’investissement dans des start-up et les plateformes de prêts aux particuliers / PME.

Les plateformes les plus populaires depuis deux ans sont celles dédiées aux prêts entre particuliers ou à de petites entreprises. Elles ont collecté en 2014 88,4 million d’euros soit 84% de plus qu’en 2013. Le prêt moyen d’un français fait envers un projet est estimé en moyenne à 561€.

Autre nouveauté en 2014, la possibilité de prêter aux entreprises. Autrefois monopole des banques, le gouvernement a souhaité libéraliser en octobre dernier le prêt aux entreprises via le crowdfunding. Toutefois, une limite de prêt est fixée, un épargnant pourra alors prêter seulement 1000€ par projet.

Les sites de dons ont eux collecté 38,22 millions d’euros (+97% par rapport en 2013). Pour finir, les plateformes de capital investissement qui permettent aux particuliers épargnants d’investir dans des start-up ont collecté 25 millions d’euros, soit +150% par rapport en 2013. Depuis l’introduction du crowdfunding en France, ce sont plus de 1,3 millions de contributeurs français qui ont été convaincus par ce nouveau phénomène. Au total, 64 500 projets ont été mis en ligne depuis 2008 dont 20 380 en 2014. Nous attendons des chiffres tout aussi spectaculaires pour l’année 2015 sur ce secteur.

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La floraison de nouveaux acteurs

Les obligations juridiques sont présentes et sont essentielles à l’encadrement de cette nouvelle pratique. Tous les acteurs de crowdfunding doivent s’enregistrer selon leur activité. Deux statuts prévalent : soit conseiller en investissement participatif (CIP) soit intermédiaire en financement participatif (IFP).

Fin 2014, 22 plateformes étaient enregistrées sous l’un de ces deux statuts. Aujourd’hui, elles sont déjà plus du double. Chaque année, les banques prêtent entre 80 et 100 milliards d’euros aux très petites entreprises. L’ambition de ces nouveaux acteurs est d’arriver à capter à terme un quart de cette somme. Ces nouvelles banques du futur font désormais partie des « fintech », de la contraction de « sociétés financières » et « technologiques ».

Vigilance des régulateurs

Face à cette émergence d’acteurs sur ce secteur, nous pouvons compter sur nos gendarmes financiers qui veillent au bon fonctionnement de la finance participative. Le mot d’ordre : la vigilance ! La surveillance est primordial et les obligations juridiques et statutaires des plateformes doivent être respectées.

Les plateformes enregistrées comme CIP ou IFP sont connues par l’ACPR et l’AMF. Le danger viendrait du mot « crowdfunding » qui n’est pas un terme légal. Certains acteurs peuvent donc apparaitre sous ce nom et se développer sans forcément exercer cette activité. Pour conserver ou gagner la confiance du grand public, l’ECN (European Crowdfunding Network) travaille actuellement à l’échelle européenne sur un cadre juridique commun et des règles communes au secteur du crowdfunding. Elles assureront transparence et protection pour les particuliers adeptes du financement participatif.

Pour rappel : l’ECN est une association européenne organisatrice d’évènements majeurs en Europe qui réunissent autour de conférences sur le thème du crowdfunding professionnels du financement participatif, ministères des finances, régulateurs et associations de consommateurs.

Conclusion

La finance participative a réussi son décollage en 2014. Les perspectives pour 2015 sont toutes aussi spectaculaires. Il est prévu que le marché double. Malgré l’engouement populaire, la vigilance des épargnants doit être de rigueur. Dans la finance participative, l’épargnant joue le rôle du banquier. Dans cette optique, veuillez à bien effectuer votre travail de « banquier novice » en sélectionnant attentivement les entreprises ainsi que les plateformes de crowdfunding. A vous de jouer.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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