Martine Aubry réclame une hausse d’impôts

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Par Stéphane van Huffel - le 11/06/2012

Le redressement des comptes publics est devenu le leitmotiv du gouvernement. Justement, pour réussir à rééquilibrer le budget, on peut engager deux politiques : la réduction des dépenses de l’Etat et l’augmentation des recettes. L’équation complexe consiste à trouver le juste équilibre entre les deux alternatives. Mais pour Martine Aubry, il n’y a pas de doutes. C’est surtout une hausse d’impôts qui est de rigueur pour démontrer du sérieux budgétaire français sans trop couper les dépenses de l’Etat.

hausse d'impôt

Allier sérieux budgétaire et dépenses de l’Etat

Alors que la composition du nouveau gouvernement laissait présager une nouvelle politique fiscale pour enrayer le déficit public, c’est sur les décisions précises que l’incertitude plane. En effet, même si on sait que François Hollande souhaite engager une politique de justice sociale et imposer les revenus du capital comme ceux du travail, jusqu’à présent, les mesures qui seront prises restent quelque peu dans le flou.


D’ailleurs, la Commission européenne a demandé à la France de donner des détails sur les mesures que le pays compte mettre en place pour rééquilibrer les comptes publics d’ici 2013.

De plus, un récent rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) a remis la question des mesures fiscales sur le devant de la scène. Dans ce rapport, l’IGF préconise des réductions drastiques des dépenses de l’Etat. 5 milliards d’économies par an serait nécessaire pour retrouver une situation convenable.


Face à ce constat, Martine Aubry rétorque. Pour la première secrétaire du Parti Socialiste, ce rapport est réducteur et omet de prendre en considération les possibilités qui existent du côté des entrées fiscales. Elle estime qu’il existe des marges de manœuvre « énormes » pour éviter que le sérieux budgétaire n’impacte que les dépenses de l’Etat. Sans entrer dans les détails, elle propose la mise en place d’impôts complémentaires.


Malgré les attentes de la Commission européenne et la réaction de Martine Aubry qui a laissé entrevoir une des probables solutions envisagées par le Parti Socialiste, le gouvernement souhaite connaître les conclusions de la Cour des comptes avant d’entrer concrètement dans les détails de la réforme fiscale qui se profile pour l’automne. Il faudra donc attendre la fin du mois de juin pour savoir si cette hausse d’impôts se concrétisera.

Augmenter les impôts pour ne pas couper les dépenses

Même si une hausse d’impôts n’est pas encore confirmée, le parti pris par le gouvernement est de ne pas couper des dépenses qui pénaliserait les ménages les plus fragiles alors que d’autres plus aisés peuvent payer plus d’impôts pour rétablir l’équilibre budgétaire. La mesure d’augmentation d’impôt semble donc fort probable et le programme de François Hollande nécessitera d’ailleurs 11,8 milliards d’euros de hausse d’impôts pour être accompli sans aggraver le déficit public.


Pourtant, tous ne voient pas la justice sociale de la même manière et certains craignent que ces hausses d’impôts touchent surtout les classes moyennes. Même au sein de la majorité, la hausse d’impôts n’est pas forcément vue comme la mesure capitale. Par exemple, pour Didier Migaud ancien élu PS et premier président de la Cour des comptes, des actions doivent aussi être réellement entreprises sur les dépenses.

argent

En ce qui concerne les mesures concrètes, il faudra donc attendre l’examen d’un projet de loi de finances 2013 à l’automne pour en connaître les détails. Parmi les projets, les niches fiscales devraient connaître un baisse de leur plafonnement à 10000€ par an (contre actuellement 18000€ + 4% du revenu), le crédit d’impôt sur l’emploi à domicile sera quant à lui raboté et une baisse du quotient familial de 2336 à 2000€ est prévue afin de financer la hausse de l’allocation de rentrée scolaire actée pour la rentrée. Ce sont aussi les abattements sur les droits de succession qui devraient être impactés et passer de 159000 à 100000 € par enfant.


D’ici là, c’est en juillet que sera normalement votée la loi de finances rectificative qui comprendra notamment le projet emblématique de révision de l’ ISF, première mesure qui impactera donc l’imposition des ménages français.

Conclusion

Il est fort probable que la hausse d’impôts revendiquée par Martine Aubry soit une des solutions privilégiée par le gouvernement pour rééquilibrer les comptes publics. Une hausse des impôts à laquelle il faudra ajouter l’amputation de nombreux avantages fiscaux. Alors qu’en 2010, La France était le 4ème pays d’Europe où la pression fiscale était la plus élevée, il semblerait que nous ne soyons pas rétrogradés de cette place dans les années à venir. La volonté de réduire ses impôts sera d’autant plus d’actualité.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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