Comment investir en cas de volatilité sur les marchés ?

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Par Chloé Ballester
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L’article « Comment investir en cas de volatilité sur les marchés ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

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La volatilité mesure l’amplitude des variations de la valeur d’un actif financier. La volatilité des marchés est donc un indicateur des fluctuations, haussières et baissières, de forte ou de faible intensité, qui animent ces marchés. Si la volatilité est donc communément connue pour refléter le "risque" lié à un marché ou un actif boursier, n’oublions pas qu’elle mesure avant tout une variation par rapport à un cours moyen (bravo, vous avez reconnu "l’écart type" mathématique !).

Ainsi plus la volatilité sera élevée plus les probabilités de pertes mais aussi de gains seront élevés !

Il existe des indicateurs de la volatilité des marchés : l’indice VIX (Volatility Index) pour l’indice S&P 500, le VStoxx pour l’Euro Stoxx 50 ainsi que le VCAC pour le CAC 40.Le VIX mesure une volatilité "projetée". Son mode de calcul donne une indication sur l’évolution de la volatilité ou plutôt de l’anticipation que les investisseurs en ont. En cela il mesure la "peur" du marché, ce qui lui vaut le surnom "d’indice de la peur".

Si initialement la volatilité est un indicateur de risque, elle est aussi devenue ces dernières années une classe d’actifs à part entière et a vu nombre d’instruments financiers se développer pour permettre d’y investir. En ce début d’année, l’indice VIX qui n’avait pas dépassé les 18 points en 2017 a connu la plus importante hausse journalière de son histoire, atteignant les 50 points, son plus haut niveau depuis 2009. Dans son sillage les indices VSTOXX et VCAC ont suivi la même tendance.

L’ampleur et la soudaineté de cette envolée de la volatilité ont surpris le marché. Il faut dire que la volatilité avait jusqu’alors quasiment disparu, sous l’effet des politiques monétaires accommodantes des banques centrales. La voici donc qui fait son grand retour !

Alors faut-il "jouer la volatilité" ? Et si oui, comment ? Quels sont les impacts de cette nouvelle donne sur le marché actions ? Quelles opportunités offre-t-elle ? A contrario comment se protéger des fluctuations du marché lorsque l’on cherche un investissement prudent ? Nous avons rédigé ce guide afin de vous aider à y voir plus clair et vous permettre d’appréhender au mieux ce nouveau contexte de marché.

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Sommaire


1. La volatilité, un actif à part entière

Nous l’avons dit, la volatilité est devenue une classe d’actifs à part entière. Pour qui souhaiterait investir sur ce marché, quels sont les instruments financiers à disposition ?

Les trackers ou ETF (Exchanged Traded Fund)

Comme cela se fait communément pour d’autres marchés, les ETF vous offrent la possibilité d’investir sur celui de la volatilité.

Jusqu’à ce début d’année, la stratégie consistant à parier sur la baisse de la volatilité, (stratégie "short vol" ou vendeuse de volatilité), s’est avérée particulièrement rentable : sur cette thématique, le tracker XIV de Crédit Suisse a vu sa valeur augmenter de plus de 800% entre 2006 et 2008 ! Passant ainsi de 16$ à 144$... pour finir par s’effondrer en ce début d’année autour des 5$.

Début février, la hausse brutale du VIX a engendré de très lourdes pertes pour les investisseurs ayant misé sur ces stratégies et a alimenté la baisse des marchés. Si ce retournement de marché a sonné le glas des stratégies vendeuses de volatilité, est-ce pour autant le moment de jouer la hausse de la volatilité ? Cela paraît peu probable.

Si depuis février la volatilité a baissé, elle reste cependant à un niveau relativement élevé. Difficile donc de parier sur une hausse potentielle. Qui plus est, la détention de ces instruments financiers a un coût. Ce qui signifie qu’attendre que votre pari haussier se réalise vous coûte de l’argent.

Ainsi, si la volatilité stagne, ou, pire encore, si elle venait à baisser, cette stratégie pourrait s’avérer particulièrement coûteuse ! Certains l’ont appris à leurs dépens durant ces deux dernières années.

Les options

B.A- ba des produits dérivés, les options permettent de mettre en place des stratégies "acheteuses de volatilité ". Ces stratégies ne prennent pas de paris sur la hausse ou la baisse de l’actif sous-jacent mais sur sa fluctuation, qu’elle qu’en soit la direction.

Par quels mécanismes ?

Un call est une option d’achat : elle donne le droit d’acheter, dans le futur, à une date déterminée, une action dont le prix aura été fixé au départ. Si à date, (dite de "strike"), le prix de cette action sur les marchés est supérieur à celui fixé par l’option, l’investisseur est donc gagnant, puisqu’il aura le droit d’acheter cet actif moins cher. A contrario, si la valeur de l’action a baissé, l’investisseur n’exercera pas son option et aura juste perdu le prix de l’option (appelé "premium").

