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Après le climat, la finance verte au secours de l’eau

Après les green bounds, ou obligations vertes, les water bounds, ou blue bounds, prennent de l’essor...

Si les obligations environnementales ne sont encadrées ni par des standards précis ni par une définition réglementaire, de grands principes rédigés par de grands groupes bancaires internationaux les définissent. Ce sont des emprunts obligataires (non bancaires) émis sur les marchés financiers par une entité publique ou une entreprise, visant à financer des projets environnementaux.

Les émetteurs prennent un engagement sur l’usage précis des fonds récoltés, ceux-ci devant servir à financer des projets favorables, porteurs ou novateurs sur l’environnement. Ils s’engagent également à publier un rapport annuel pour rendre compte aux investisseurs de la vie et de l’état d’avancement des projets financés.


L’essor des green bounds…

En 2007, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) s’était posée en pionnière de la finance verte en donnant le coup d’envoi à ce marché par l’émission des tous premiers green bounds.

Cette initiative en a entraîné d’autres de la part de la Banque Mondiale, suivie par des collectivités territoriales, des entreprises (majoritairement du secteur de l’énergie), et également d’États (Pologne, France et Belgique).

Si, au regard des volumes obligataires mondiaux, ces obligations environnementales restent confidentielles, ce marché a connu une croissance rapide sur ces dix dernières années. Plus de 250 milliards de dollars ont été émis sur cette période, avec une forte croissance depuis 2013.


A la création des water bounds

Dans le cadre de la Semaine Mondiale de l’Eau (World Water Week) qui se tenait à Stockholm en cette fin août et à laquelle participaient 3 300 personnes en provenance de 135 pays, la Banque Mondiale a annoncé la création des water bounds, obligations destinées à financer spécifiquement des actions en faveur de l’eau. Cette thématique autour de notre ressource naturelle la plus précieuse, vitale pour la planète, intéresse de nombreux financiers et vise à permettre de développer des projets de traitement ou de dépollution de l’eau.

Une première émission d’obligations, d’un montant symbolique d’un milliard de couronnes Suédoises (soit 95 millions d’euros), a été annoncée par la Banque Mondiale lors de cet événement. Si aujourd’hui, ce sont majoritairement des investisseurs institutionnels Suédois qui ont souscrit à cette offre, la Banque Mondiale vise à dynamiser ce type de support et s’est d’ailleurs fixée un objectif de trois milliards de dollars.

La France, qui s’était engagée au lancement d’obligations vertes en 2017, avait été le premier pays à émettre un green bound souverain d’envergure. L’Agence France Trésor (AFT) a publié en juin 2018 son premier rapport d’allocation et de performance des dix milliards d’euros collectés l’an passé. Ce rapport, qui avait pour objectif de ne pas réduire cette initiative à une simple opération de communication d’une part et à rendre compte de l’efficacité du dispositif de l’autre, a été bien accueilli et la rareté du produit profite au dispositif.


Conclusion

On peut donc s’interroger à savoir si la France verra une opportunité d’être également figure de pionnière dans l’émission de water bounds émise par un État ?

A savoir : les water bounds émises par la Banque Centrale ont une maturité de 7 ans et offrent un coupon de 0,625% (Source : Les Echos.fr). A noter qu'il existe également des fonds thématiques spécialisés dans l'eau (citons par exemple le fond Pictet Water).

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