PERP le grand retour ?

Visa expert

L’article « PERP le grand retour ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Par Karl Toussaint du Wast - le 26/03/2014

Après un démarrage difficile il y a 10 ans, le PERP semble enfin avoir trouvé son rythme de croisière et surtout son « public ». en 2013, ce sont ainsi près de 2,3 millions de PERP qui ont été ouverts. Rappelons que ce produit vise à préparer sa retraite tout en bénéficiant d’avantages fiscaux. Décryptage de ce contrat qui réserve bien des surprises.

retraite

Plus de la moitié des français sont conscients de l’importance de préparer par eux-mêmes leur retraite et 67% d’entre eux sont même inquiets pour leur retraite. Pourtant, ce sont ces mêmes épargnants qui privilégient l’assurance-vie et les livrets bancaires pour leurs vieux jours. Mais, depuis 2012, le nombre de PERP ouverts a augmenté sensiblement.

Ainsi, en 2012, la collecte a bondi de 13% et de près de 30% en 2013.

Le point fort du PERP : l’avantage fiscal

Alors que les niches fiscales s’étiolent progressivement, le PERP reste donc un placement permettant de réduire ses impôts.

Le principe : les cotisations versées sur le PERP sont déductibles du revenu imposable, dans une certaine limite 10 % des revenus plafonnés à 8 fois le PASS (plafond annuel de la sécurité sociale) de l'année précédente, soit 29.626 € en 2014 avec un plancher de 3.703 € pour les faibles revenus. Il est également possible, dans la mesure ou celles-ci n’ont pas été utilisées, de déduire les trois années précédentes.

L’autre argument « fiscal » du PERP c’est son exonération de prélèvements sociaux (15,5%).

Enfin, pour les contribuables redevables de l’ISF, le PERP ainsi que la rente versée au moment de la retraite ne rentre pas dans le calcul de l’assiette (attention toutefois car pour pouvoir bénéficier de ce dernier avantage, il faut avoir cotisé pendant 15 années pleines).

Mais si son principal point fort réside donc dans son avantage fiscal, le PERP qui en soit n’est pas un placement très rentable, est donc surtout intéressant pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition est au moins égale à 30%. Ce paramètre est donc à prendre en considération, d’autant que la plupart des investisseurs qui optent pour les placements PERP ne sont pas toujours dans cette « catégorie fiscale ».

faire le point

PERP : attention aux blocages

Après les points forts, voici donc le principal point faible du PERP : c’est son blocage dans le temps. En effet, et comme il s’agit d’un placement retraite, les sommes investies sont bloquées jusqu’à la retraite effective du souscripteur (sauf cas exceptionnels ou de force majeure : invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de pacs, expiration de droits au chômage, liquidation professionnelle) et les rentes alors versées au moment de la retraite sont alors fiscalisées.

En d’autres termes, vous avez décalé l’imposition dans le temps.

L’autre point faible c’est son rendement généralement aux alentours des 3% / an. En effet les PERP sont souvent investis sur des supports sécurisés de type fonds euro et les fonds disponibles sont souvent restreints.

A noter toutefois que les retraités qui souhaitent utiliser cette épargne pour financer l'achat de leur résidence principale pourront la toucher cash.

Autre bémol, le PERP qui, à quelques exceptions près (+ 4,01 % pour le PERP du Conservateur par exemple), rapporte moins de 3 % en moyenne pour sa partie investie sur un fonds en euros, est souvent lourdement chargé en frais divers (surprimes, encours gérés, éventuels transferts, rentes à la sortie). Quant à son pilotage financier, il dépend - sauf contre-indication écrite explicite du souscripteur - de l'assureur qui sécurise les actifs du plan au fur et à mesure que l'âge de la retraite approche.

Conclusion

Le PERP est donc un placement retraite qui peut être envisagé dans sa préparation de retraite, parmi d’autres mais qui en revanche ne doit pas être utilisé comme seul et unique support de préparation retraite. Il faut privilégier son utilisation notamment en période de création de patrimoine et d’avancée dans la vie ou la pression fiscale est forte.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides