Bourse : 10 règles à respecter pour se lancer

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L’article « Bourse : 10 règles à respecter pour se lancer » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - Vu 1850 fois

Si comme plus de 10 millions de Français, vous souhaitez vous lancer en Bourse et profiter des importants gains réalisables, mais que vous ne savez pas par où commencer, alors ce guide est fait pour vous. Il va vous aider à découvrir les principales étapes à respecter et surtout éviter les pièges et les écueils fréquemment subis par les téméraires non renseignés.

Avec 7 millions de PEA ouverts en France et plus de 3 millions de comptes titres, les français sont nombreux à être attirés par la Bourse. Pourtant nous rencontrons quasi quotidiennement des clients qui ont peur d’aller sur ce marché ou surtout, d’y « retourner » car ils ont eu une mauvaise expérience qui les a refroidi pour de bon. Afin d’éviter que cela ne se produise ou ne se reproduise, voici les 10 règles à respecter si vous voulez vous donner toutes les chances de réussir en Bourse.

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1. Bien sélectionner son support d’investissement

Si j’écarte volontairement l’assurance-vie, il existe en France deux supports qui nous permettent d’investir en Bourse : le PEA et le compte titres.

Le PEA offre l’avantage non négligeable d’être éxonéré d’impôts sur les plus-values (mais pas de CSG/CRDS) au-delà de 5 années de détention. La contrepartie elle aussi non négligeable est qu’elle vous « limite » dans une zone d’investissement : l’Europe (avec une dominante imposée à 75% de France). Un nombre limité de titres ou de fonds sont donc éligibles au PEA

Le compte titres quant à lui nous ouvre les portes du monde entier, sans limite… mais sans avantage fiscal.

► Comment faire pour choisir ?

Si vous débutez et que vous êtes Français, je ne saurai trop vous conseiller d’opter pour le PEA. Outre son avantage fiscal il vous obligera à ne vous concentrer que sur une zone, déjà suffisamment active et sur laquelle il y a des potentiels de gains importants.

Si vous êtes ambitieux et surtout, si vous avez du temps libre (il faut pouvoir suivre les marchés financiers internationaux…) le compte titres vous permettra d’acheter des titres tels que « Facebook » par exemple.

2. Choisissez bien où domicilier votre contrat

Vous avez là 3 possibilités :

  • La banque en ligne : c’est évidemment le choix auquel on pense en premier. Outre les publicités permanentes que vous recevez, cette solution est également économique (frais réduits) et vous permet d’avoir la main et d’être libre de gérer comme vous l’entendez… nous y reviendrons plus tard.
  • Votre banque classique : même si cette option tend à se réduire face à l’offre internet, les banquiers ont encore des objectifs d’ouverture de produits de ce type et seront tentés de vous proposer d’en ouvrir un. Gare à ce que le banquier y mettra. Evitez à tout prix les actions ou fonds de la banque. Souvent peu performants, ils servent les intérêts du banquier et non pas les vôtres.
  • Un conseiller indépendant : le conseiller indépendant n’a pas de produits maisons à vendre et son objectif est directement lié au vôtre : performer. Plus vous gagnez, plus il gagnera. De plus son expérience et son suivi quotidien des marchés financiers devrait normalement augmenter vos chances de réussite. Sachez que les services d’un conseiller indépendant sont souvent moins élevés qu’une faible performance seul(e), j’entends sans aucun frais.
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3. Gérer seul ou déléguer la gestion ?

Là encore se pose un choix important qui sera déterminant pour la suite et conditionnera la performance finale. Allez vous gérer seul ou confier la gestion à un professionnel ?

Que les choses soient claires : si vous voulez gagner en bourse, il faut suivre en permanence ce qui s’y passe, mais également suivre l’actualité, les évènements, les annonces. Sachez qu’une information que vous entendez à la radio (exemple : la société X rachète la société Y) a déjà eu son effet sur les marchés et vous serez donc passé, en partie du moins, à côté de l’impact haussier ou baissier sur le titre.

Vous ne pouvez pas vous contenter d’ouvrir un contrat, d’y verser des liquidités, de prendre des positions et d’aller voir de temps en temps. Bien évidemment, vous pouvez acheter des titres de grandes sociétés du CAC 40 et les laisser se valoriser dans le temps, vous avez relativement peu de risque de perdre de l’argent dans le temps ; mais ce n’est pas comme cela que vous réussirez de beaux et « gros coups ». Certains investisseurs chevronnés, achètent et vendent plusieurs fois dans la même journée le même titre. Si vous faites ce choix, restez derrière votre écran

Vous préférez déléguer : confier la gestion et le suivi de votre contrat (PEA ou compte titres) à un indépendant habilité et intéressé à la performance.

4. Actions ou fonds ?

Vous avez donc choisi votre support, votre hébergeur et le type de gestion (vous-même ou délégué). Il faut à présent savoir ce que vous allez y mettre dans ce contrat. Sachez que la Bourse ne se limite pas aux seules actions mais offre un panel de « véhicules d’investissement » aussi large que les risques peuvent être grands : trackers, options, turbos etc… un bon conseil : évitez ces supports si vous n’êtes pas initié ou prêt à perdre au moins la totalité de la somme investie.

