Comment protéger sa trésorerie d’entreprise face à l’inflation ?

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Par Franck Fargerelle
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L’article « » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Vous êtes chef d’entreprise ou bien en charge de la gestion de la trésorerie de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ? Vous vous interrogez sur la manière de protéger votre trésor de guerre ? Ce montant de trésorerie, qui sort de votre besoin de fonds de roulement, végète sur des placements bancaires non rémunérateurs ? Vous avez conscience que la reprise de l’inflation va éroder cet argent durement gagné ?

Peut-être même que vous avez poussé votre réflexion jusqu’à faire évoluer votre sensibilité au risque et considérer votre trésorerie d’entreprise comme un levier de développement de votre chiffre d’affaires en l’investissant ? Tant qu’à faire, prendre des risques en tant qu’entrepreneur au quotidien en recrutant, en investissant dans de nouvelles technologies et rester attentiste sur sa gestion de trésorerie d’entreprise ne serait-il pas antinomique ?

A l’heure où la rémunération sans risque n’existe plus, nous allons tenter à travers ce guide d’éveiller un peu plus votre prise de conscience sur toutes ces questions et d’y apporter des réponses avec des solutions concrètes.

Sommaire



1. Un constat sans appel

En préambule, rappelons que le Code des Assurances a limité l’ouverture d’un produit phare à destination des personnes morales : le contrat de capitalisation. En effet, certains assureurs vous donnaient accès à ce type de solutions en fonction de la nature de votre établissement : société commerciale ou non (associations, holding patrimoniales, congrégations).

Désormais, le support appelé fonds en euros à capital garanti au sein de ce contrat de capitalisation ne vous est plus accessible. Le temps où pouviez trouver une rémunération en protégeant votre capital est donc terminé.

Ce qui n’est peut-être pas une si mauvaise chose car de fait, cela nous oblige à envisager des voies de réinvestissement dans le tissu économique réel et en quelque sorte, à participer à notre propre bon état de santé économique.

Car rappelez-vous, la stratégie d’investissement des fonds en euros est principalement axée sur les emprunts d’états et très peu sur des actions et obligations d’entreprises. Le risque sur une obligation d’état est donc limité (mais existant) autant que sa rémunération.

Mais le constat ne se limite pas à l’accès à ce genre de support mais plutôt au mécanisme intrinsèque de ceux-ci, valables aussi bien pour l’univers monétaire (comptes à terme) qu’obligataire (fonds en euros).

Voici quelques données chiffrées :

Années Rendement du compte à terme Inflation (1) Rendement réel (Inflation comprise)
2017 0.30% 1.20% -0.90%
2018 0.30% 2% -1.70%
2019 0.30% 1.50% -1.20%

(1) Banque de France, moyenne annuelle pour 2017, estimations pour 2018 et 2019, prévisions à juin 2018.

Concrètement, si vous aviez investi votre trésorerie d’entreprise à hauteur de 1 000 000 € en 2017, vous seriez en perte de pouvoir d’achat de 9 000 € sur cette première année, 17 000 € en 2018 et 12 000 € en 2019. Ce qui signifie que vous perdriez 38 000 € sur ces 3 ans et ce, sans intégrer la fiscalité relative à l’impôt sur les sociétés (IS). La recherche d’un capital garanti exclut la possibilité d’obtenir un rendement et de se protéger contre l’inflation.

Toutes les solutions qui composent l’univers monétaire sont donc à bannir, il en est de même pour les OPCVM (Organismes de Placement Collectifs en Valeurs Mobilières) monétaires où les rendements sont mêmes négatifs sur ces périodes (-0,3% par an).


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2. Comment réagir face à cette problématique ?

Nous vous préconisons, comme pour les investissements qui concernent votre patrimoine personnel, d’adopter une réflexion rationnelle et de tenter au maximum de désensibiliser vos choix. Nombre de chefs d’entreprise qui sont confrontés au risque au quotidien deviennent très frileux lorsqu’il s’agit de leur trésorerie d’entreprise. Ce qui est compréhensible car nous avons avant tout confiance dans les univers que nous maîtrisons.

Si vous lisez ce guide, c’est que probablement vous avez fait les premiers pas en ce sens et nous vous félicitons.