L’acheteur de "call" pari donc sur une hausse de l’action concernée. L’acheteur de "put", lui, pari sur sa baisse.

Le put, donne le droit de vendre, dans le futur, à une date déterminée, une action dont le prix aura été fixé au départ. Il sera donc gagnant s’il vend à prix supérieur à celui du marché. A l’inverse, tout comme pour le call (l’investisseur n’exercera pas son option), il perd le premium.

Ainsi une stratégie simple "acheteuse de volatilité" consiste à acheter un call et un put d’échéance et de prix d’exercice identique. En cas de hausse, le gain se fera sur le call en contrepartie de la perte du premium sur le put. Et inversement.

Le risque inhérent à cette stratégie est donc celui d’un sous-jacent qui reste "flat". Si ce dernier reste stable, l'investisseur perd à la fois, le premium du put et le premium du call. C'est en cela que cette stratégie "achète" de la volatilité.

Si ces instruments financiers sont accessibles à des investisseurs particuliers, il nous paraît toutefois nécessaire de rappeler que les options, comme tous les produits dérivés, ne sont à conseiller qu’à des investisseurs particulièrement avertis. Outre leurs complexités, l’effet de levier induit par leur mécanisme fait que les gains, autant que les pertes, peuvent vite s’envoler...

Mais rassurez-vous, le retour de la volatilité offre de belles opportunités dans la gestion traditionnelle également !


2. Le retour de la volatilité : une opportunité pour investir sur le marché actions

Nous faisons volontiers l’association entre volatilité et risque, l’incertitude étant envisagée comme un danger. Pourtant, prendre un risque ne signifie pas que l’on va avoir un accident ! Prendre un risque peut vous faire perdre mais c’est aussi et avant tout vous donner une chance de gagner.

Par ailleurs, pour qui veut spéculer, comment espérer tirer profit d’un marché sans volatilité ("flat" ou "plat") ? Avez-vous déjà essayé de prendre de la vitesse sur une piste verte ? Le relief est plat, sans risque, mais vous n’avancez pas.

Comme tout investissement, l’investissement boursier demande un minimum de variations pour être rentable : vous êtes gagnant si vous arrivez à vendre significativement plus cher que le prix auquel vous avez acheté. Autrement dit si vous réussissez à entrer "au plus bas" pour sortir "au plus haut".

Alors oui, le retour de la volatilité est une bonne nouvelle !


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Pour profiter de ces nouvelles opportunités de marché, les plus aguerris d’entre vous choisiront peut-être d’investir sur des titres vifs en procédant eux-mêmes à la sélection de valeurs. Cela peut être aussi passionnant que rentable. Mais n’oubliez pas, d’une part, qu’une certaine connaissance du marché est nécessaire et d’autre part qu’il faut pouvoir y consacrer du temps (suivi continu et veille macro et micro économique).

Alors que faire lorsque l’on a, ni les compétences, ni le temps, ni l’envie de faire sa sélection de valeurs soi-même ? On s’en remet à des professionnels. Vous n’avez pas de convictions ? Eux en ont. Vous ne connaissez rien au marché ? Ce sont des experts. Eux, ce sont les gérants de fonds ou OPC (Organisme de Placement Collectif) des grandes maisons de gestion. Gestion de convictions, fonds thématiques, c’est le moment de vous offrir les services des meilleurs gérants de placements collectifs.

Pour la poche allouée à la gestion dynamique de votre épargne, vous pouvez ainsi choisir des fonds 100% actions : ils vous offrent une exposition totale au marché en bénéficiant de l’expertise des meilleurs gérants de la place, que vous choisissiez d’investir sur le marché français, européen ou international.

Certains gérants choisissent des biais d’investissement thématiques. Axés sur un thème ou secteur d’activité spécifique, les fonds thématiques sont construits par définition de manière transversale (diversité des localisations et des tailles d’entreprises notamment). Cette grande souplesse offre une fabuleuse capacité d’adaptabilité dans le temps. Face aux mouvements de marchés le gérant peut rester concentré sur ses axes stratégiques de départ même en cas de retournement, ce qui offre aux investisseurs une relative protection en cas de turbulences ciblées. Parmi eux, Pictet Water, Pictet Security ou encore Sycomore Happy at Work, font partie de notre sélection.

Si le retour de la volatilité présente de belles opportunités, votre profil de risque comme votre horizon de placement vous poussera peut-être à vouloir vous en protéger. Pas d’inquiétude, là encore certains OPC vous offrent un large panel de solutions afin d’être investi sur les marchés tout en maîtrisant la volatilité de votre placement.


