Le pouvoir d’achat des retraités devrait baisser en 2013

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Par Stéphane van Huffel - le 19/12/2012

La reprise des négociations sur les retraites complémentaires semble aboutir à une baisse du pouvoir d’achat des retraités. Visiblement syndicats et patronat se sont mis d’accord sur une hausse des pensions inférieure à la progression de l’inflation.

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Le rôle des caisses de retraite complémentaire

L’ARRCO (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’AGIRC (Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) sont des caisses de retraite complémentaire. Ce sont elles qui complètent, pour le secteur privé, les retraites de base versées par la sécurité sociale. Ces retraites complémentaires sont une part importante des revenus des retraités puisqu’elles représentent environ 30% de la pension d’un salarié et 57% pour un cadre.


Aujourd’hui ces deux caisses se portent mal. Elles prévoient un déficit de 4,8 milliards d’euros en 2012 (plus de 10 milliards en 2017 !). Il faut donc inverser la tendance mais tous les acteurs ne sont pas en accord sur les moyens à mettre en œuvre pour limiter ces pertes qui progressent trop rapidement.

Le déficit de ces caisses est principalement du au décalage de moins en moins important entre le nombre de cotisants (22 millions en 2010) et le nombre de retraités (10 millions à la même époque). Cela peut s’expliquer par différents facteurs. Le Medef met en avant l’évolution de la démographie alors que les syndicats mentionnent la crise et surtout la progression du chômage qui dépasse les 10%. Ils évoquent également la politique d’exonération des cotisations sociales dont une partie n’est pas compensée.

Evolution prévisionnelle du déficit Arrco-Agirc

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Les solutions

Pour résoudre ce déséquilibre, le patronat préconise la réduction des dépenses et donc, des pensions. Initialement, le Medef avait d’ailleurs proposé plusieurs mesures comme la sous indexation des pensions pendant cinq ans ou le gel des ces dernières pendant trois ans ce qui permettrait d’économiser plus de quatre milliards d’euros par an à partir de 2017.


Autre proposition, la mise en place d’un abattement de 10% sur les pensions des salariés qui prendraient leur retraite avant l’âge de 65 ans. Les syndicats s’y sont opposés et proposent quant à eux l’augmentation des recettes en faisant progresser les cotisations. La revalorisation des pensions intervenant le 1er avril de chaque année, Medef et syndicats ont donc encore quelques mois pour aboutir à un accord.

Vers un accord

Lors de leur dernière rencontre les deux parties ont semblé prêtes à faire des compromis pour avancer. Du coté des syndicats, quatre d’entre eux (CFDT, FO, CFTC et CGC) sont d’accord pour que la hausse des pensions soit inférieure à celle de l’inflation. En contrepartie, ils demandent une augmentation des cotisations au patronat qui, même s’il botte en touche, ne semble pas radicalement opposé.


La suite des négociations aura lieu en janvier. Il conviendra donc de déterminer la part d’effort que chacun devra consentir. On parle d’une progression des pensions amputée d’un point (0,8% au lieu de 1 ,8%), ce qui permettrait d’économiser 780 millions d’euros par an à partir de 2017, et d’une hausse de 0,1 point sur les cotisations patronales qui rapporterait environ 600 millions d’euros.

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Les dispositifs de retraite complémentaire privée ne sont eux, pas remis en cause. PERP (plan d’épargne retraite populaire), PERCO (plan d’épargne pour la retraite collectif), PEE (plan d’épargne entreprise) et contrat Madelin sont toujours d’actualité et leur intérêt est d’autant plus important qu’on se dirige vers une baisse du montant des retraites dans les prochaines années.

Conclusion

Dans tous les cas de figure, les retraités devraient voir leur pouvoir d’achat diminuer au 1er avril d’autant plus qu’une grande partie d’entre eux (7,5 millions) devront s’acquitter de la nouvelle taxe de 0,3% qui financera la prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Cette situation, qui ne devrait pas s’améliorer, nous confirme l’importance de bien préparer sa retraite au moyen de dispositifs privés en se faisant accompagner par des professionnels reconnus.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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