Nous allons tenter de vous accompagner encore plus loin dans votre démarche en partageant avec vous quelques réflexes aidants en articulant votre réflexion avec les questions suivantes :

  1. La simplicité : est-ce que les solutions que l’on me propose sont compréhensibles ? Est-ce que mon conseiller possède le niveau technique pour maitriser cette offre et surtout, est-il capable de la traduire dans un langage de profane ?
  2. L’horizon de placements : combien de temps puis-je investir cette trésorerie sans en avoir besoin ? Comprenez que plus les horizons sont longs et plus vous pouvez bénéficier d’une stratégie élaborée et donc, d’un potentiel de rendement supérieur.
  3. La mesure du risque : quel est le potentiel de baisse réel et sur quel horizon ? Et surtout quelle est la visibilité sur la récupération de cette baisse ?
  4. La liquidité : combien de temps seront nécessaires à la récupération de cette trésorerie en cas de besoin ?
  5. Le rendement : quel est le rendement que j’espère et surtout, couvre-t-il a minima l’inflation ? (Ou peut-être en profite t’il…).

Ces 5 questions vous permettent déjà d’affiner votre recherche et de prendre conscience d’une manière rationnelle de votre capacité à trouver des solutions différentes afin d’optimiser la trésorerie stable de votre entreprise. Vous permettez également à votre conseiller d’élaborer une stratégie en ligne avec vos besoins, si bien entendu, il possède l’étendue de toutes les offres du marché comme chez Netinvestissement.


3. Quelles sont les solutions à envisager ?

Il existe différentes manières de protéger sa trésorerie d’entreprise face à l’inflation ; nous allons tout d’abord les diviser en 2 univers bien distincts afin de vous permettre de bien les différencier :

Les solutions immobilières

Vous avez peut-être déjà entendu dire que l’investissement en immobilier était protecteur de l’inflation ; oui, mais quel type d’immobilier et pourquoi ? Ceci concerne principalement l’activité de foncière (type SCPI, FPS) parce que les loyers perçus sont corrélés à l’inflation, ce qui signifie qu’une hausse de l’inflation entraîne une augmentation du revenu immobilier, donc de son rendement. En revanche, investir dans l’immobilier signifie obligatoirement d’avoir un horizon d’investissement éloigné, au moins 6 ans, même si sous certaines conditions, des solutions peuvent être intéressantes à partir de 2 ans.

Exemple : les SCPI de rendement

Avant toute chose, investir sa trésorerie d’entreprise dans une SCPI nécessite un horizon de long terme, c’est-à-dire au moins 6 ans afin de pouvoir gommer les frais de souscription qui sont en moyenne de 10% (retenus à la revente de vos parts) tandis que le rendement annuel moyen d’une SCPI est compris entre 4,75 et 5%.

Une SCPI ou Société Civile de Placement Immobilier, est une société de placement collectif dont l'objet et l'activité sont l'acquisition, la gestion et la valorisation d'un patrimoine immobilier. En achetant des parts de SCPI, vous en devenez actionnaire au travers de la détention d'une partie du capital et serez donc rémunéré par la distribution de dividendes, sous la forme de coupons trimestriels, qui correspondront majoritairement aux loyers perçus par la société de gestion.

Même si vous avez accès à la totalité de l’offre du marché des SCPI chez Netinvestissement, nous avons sélectionné pour vous quelques SCPI aux stratégies différentes et différenciantes :

LF EUROPIMMO

« Première SCPI d’entreprises européenne, ayant une forte conviction dans la force de l’Union Européenne »

  • Gestion et distribution : La Française Asset Management.
  • Investissements diversifiés : France, Allemagne, Pays-Bas et récemment Belgique et Irlande.
  • Equipes d’investissement locales avec plus de 30 ans d’expérience sur le marché.
  • Taux d’occupation stable de 93,5% (fin 2017).
  • 4,22% de taux de distribution en 2017.
BUROBOUTIC

« Une SCPI de référence dans le secteur immobilier tertiaire, bénéficiant de plus de 30 ans d’expérience »

  • SCPI 100% Française créée en 1986 et gérée par Fiducial Gérance.
  • Allocation diversifiée et répartition équilibrée sur le sol Français.
  • Stratégie d’investissement principalement axée sur l’immobilier tertiaire : bureaux, locaux commerciaux et entrepôts.
  • 4,55% de rendement net en 2017
CAP HEBERGIMMO

« Une SCPI de référence dans le secteur de l’hôtellerie et de la résidence gérée »

  • SCPI gérée par Foncia Pierre Gestion, créée en 2013.
  • Stratégie d’investissement axée sur les résidences de services (étudiants & seniors) et structures hôtelières de séminaire.
  • Gestion alliée à l’expertise immobilière du groupe Foncia, qui garantit la qualité de la sélection des locataires et la négociation de baux longs.
  • 4,98 % de rendement net en 2017.
PF GRAND PARIS (anciennement PF1)