3. Fonds diversifiés flexibles et fonds patrimoniaux : maîtrise de la volatilité et recherche de performance

Les fonds diversifiés présentent de véritables atouts et s’avèrent nécessaires dans toutes allocations financières, prudentes ou offensives. Alliant flexibilité et réactivité, ces fonds se distinguent par un univers d’investissement large composé d’actions, d’obligations et de produits de taux, généralement sans subir de contraintes de secteurs ou de zones géographiques.

Grâce à cette liberté d’investissement, les fonds diversifiés offrent un couple rendement/risque particulièrement attractif.

Certains de ces fonds vont utiliser une stratégie dite "long/short", visant à générer une performance positive quelles que soient les tendances du marché, haussières ou baissières. Cette stratégie consiste à acheter un actif X (position "long") et à vendre un autre actif Y (position "short"). La performance ne dépend pas du sens de variation des marchés mais d’une certaine volatilité.

Grâce à une grande maîtrise de la volatilité et du fait de leur vocation patrimoniale, nombres de ces OPC sont parfaitement adaptés à une gestion de "bon père de famille" voir à une gestion prudente.


4. Les produits structurés

Classe d’actifs à part entière, les produits structurés peuvent aussi bien convenir à un profil prudent que s’intégrer à une gestion offensive. Selon leurs mécanismes, ces fonds vont soit permettre de sécuriser le capital soit d’augmenter l’exposition au risque et donc à la performance.

Ces produits sont des "fonds à formule" ou "fonds à promesse". On parle également de "produits hybrides" car les fonds structurés font appel à deux types de placements : des placements non risqués de type obligataires, permettant de sécuriser voir de garantir le capital et des placements plus risqués de type options pour dynamiser le rendement.

La valeur d’un produit structuré est calculée en fonction de l’évolution d’un sous-jacent, généralement une action, un panier d’actions ou un indice boursier. La durée de vie de ces produits est généralement limitée. A l’échéance du produit, l’investisseur récupère son capital, majoré ou minoré en fonction de la performance du sous-jacent.

Par le biais des options (cf supra), les produits structurés pourront parier sur le niveau de volatilité du marché sans avoir à se positionner sur son sens.

L’éventail de solutions offert par ce type de produits est extrêmement large en permettant la mise en place de stratégies plus complexes que les fonds de gestion traditionnelle. Il est même possible, passé un certain seuil d’investissement, de vous construire un produit structuré sur mesure.


Conclusion

Afin de définir quel comportement adopter en cas de volatilité sur les marchés, il est nécessaire, au préalable de bien définir votre profil investisseur. Quel est votre objectif ? Quel est votre horizon de placement ? Quelle est votre appétence pour le risque ? Ces questions sont primordiales afin de bien appréhender les nombreuses solutions qui s’offrent à vous. Les pertes sur le marché sont le plus souvent le résultat non pas d’une forte volatilité mais d’un comportement inadéquat : vouloir entrer sur un marché alors que celui-ci est déjà haut, sortir précipitamment après une baisse et, se faisant, réaliser une perte...

En plus du choix des supports, les moments que nous choisissons pour entrer ou sortir du marché sont donc décisifs. Sécuriser ou dynamiser vos plus-values ou multiplier les points d’entrée en effectuant des versements programmés sont autant de mécanismes qui peuvent s’avérer judicieux.

Dans ces moments de forte volatilité, il faut savoir raison garder. Ces périodes nécessitent alors plus que jamais l’accompagnement d’un professionnel de la gestion de patrimoine. N’hésitez donc pas à vous rapprocher de l’un des spécialistes Netinvestissement qui vous permettra de bien définir vos besoins et d’élaborer avec vous la stratégie qui convient.

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À propos de l'auteur

Chloé Ballester , Directrice de Cabinet

Formée à l’ESC Toulouse, spécialisation banque et marchés financiers, Chloé Ballester débute sa carrière professionnelle en 2006 au sein d’une société de gestion de portefeuille dans la branche gestion d’actifs. Elle y occupe des fonctions de développement commercial auprès d’un réseau de Conseillers en Gestion de Patrimoine indépendants.

En 2011, elle rejoint la filière Banque Privée du 2ème groupe bancaire français et étoffe ses compétences en gestion privée et gestion de fortune.

Son savoir-faire et son expertise lui permettent d’apporter une approche sur-mesure pour structurer et optimiser les actifs financiers en pensant le patrimoine de ses clients dans leur globalité.

Poussée par son désir d’indépendance et d’évolution, elle s’associe tout naturellement en 2018 au groupe Wast & Van au sein duquel elle prend la direction de Netinvestissement Méditerranée avec Albin de SALIES.

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