Compte tenu du titre de ce guide, je ne vais ici aborder que les deux grandes familles les plus largement répandues au demeurant : les actions (appelées également « titres vifs ») et les fonds (appelés également « unités de compte » ou « OPCVM »).

Les fonds sont des paniers d’actions. Donc en investissant dans un fonds, vous investissez indirectement dans une multitude de sociétés. Ces supports très utilisés dans la gestion de patrimoine permettent non seulement de lisser le risque (on est plus exposé sur un seul titre, mais sur un panier plus vaste) mais également et surtout de confier la performance de fonds à un gérant de fonds et son équipe qui ont, eux aussi un intérêt direct à ce que le fonds performe au maximum.

CONSEIL DE PRO : privilégiez les fonds dont le gérant détient une part significative du fonds personnellement (investissement personnel donc intérêt direct). Cette information est communiquée et accessible. Avec un pilote directement impliqué, on augmente ses chances. Si vous gérez vous-même votre contrat, de nombreux sites internet donnent accès aux performances, ratings, analyses, comparatifs pour vous aider à décider au mieux.

5. Raisonnez-vous

Si vous préférez les actions, plus directes, plus lisibles, n’agissez pas avec le cœur, mais uniquement avec la tête. Et ce n’est pas parce qu’une société fait de bons produits ou se porte bien qu’elle va nécessairement se valoriser en bourse. Du moins pas en continu. Une simple annonce peut faire varier le cours de Bourse. Comme pour les fonds, surtout diversifiez.

6. Fixez-vous des objectifs

C’est certainement l’exercice le plus difficile pour un non initié : ne pas se laisser galvaniser par une embellie de marché. En une semaine vous avez vu le cours de bourse de l’un de vos titres bondir de plus de 7% et vous vous sentez pousser des ailes. Erreur. Le marché lui ne fera pas dans l’émotion et coupera sèchement ses positions d’un coup pour encaisser ses gains… lui. Personnellement, j’aime bien le seuil des 5%. A 5% de plus values, vous vendez une partie de votre position et ainsi de suite. Bien évidemment, ce montant de 5% doit tenir compte de la durée de détention : faire 5% sur une position en 1 mois est très bien ; mais cela ne s’appliquerait pas forcément sur une position détenue depuis 3 ans par exemple.

Si vous respectez votre objectif de rendement, vous serez toujours gagnant (faites la même chose à la baisse).

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7. Investissez progressivement

Ne foncez pas tête baissée sans analyser. Les marchés financiers fonctionnent selon des règles et des principes mathématiques et sont utilisés par des matheux (ingénieurs pour la plupart). Prenez le temps de vous familiariser avec l’environnement ; étudiez votre capacité à gérer les fluctuations. Savez-vous rester concentré et objectif ou les mouvements de marché altèrent-ils votre jugement ?

Investir progressivement permet aussi de vous découvrir en tant qu’investisseur boursier.

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8. Soyez opportuniste

Vous allez penser que ce point est en contradiction avec le précédent. Je m’explique. Vous avez par exemple étudié la prochaine introduction en bourse d’une société dont vous connaissez bien le secteur (ou que vous avez bien étudié). Vous êtes convaincu par le modèle, le produit et le concept. Le prix d’introduction est faible (moins de 10€). Vous avez une profonde conviction OBJECTIVE que ce titre va cartonner : alors allez-y et prenez des titres. Surtout pas tout mais prenez-en et fixez vous un objectif qui pourrait être plus ambitieux sur 6 mois par exemple.

De même c’est quand le CAC 40 est à 4000 points que l’on doit acheter, pas quand il est à 5500.

9. Informez-vous

Vous avez pris vos positions ; maintenant tenez vous informé. Tout ce qui se passe en France, en Europe ou dans le monde peut avoir un impact sur les marchés (et pas forcément celui auquel vous vous attendez). Exemple : une baisse du baril de pétrole pourrait faire monter l’action Michelin (les pneus sont faits à partir de pétrole).

10. Diversifiez

Je termine par cela, mais j’aurai presque pu commencer par ce point : diversifier est certainement ce qu’il y a de plus évident, mais nous sommes toujours étonnés de voir à quel point les personnes que nous rencontrons ont des positions concentrées. Inutile de dire qu’en bourse la concentration peut couter chère ; voire être fatale (eurotunnel, natixis etc). Ne vous positionnez pas sur un seul titre ou un seul secteur d’activité. Vous pensez que le secteur pharmaceutique européen est bon (et vous avez raison), très bien, positionnez-vous dessus, mais couvrez-vous avec une autre position.

De même d’ailleurs si vous avez des convictions fortes sur un secteur d’activité en général, positionnez vous sur plusieurs titres. C’est là d’ailleurs que les supports de type fonds dits « sectoriels » prennent tout leur sens.

Conclusion

J’espère que ce guide vous sera utile et vous permettra de réaliser de belles plus values en Bourse. N’oubliez pas que la bourse n’est pas un « jeu » et que l’on ne « joue » pas en Bourse. C’est une activité à temps plein qui requiert de la rigueur et qui procure également de vives émotions, haussières ou baissières. Spéculativement vôtre.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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