Assurance-vie : 5 erreurs à ne pas commettre

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L’article « Assurance-vie : 5 erreurs à ne pas commettre » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - Vu 1081 fois

Début d’année oblige, chaque investisseur n’échappe pas à la tentation de prendre de bonnes résolutions y compris dans sa stratégie de gestion patrimoniale. Quels actifs ont été satisfaisants en 2015 ? Quels sont ceux qui ont déçu ? Et que faire pour améliorer le couple rendement/risque sans tout désorganiser ? Et pourquoi ne pas ouvrir (enfin !) un contrat d’assurance-vie ?

C’est bien entendu une très bonne idée, tant ce placement offre de possibilités d’adaptation aux besoins de l’épargnant. Pour autant, attention à ne pas vous précipiter et à ne pas souscrire pour de mauvaises raisons. Si l’assurance-vie, placement préféré des français, reste un support à bien des égards efficace et flexible, il est important de bien adapter son contrat à sa situation et à ses besoins. Et à ne pas prendre toutes les vérités pour acquises.

Pour vous aider à faire les bons choix, netinvestissement.fr décrypte 5 erreurs à ne pas commettre.

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1. La durée

Un contrat d’assurance-vie est bien entendu un placement qui a été réfléchi et qui doit être envisagé à moyen/long terme. C’est pour cette raison qu’il a été intégré une incitation fiscale au maintien dans le temps de ce contrat.

En effet, la fiscalité sur les revenus issus de votre capital investi sera plus attractive après 8 années de détention, avec en particulier un abattement qui vous permettra, en effectuant des rachats limités mais répétés dans le temps, d’éviter toute imposition (du moins sur le revenu).

La fameuse barre des 8 années, qui avec le temps est devenu dans l’esprit des épargnants la durée optimum d’un contrat d’assurance-vie…optimum et obligatoire. Ce qui explique que beaucoup d’assurés pensent que le contrat est « bloqué » pendant 8 ans. Cette idée, si elle n’a pas de conséquences catastrophiques dans l’ensemble, n’en demeure pas moins la raison principale du manque d’attention que l’investisseur porte trop souvent à la vie de son contrat dans les premières années. L’épargnant investit son capital avec l’idée que le placement ne sera utilisable que dans 8 ans, ce qui ne l’incite pas à contrôler plus les contenus proposés. D’où forcément la forte collecte en fonds euro garanti qui reste le support adapté à ce réflexe.

L’erreur est de croire que vous êtes contraint de garder votre contrat et ce raisonnement est parfois entretenu par le professionnel qui vous l’a proposé. Si le contrat n’est pas bien adapté ou que les supports financiers qui le composent ne sont pas satisfaisants, ou simplement si vous ne vous estimez suffisamment accompagné, il ne faut plus hésiter à racheter son contrat et à en souscrire un autre auprès d’un partenaire qui vous semblera plus à même de répondre à vos attentes.

Vous subirez certes une fiscalité mais si le contrat n’a rien ou peu rapporté celle-ci sera très faible. Et vous ne resterez plus prisonnier d’un support financier qui ne vous convient plus et qui est parfaitement liquide.

2. Les frais d’entrée

Lorsque vous prendrez connaissance des conditions générales du ou des contrats que vous aurez étudié, vous aurez bien entendu le réflexe de comparer les frais d’entrée proposés. Votre réflexe sera le bon. Cependant, évitez de commettre une erreur trop souvent rencontrée : le zéro frais à tous prix.

Les frais d’entrée oscillent entre 0 et 5% selon les contrats et correspondent à la rémunération immédiate des intermédiaires concernés par votre souscription. L’assureur bien entendu qui conserve une part d’incompressible et le conseiller qui va vous accompagner dans cette opération (si celui-ci n’est pas déjà salarié de l’assureur/banque).

L’erreur est souvent de privilégier les contrats proposant 0% de frais d’entrée sans être conscient que ces frais existent pour rémunérer un conseil et un accompagnement. Et donc de se réveiller avec un besoin administratif ou stratégique sans avoir alors le service qui devrait aller avec. Vous devez donc envisager les frais d’entrée non pas pour leur montant mais en cohérence avec votre niveau de besoin d’accompagnement, de conseil et de gestion. Vous les fixerez donc avec votre conseiller/banque/assureur en fonction du service proposé et des compétences de ceux-ci.

Soyez vigilant à propos des frais d’entrée appliqués lors de la souscription mais également par la suite appliqués aux versements complémentaires éventuels.