« Une des plus anciennes SCPI du marché, créée en 1966 et ayant surmonté de nombreux cycles économiques »

  • SCPI de bureaux solide et pérenne sur le marché avec plus de 50 ans d’expérience.
  • Depuis toujours investie dans le projet « Grand Paris » (80% de son allocation se situe en IDF).
  • Acquisition de locaux neufs ou récents et flexibles en accord avec les demandes actuelles en matière de locaux d’entreprises.
  • 4,35% de rendement net en 2017.
PRIMOVIE

« Première capitalisation sur le secteur de la santé et de l’éducation »

  • Créée en 2012 et gérée par Primonial REIM, capitalisation de 1,8M€.
  • Investissements dans des structures de crèches, accueil pour seniors et autre immobilier d’accueil (EHPAD, etc.).
  • Investissements en France et en Europe (15% en Allemagne, Italie et Espagne).
  • 4,89% de rendement net en 2017.

Les solutions financières

2 principales enveloppes d’investissements existent à destination des personnes morales :

  • Le compte-titres
  • Le contrat de capitalisation

Nous avons vu en préambule que, depuis l’évolution de la réglementation de la FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurance) concernant les personnes morales et la restriction pour les sociétés commerciales de pouvoir en bénéficier, conjugué à l’interdiction d’investir sur le fonds en euros à capital garanti (cf le paragraphe : un constat sans appel), notre choix se porte alors sur le compte-titres.

Le compte-titres : Un compte-titres permet à une personne morale d’investir sur toutes les valeurs mobilières en toute flexibilité (actions, obligations, Sicav et FCP, produits structurés etc …). Gratuit par l’intermédiaire de Netinvestissement, les seuls frais imputés sont les droits de garde. Il permet à la personne morale de gérer en toute liberté les virements entrants et sortants de sa trésorerie.

De plus, n’étant soumis à aucune problématique de référencement et ne dépendant pas d’un assureur (comme le contrat de capitalisation), le compte-titres permet d’établir une stratégie d’investissement sur l’ensemble des OPCVM du marché (+ de 16 000) et des produits structurés.

Quelle allocation d’actifs sur un compte titres ? C’est l’avantage indéniable du compte-titres, pouvoir investir dans presque tout. Il existe donc des véhicules d’investissement pour se protéger contre l’inflation. Tentons ensemble d’en décrypter quelques-uns :

  • Fonds or : l’or est un actif protecteur historique contre l’inflation et un support stratégique dans une allocation d’actifs diversifiée
  • Fonds matières premières : investir dans les matières premières vous offre une certaine protection contre l’inflation
  • Fonds actions bancaires : l’inflation induit une remontée des taux à long terme, pouvant permettre aux banques d’augmenter leurs marges
  • Fonds obligataires : indexés sur l’inflation ou adoptant une stratégie profitant de la remontée des taux, la gestion obligataire regorge de mécanismes pouvant vous apporter le meilleur rapport rendement / risque dans ce contexte
  • Produits Structurés : il existe des produits dit « complexes » pouvant bénéficier de la remontée des taux et/ou de l’inflation. C’est d’ailleurs le sens d’un produit structuré, inclure des mécanismes capables de bénéficier de n’importe quel contexte de marchés

Conclusion

Laisser dormir votre trésorerie d’entreprise sur votre compte bancaire vous fait perdre de l’argent. Investir dans des produits monétaires vous fait perdre de l’argent. Être investi en obligations simples ne profitant pas de la hausse des taux vous fait perdre de l’argent.

Si vous êtes dans l’une de ces trois situations, il nous semble important de prendre contact rapidement avec notre service entreprise afin d’établir une analyse de la situation de votre trésorerie et de vous proposer des solutions simples et rémunératrices.

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À propos de l'auteur

Franck Fargerelle , Directeur Stratégie entreprise

Franck Fargerelle débute sa carrière dans le secteur immobilier à la fin des années 90. En 2000, il intègre la Banque Cortal Consors en tant que conseiller financier avant d’occuper le poste de Directeur Commercial. En 2006, il intègre Fidelity AM, la plus importante société de gestion de fonds indépendante au monde où il y entre en tant que Directeur Associé sur le marché Français spécialisé dans la distribution de fonds d’investissements. En parallèle, Franck est également chargé d’enseignement à Science-politique. Après 10 ans passés chez Fidelity il décide de rejoindre Netinvestissement en s’y associant afin d’y créer l’entité Corporate par le biais de Netinvestissement Entreprise.

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