Bourse : quels sont les fonds alternatifs au fond euro ?

Visa expert

L’article « Bourse : quels sont les fonds alternatifs au fond euro ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Par Stéphane van Huffel - Vu 938 fois

Stéphane van Huffel, cofondateur de Net-investissement.fr, se prête au jeu des questions - réponses sur BFM Business, lors de l'émission Intégrale Placements présentée par Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer. Le sujet du jour : quels sont les fonds alternatifs au fonds euro ?

Bourse : quels sont les fonds alternatifs au fond euro ?

Cédric Decoeur : Dans ce monde un petit peu incertain avec notamment des marchés quelque peu difficiles, il va falloir tout de même trouver des pistes d’investissements pour maintenir une certaine forme de diversification dans votre patrimoine. Pour nous guider, Stéphane van Huffel, cofondateur de Net-investissement.fr. Il va falloir accepter un peu de risque mais trouver de la sécurité face à des marchés qui parfois nous donnent des sueurs froides. Comment justement sentez-vous le marché en ce moment ?

Stéphane van Huffel : la tendance que l’on constate depuis le début de l’année et même un peu en 2014, c’est qu’il y a eu un marché actions extrêmement haussier donc on savait que cela allait se calmer. Mais on ne pensait pas avoir un été si agité. C’est le symbole qu’il faut toujours être dans une certaine recherche d’innovation, qu’elle soit fiscale, au niveau du rendement, de la sécurité. La « mode » des 18 derniers mois était que les CGP avaient tendance à travailler sur les fonds dits « flexibles » qui par excellence sont des fonds faits pour la volatilité. Ces fonds devraient en théorie subir moins en saisissant des opportunités. Aujourd’hui, on est tout à fait dans cette optique là et on doit aller chercher des opportunités.

CD : Donc aujourd’hui comment orchestre-t-on les choses ? Parce que les fonds flexibles ont été chahutés ces derniers temps

alternatifs au fond euro

SVH : Il faut savoir que l’on a eu un «alignement des planètes» négatifs cet été car le marché obligataire, le marché actions et celui des changes ont été chahutés tous les 3 cas, donc les grands fonds (Carmignac par exemple) ont forcément subi des pertes dans tel ou tel secteur. Et comme tous les marchés ont été difficiles, il n’a pas été évident de travailler pour équilibrer son portefeuille. Mais ces grands fonds continuent à restructurer leurs actifs et vont forcément redonner des « bons fruits ». Parce que le principe du fonds flexible, c’est de se restructurer en période difficile pour récupérer ce qu’il a perdu.

CD : Donc l’idée est de se maintenir dans la diversification et donc accepter d’avoir une part de risque, tout en cherchant du rendement. Donc aujourd’hui quelle serait la recette qui viendrait nous donner tout cela ?

SVH : En préambule, j’attire votre attention que ce conseil ne doit absolument pas concerner la majeure partie d’un portefeuille (5 à 10% maximum) car il y a un risque important. Aujourd’hui il faut trouver une alternative au fonds euro qui ne va plus donner assez de rendement d’ici 2 à 3 ans. Dans tous les cas (avec un fonds flexible, une action, une obligation) votre capital n’est pas garantie. Donc on « oublie » cette peur et on part du principe que cette garantie du capital ne va plus exister. Car elle coute trop cher et met en danger celui qui vous la donne. En effet, quand un assureur vous garantit contractuellement contre un risque, cela signifie qu’il le prend à sa charge. Cela ne veut pas dire que le risque n’existe pas, cela veut dire que si le risque devient systémique c’est l’assureur qui prendra l’eau. Cela s’est vu avec des gros acteurs comme AIG qui a failli faire faillite en 2008.