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3. Les frais de gestion

Même raisonnement concernant les frais de gestion. Ceux-ci oscillent entre 0,4 et 2% selon le type de support financier souscrit et correspondent à la rémunération des intermédiaires qui vont gérer votre capital. Là encore, une part ira à l’assureur et une part reviendra au conseiller qui va suivre la gestion de votre contrat.

L’erreur souvent commise est de privilégier les fonds proposant les frais de gestion les plus faibles sans s’attacher là encore à la pertinence de ses frais et à leur cohérence avec les performances de ces fonds.

Exemple simple : il vaut mieux choisir un fonds proposant un rendement brut de frais de 6% avec 1,5% de frais qu’un fonds proposant un rendement brut de frais de 5% avec 1% de frais. Il va de soi qu’un fonds proposant un rendement de 6% avec des frais limités à 1% serait l’optimum, bien entendu.

4. Le risque

Bien choisir un placement financier c’est avant tout trouver le meilleur équilibre entre risque encouru, rendement proposé et liquidité de votre capital. Il faut donc bien connaître et bien comprendre le risque que vous prenez en choisissant telle ou telle allocation de fonds dans votre contrat.

Encore aujourd’hui, les fonds euro à capital garanti remportent la première place au classement de la collecte annuelle, et ce pour une seule raison : l’idée d’une absence totale de risque. C’est une erreur, involontaire bien-sur, de penser cela.

En effet, contractuellement, une garantie n’engage que les parties qui la souscrivent et dans le cas des fonds euro, le risque est bel et bien existant mais uniquement porté par l’assureur qui s’engage à protéger votre capital quoi qu’il arrive. Le gérant du fonds va lui en revanche devoir trouver les outils limitant au maximum son risque ainsi qu’un minimum de rendement pour vous inciter à le choisir. Il est donc de plus en plus confronté à un dilemme : si il veut attirer de nouveaux épargnants il doit trouver des leviers de performances, donc plus exposés au risque et dans le même temps continuer à protéger son engagement contractuel. En situation de mauvais résultats ou de panique boursière, les assurés pourraient donc décider de récupérer leurs capitaux. Et si l’assureur se retrouve en incapacité de rembourser vos fonds à un moment où une grande quantité de rachats sont initiés, il y a de grandes chances alors qu’il fasse tout simplement faillite. La garantie n’existe plus et vous avez perdu tout ou partie de vos actifs.

Bien entendu, c’est un scenario très peu probable et il existe des mécanismes de garantie collective d’au moins une partie de vos fonds. Pour autant, il faut retenir que vous devez de plus en plus choisir vous-mêmes votre niveau d’exposition au risque, en tirer un rendement en cohérence (prime de risque) et vous impliquer dans la gestion de votre contrat. Prendre un risque ne veut pas dire avoir un accident…à condition de prendre les mesures pour l’éviter.

5. L’offre référencée

Il vous faut donc pour avoir une gestion un minimum active de votre contrat que vous ayez la possibilité de diversifier les supports de votre contrat. Et là encore, vous pouvez commettre des erreurs.

La plus rencontrée, toujours involontaire voire inconsciente, consiste à souscrire un contrat qui ne soit pas en architecture ouverte. L’exemple le plus probant est la souscription d’un contrat d’assurance-vie au sein de sa banque. Celle-ci en général n’aura la possibilité que de vous proposer des fonds issus de sa propre gestion. Et si un établissement financier concurrent propose un fonds plus performant ou plus adapté tant pis.

Il est donc primordial de chercher un contrat multi-support qui vous permette d’avoir accès à un grand nombre de supports d’investissement. Non seulement plusieurs fonds euro mais également un large choix d’unités de compte obligataires, actions, monétaires ou axées sur les matières premières. Vous pourrez alors, peut-être avec l’aide d’un professionnel, suffisamment diversifier l’allocation au sein de votre contrat et sécuriser ainsi votre investissement.

Conclusion

Investir dans un contrat d’assurance-vie reste donc conseillé et d’ailleurs les français continuent de plébisciter ce placement. Il devient en revanche de plus en plus utile de s’informer plus en détails, voire de se former afin d’éviter les pièges contre-productifs qu’un tel investissement peut contenir. Les idées reçues et l’ensemble des « réflexes » de bon sens sont aujourd’hui à tester afin de vous assurer de la cohérence de votre choix de produit et de contenu avec vos réel besoins ou objectifs. Et n’hésitez pas à creuser de nouvelles pistes et à suivre des voies innovantes d’investissement.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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