AGIRC / ARRCO : les complémentaires retraites en faillite

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Par Stéphane van Huffel - le 25/05/2015

En décembre 2014, la Cour des Comptes avait déjà informé d’une possible cessation de paiement d’ici fin 2017 pour l’Argic (Organisme de retraite complémentaire des cadres). Depuis 2009, les déficits s’accumulent pour l’Argic et l’Arcco (Organisme de retraite complémentaire des salariés non cadres). Ils seraient estimés à 7 milliards d’euros en 2020 si aucune solution n’est trouvée. Le plan d’urgence pour sauver ces caisses de retraite a débuté le 17 février 2015 par des discussions entre partenaires sociaux. Depuis, l’impasse se confirme entre les deux partenaires et malgré un scenario de fusion, les prévisions financières restent mauvaises supposant même une faillite des deux complémentaires dès 2023. Zoom sur l’actualité de ces régimes de retraite.

AGIRC / ARRCO : les complémentaires retraites en faillite

Les prévisions financières se dégradent

La dégradation financière est présente depuis 2009 après dix années de bonne santé de nos deux caisses de retraites complémentaires pour cadres et salariés non cadres. En 2013, le déficit atteignait 4.4 milliards d’euros et on l’estimait en 2014 à 5.3 milliards d’euros. Le rapport de la Cour des Comptes publié en février prévoyait avec un scénario de fusion des caisses totalement vides pour 2023. L’Argic quant à elle serait déjà dans un processus d’assèchement de ses réserves dès 2016.

Les causes de ces déficits

La Cour des Comptes dénonçait en décembre 2014 la mauvaise gestion des deux complémentaires retraites. En effet, l’Agirc et l’Arrco sont composées de nombreuses institutions (Humanis, AG2R La Mondiale, Malakoff Médéric,..) dont la gestion reste couteuse. En plus d’être couteuse, la gestion est aussi jugée peu efficace par la Cour des Comptes qui pointe du doigt des liquidations erronées des pensions pour les assurés Agirc (10%) et Arrco (20%). Ajouté à ce critère négatif, un délai moyen de paiement en 2013 à plus de 100 jours dans certains centres de retraite.

Outre le manque d’optimisation des coûts dans la gestion de ces caisses de retraite complémentaires, deux facteurs macro-économiques permettent d’expliquer ces déficits :

? Quand Babyboom devient Papyboom : la balance n’est plus équilibrée entre les cotisants et les bénéficiaires. Les pensions versées sont plus élevées que les cotisations reçues de notre tissu économique. Ce phénomène est présent pour les deux complémentaires retraites. Autre point important à souligner, le nombre de bénéficiaires est en constante progression : l’Argic c’est 2.7 millions de bénéficiaires contre 4 Millions de cotisants et l’Arrco 11.9 millions de retraités contre 18.1 millions de salariés. Les nombreuses générations du babyboom partiront en retraite d’ici 2034 et l’allongement de l’espérance de vie sera un facteur supplémentaire qui ne fera que creuser d’avantage les déficits déjà bien existants.

? Les taux faibles en zone euro : les fonds de l’Argic et de l’Arrco sont principalement investis sur les marchés des taux (Obligations souveraines). A la vue de la dégringolade de ces valeurs obligataires cette année, les recettes baissent sur les obligations les plus récentes avec des rémunérations quasiment nulles alors que les obligations les plus anciennes permettant des rémunérations plus importantes arrivent bientôt à échéance.

Beaucoup de discussions et peu d’actes

Le débat fait mouche, mais tout reste à croire que l’âge de départ à la retraite reviendra dans l’actualité. Fin d’année 2014, la Cour des Comptes préconisait un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans contre 62 ans actuellement pour les générations nées à partir de 1955. Pour mener cette lutte, il faudra surement attendre 2017 avec les prochaines élections présidentielles.

Depuis février, les débats sont animés, les solutions diffèrent entre propositions du patronat et propositions des syndicats. Pour l’instant, aucune initiative n’a été prise. Et pourtant, le temps presse et l’argent n’attend pas ! Augmentation de 1.25 point des cotisants, diminution des pensions, recul de l’âge de départ en retraite, fusion ou non fusion, décote de la retraite pour les personnes partant à la retraite de manière anticipée, les solutions existent et le pas doit être fait !

Conclusion

60 milliards d’euros de réserve bientôt épuisée, 5 milliards d’euros à trouver pour cette année pour une cause : un déficit doublé en 2014 à 3.138 milliards d’euros pour l’Argic et l’Arrco. Elles sont donc en danger et le cri d’alerte raisonne maintenant depuis fin 2014. L’assèchement des réserves est prévu pour 2018. Les pourparlers sont en cours, nous attendons maintenant la mise en place d’une stratégie, d’un plan de sauvetage urgent pour secourir ces caisses de retraite. Après ce discours pessimiste, nous vous rappelons que la retraite se prépare. Comment ? Par les régimes obligatoires, les régimes complémentaires mais aussi par des investissements de retraite individuels. Perp, Perco, Madelin, Article 83, les solutions alternatives existent et sont nombreuses.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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