Retraites complémentaires, échec des négociations

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L’article « Retraites complémentaires, échec des négociations » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - le 16/03/2013

2017 est l’année où les régimes de retraites complémentaires seront déclarés en faillite !


L’Agirc (pour les cadres, taux contractuel) et l’Arrco (pour tous les salariés, taux d’appel) couvrent 11 millions de retraités et le mode de cotisation actuel des retraites ne permet plus de leur assurer de façon pérenne le paiement des retraites. Nous pouvons imaginer la catastrophe qui se rapproche, si rien n’est fait elle aura lieu dans 4 ans.


Pour sauver le régime des retraites complémentaires, les partenaires sociaux ont dû se réunir le 7 mars 2013 pour des négociations concernant les efforts que devront faire les salariés, les retraités et les employeurs.


Si les négociations restent stériles, les deux caisses n'auront plus de réserves en 2017 pour l'une et 2020 pour l'autre.

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Ce que veut le MEDEF

Le MEDEF est d’accord pour une hausse générale (à répartir entre 60% pour l’employeur et 40% par l’employé), mais seulement pour le taux d’appel.


Si cette hausse était limitée à ce seul taux d’appel, les salariés non cadres supporteront donc à eux seuls la non hausse du taux contractuel. C’est la raison pour laquelle le MEDEF a lâché du lest en disant qu’elle pourrait accepter la hausse du taux contractuel (qui concerne les cadres) sous conditions (+0.95% pour l’Agirc et +1.15% pour l’Arrco avec décorrélation de la revalorisation des pensions de retraites à payer). « Impossible à réaliser » selon les syndicats.

Le MEDEF a également proposé de ne plus corréler la revalorisation des retraites à payer en fonction de l’indice de l’inflation pour une durée limitée. Si cela était appliqué, les pensions de retraites à payer seront revalorisé en dessous de 1%, alors que l’inflation oscille entre 1,5 à 2.4 % /an provoquant une perte de pouvoir d’achat des retraités, parfois déjà en situation précaire.

Ce que veulent les syndicats de salariés

Les syndicats veulent une vraie hausse du "taux contractuel" de cotisations au même titre qu’une hausse du « taux d’appel », qui ouvre des droits supplémentaires à la retraite, et sans que les retraités aient à trop en pâtir.

Encore un blocage alors qu’un accord pouvait être trouvé, inertie du gouvernement

Les conditions proposées par le MEDEF ont connu une certaine hostilité de la part des syndicats, menant à l’échec de ces négociations. Mais ce n’est que partie remise, puisque le 13 mars, une nouvelle réunion a été prévue.


Le MEDEF a pointé du doigt l’inertie du gouvernement qui tarde à dévoiler ses projets de réforme sur la question des retraites, déclarant naviguer à l’aveugle dans ces négociations.


Quant aux syndicats de salariés, ils dénoncent une attitude électoraliste du MEDEF durant ces négociations, empêchant les partenaires sociaux de se pencher sur les vraies questions.

Conclusion

Un gouvernement attentiste, un MEDEF en pleine campagne électorale pour son nouveau président, des syndicats parfois dogmatiques. Quoi qu’il en soit, tout le monde (partenaires sociaux) est d’accord sur un point :

« Combien même un accord sera trouvé, elle ne résoudra la question des retraites que sur du court et moyen terme, repoussant le problème à plus tard. »

Et pour l’instant, chaque français, chaque travailleur n’étant pas encore à la retraite, se doit de réfléchir et de prévoir par lui-même sa retraite. Qu’on le veuille ou non, l’horloge tourne quand même.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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