L’épargne retraite muscle son jeu

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Par Guilhem Garcia
Le 11/05/2018

L’article « L’épargne retraite muscle son jeu » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Cette fois, c’est dans un timing surprenant que Bruno Le Maire intervient. S’exprimant la semaine dernière sur la réforme de l’épargne-retraite alors même que la restructuration du système de retraite français n’a pas été enclenchée et que la directive européenne sur les retraites n’est que matière, le ministre de l’économie prend de court tout son auditoire et présente ses convictions. Dans ces propositions, Bruno Le Maire souhaite simplifier le système de l’épargne-retraite, harmoniser sa fiscalité et permettre même une sortie en capital. L’objectif est ainsi très clair : augmenter fortement la collecte ! Objectif inquiétant cependant pour les assureurs dans la gestion des fonds collectés, ces derniers se disant hostiles à cette réforme qu’ils suivent du coin de l’oeil.

Les principaux changements

Ayant pour objectif de rendre l’épargne-retraite plus attractive, le gouvernement cible tous les produits existants qu’il souhaite rendre transférable d’un produit à l’autre. Et permettre ainsi à l’épargnant de passer d’un placement à l’autre, ce dernier pouvant ainsi cumuler les dispositifs en cas de changement de statut.

Pour ce faire, le ministre souhaite créer trois enveloppes transférables : une première ouverte et alimentée par les versements obligatoires de l’entreprise (contrats collectifs), une deuxième alimentée par l’intéressement et la participation, puis une dernière alimentée par les versements volontaires de la part des salariés.

Deuxième gros changement, le ministre souhaite harmoniser la fiscalité en la rendant même avantageuse. Pour les épargnants, il souhaite diminuer les versements effectués du revenu imposable (la réduction serait plafonnée dans le même procédé que le PERP). Pour les entreprises, le gouvernement prévoit d’alléger le forfait social payé par les employeurs sur les versements de participation ou d’intéressement. Cette taxe passera ainsi de 20% à 16% et pourra être supprimée en cas d’investissement à hauteur de 10% minimum en titres de PME (petites et moyennes entreprises) ainsi que de ETI (entreprises de taille intermédiaire).

Si ce geste fiscal peut être perçu comme un cadeau, il coûtera à l’État la somme de 440 millions d’euros. Enfin, pour laisser plus de liberté à l’épargnant, l’argent placé pourra être perçu via une rente à vie ou une sortie en capital en une seule fois. Les épargnants pourront également retirer une partie de leur épargne avant même leur départ en retraite.

Le bonheur des épargnants fait le malheur des assureurs

Si les principaux changements annoncés sont plutôt alléchants, leur souplesse n’arrange pas les gestionnaires. Effectivement, plus une épargne est liquide, plus il est difficile pour l’assureur d’en gérer le capital. Il est moins contraignant de gérer une petite rente sur une longue période plutôt qu’une grosse sortie de liquidités en une seule fois.

De plus, les assureurs s’inquiètent qu’un succès de ces nouveaux produits de retraite soit défavorable aux contrats d’assurances-vie. Dans un tel scénario, le volume de collecte resterait similaire car les fonds placés en assurance-vie seraient simplement transférés vers un autre contrat mais plus contraignant et plus dure à gérer.

Si les avis sont partagés, certains pensent effectivement que comme l’épargne-retraite se construit vers la quarantaine et que la moyenne d’âge des détenteurs est d’en moyenne 52 ans, les transferts devraient être limités.

Conclusion

Si le projet du gouvernement se concrétise, il y aura sûrement quelques changements à opérer afin de rassurer les assureurs, de protéger l’assurance-vie et de booster le volume de l’épargne-retraite. L’objectif est simple à englober mais ambitieux puisqu’il s’agit de collecter 100 milliards d’euros en 5 ans.

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À propos de l'auteur

Guilhem Garcia , Conseiller en gestion de patrimoine

Après l’obtention d’un Master en gestion de patrimoine, Guilhem débute sa carrière au sein d’une grande banque régionale. Après 10 ans de carrière dans différents groupes bancaires, où il a occupé des postes de conseiller clientèle professionnel à gestionnaire en patrimoine, il décide d’ouvrir son cabinet spécialisé en prévoyance et patrimoine auprès d’un des grands assureurs de la place. Son désir d’indépendance et d’évolution professionnelle, le pousse naturellement à rejoindre début 2014 netinvestissement en tant que chef de projet patrimonial puis directeur de cabinet.

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