Fonds en euros : bémols

  • Rendement faibles voire nuls à court terme
  • De moins en moins proposés par les assureurs
  • Risques existants

Pour revenir au sujet, nous préconisons de revenir sur les fonds structurés car aujourd’hui nous ne sommes plus dans une recherche de rendement pur mais plutôt dans la protection de son capital. Les fonds structurés donnent cette possibilité de vous offrir un rendement plus important que le fonds euro (5% à 8%) sur des durées assez longues et surtout avec des effets de seuil qui vous protègent contre des pertes de rendement, puis contre une perte de capital. Et tout cela avec une vraie visibilité.

Fonds structurés : qu’est-ce que c’est ?

  • Fonds indiciels : Euro Stoxx 50
  • Utilisé comme unité de compte au sein d’un contrat d’assurance-vie

Exemple : prenons un fonds structuré Euro Stoxx50 (indice type CAC40). C’est un fonds qui promet 6% par an sur 10 ans. Si jamais le fonds est positif, à chaque date anniversaire vous pouvez sortir du fonds avec vos 6%. Si le fonds est négatif, jusqu’a -20%, vous touchez quand même les 6% mais vous restez investi. Si le fonds est entre -20% et -40%, vous ne touchez rien mais vous restez investi (vous n’avez dans ce cas rien gagné, rien perdu). Et dernier cas, si le fonds à la date anniversaire est à -40% (ou plus) vous perdez du capital. Donc dans le pire cas de figure, si au bout de 10 ans, le fonds est à -40%, vous perdez 40% de votre capital. Sinon votre capital est protégé.

Fonds structurés : les avantages

  • Rendement : 6 à 8%
  • Perte du capital seulement au-delà d’une baisse importante
  • Liquidité

GS : Dis comme cela, ça a l’air effectivement très attractif mais c’est tout de même un produit très sophistiqué et régulièrement les CGP disent à leurs clients : « N’investissez pas dans des placements que vous ne comprenez pas réellement ». Cela semble être le cas non ?

SVH : Alors attention, il y a deux sortes de produits structurés. Tout d’abord, les produits structurés sur des poches actions obligataires. Ce sont là les produits sophistiqués et c’est la-dessus que l’AMF a réagi en limitant le nombre de référents que peut prendre le « structureur ». Cela ne concerne pas du tout les produits dont je parle. Les ETF (fonds indiciels) sont réellement très utilisés aujourd’hui. Les deux plus gros structureurs en France sont des filiales de la Société Générale et de la BNP. Ce sont des produits qui ne sont pas si compliqué.

GS : Les frais sont-ils plus élevés que dans un tracker ?

SVH : Cela dépendra du produit mais théoriquement oui.

GS : Donc je ne suis pas sûr de mes gains mais je suis sûr des frais je vais payer ?

SVH : En fait vous êtes sûrs de votre seuil de perte et c’est toute la différence. Il faut savoir que le produit est structuré comme un fonds euro donc il n’y a rien de nouveau à ce niveau là. Donc aujourd’hui la question que vous pouvez vous poser est « Est-ce que je parie de me garantir 6% de rendement contre une perte possible de -40% ou avoir une garantie contractuelle de 2,40% sur un fonds euro ? ».

CD : Le problème avec ce produit est que l’on connait la durée maximum d’investissement mais pas la durée réelle n’est-ce pas ?

SVH : SVH : Exactement. Et c’est pour moi une des faiblesses de ce type de placement. En fait il y a deux types de faiblesses. La seconde est que dans le cas où les marchés «explosent » de nouveau comme en 2014 et dans le 1er semestre 2015, le gain est limité au coupon qui vous a été promis. Vous ne bénéficierez pas de la hausse particulière.

Fonds structurés : bémols

  • Pas de garantie en capital contractuelle
  • Méconnaissance de la durée exacte de l’investissement à l’avance
  • Limite de rendement en cas de hausse au-delà du coupon prévu

Net-investissement.fr sur BFM Business le 8 septembre 2015

CD : Voilà, tout est dit. Les fonds structurés sont peut-être une alternative intéressante au fonds euro comme nous venons de le voir. A étudier donc pour la diversification de votre portefeuille. Merci Stéphane van Huffel, cofondateur de Net-investissement.fr.


À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides