Défiscalisation 2018 : comment réduire ses impôts dès cette année ?

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Par Stéphane van Huffel
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L’article « Défiscalisation 2018 : comment réduire ses impôts dès cette année ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

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L’année 2018 est une année particulière à tous les égards d’un point de vue patrimonial et fiscal. Le Projet de Loi de Finance (PLF) a, dès la fin 2017, rebattu les cartes de bien des secteurs de l’épargne et de la taxation des français, et l’entrée en vigueur de la quasi-totalité des réformes proposées par l’équipe gouvernementale marque un vrai changement dans l’approche du patrimoine des contribuables hexagonaux.

Dans ce nouvel environnement qui fait la part belle à l’investissement en capital, quelle place est réservée aux solutions permettant de réduire votre facture fiscale ? En effet, payer moins d’impôts reste encore l’une des problématiques patrimoniales des épargnants qui souhaitent optimiser leur stratégie de placement.

Ce guide va vous permettre de faire le point sur les modifications 2018 et de voir comment réduire vos impôts dès cette année. La méthodologie reposera sur un rappel de quelques définitions de base, puis sur l’approche des grandes familles et solutions vous permettant d’agir sur votre fiscalité.

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Sommaire


1. Rappel

Tout d’abord, vous devez vous rappeler qu’il existe plusieurs formes d’optimisation fiscale, dont les plus connues sont la réduction directe, la déduction indirecte et le crédit d’impôt.

La réduction consiste à soustraire directement du montant de votre impôt à payer une somme forfaitaire à laquelle vous avez droit. C’est un mécanisme très efficace qui peut vous permettre d’effacer totalement votre impôt.
Exemple : vous payez 5 000€ d’impôts et vous avez droit à une réduction forfaitaire de 4 500€. Vous ne devrez plus à l’administration fiscale que 500€ cette année-là.

La déduction consiste à déduire de votre revenu imposable, avant calcul de votre impôt, une somme à laquelle vous avez droit. Le mécanisme est moins efficace mais il permet tout de même de réduire au final votre impôt puisque votre assiette de calcul de celui-ci se trouve réduit.
Exemple : vous déclarez 50 000€ de revenu imposable et vous bénéficiez d’une déduction de 10 000€ cette année-là. Le calcul de votre impôt, sur la base de votre droit au quotient familial et de votre tranche marginale d’imposition (TMI), se fera donc sur 40 000€. Ce qui va forcément réduire votre facture fiscale cette année-là.

Le crédit d’impôt consiste en un droit à réduction qui, si celle-ci dépasse le montant de votre impôt à payer cette année-là, vous permet d’être « remboursé » par l’administration du solde. Il s’agit du mécanisme le plus efficace.
Exemple : vous payez 5 000€ d’impôts et vous avez droit à une réduction d’impôt forfaitaire de 6 000€ cette année-là. Non seulement vous ne paierez pas d’impôt cette année-là mais l’administration vous fera bénéficier d’un crédit d’impôt de 1 000€ et vous « remboursera » donc cette somme.

2. Vous souhaitez réduire votre impôt de façon ponctuelle

Pour de nombreuses raisons (primes exceptionnelles, résultats en hausse, indemnités etc.) certains d’entre vous ont besoin parfois de réduire leur facture fiscale de façon ponctuelle. Vous pouvez pour cela utiliser quelques mécanismes simples et efficaces.

• Les FIP : les Fonds d’Investissement de Proximité sont des fonds communs de placement à risque dont au minimum 60% des sommes sont investies au capital de sociétés régionales non cotées. En investissant comptant dans un FIP vous bénéficiez d’une réduction immédiate de votre impôt de 18% du montant engagé avec un plafond d’investissement de 12 000€ pour une personne seule et 24 000€ pour un couple. Soit une réduction d’impôt maximale de 2 160€ ou 4 320€ (12000 x 18% et 24000 x 18%).

L’astuce : si vous choisissez d’investir dans une FIP « Corse » vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 38% avec les mêmes plafonds soit 4 560€ maximum pour une personne seule et 9 120€ pour un couple (12000 x 38% et 24000 x 38%). La réduction peut même atteindre 42% pour les FIP « Outre-Mer ».

Attention cependant au risque de perte de votre capital puisqu’il s’agit de placements à risque sans aucune garantie. De plus, vous devez détenir vos parts de FIP pendant 5 ans pour bénéficier de l’avantage fiscal et être exonéré d’imposition sur le revenu (IR) lors de la revente de celles-ci.
La réduction FIP entre dans le plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.

• Les FCPI : les Fonds Communs de Placement pour l’Innovation sont des fonds communs de placement à risque dont au minimum 60% des sommes sont investies au capital de PME et PMI non cotées et innovantes. En investissant comptant dans un FCPI vous bénéficiez également d’une réduction immédiate de votre impôt de 18% du montant engagé avec un plafond d’investissement de 12 000€ pour une personne seule et 24 000€ pour un couple.

Comme pour les FIP, vous ne bénéficiez d’aucune garantie en capital et le risque de perte est donc important. Vous devez également attendre 5 ans pour revendre vos parts afin de profiter de la réduction d’impôt et ne pas payer d’IR à la sortie. La réduction FCPI entre dans le plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.

• Les SOFICA : investir dans une Société de Financement d’œuvres Cinématographiques ou Audiovisuelles vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôt immédiate de 30% du montant engagé, dans la limite de 25% de votre revenu imposable et d’un plafond annuel de 18 000%. Soit une réduction d’impôt maximale de 5 400€ (18000 x 30%).
L’astuce : certaines SOFICA, rares, permettent de bénéficier de taux de réduction supérieurs (36% et 48%) car elles investissent dès la première année suivant la collecte en production directe ou dans l’exportation d’œuvres audiovisuelles françaises pour une diffusion internationale.

Attention bien entendu au niveau de risque élevé de ce type d’investissement. Vous ne bénéficiez d’aucune garantie en capital et les perspectives de rendement à la revente sont limitées. De plus, vous devez vous engager à garder vos parts là aussi 5 ans.

La réduction SOFICA entre dans le plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.

3. Vous souhaitez réduire votre impôt dans le temps tout en gardant de la flexibilité

Pour ceux d’entre vous qui cherchent à défiscaliser régulièrement mais sans connaître exactement le montant à engager ou qui veulent garder de la flexibilité dans leur trésorerie, il existe également des solution adéquates. Ces solutions sont, de plus, de vrais leviers de constitution de rentes afin de préparer au mieux votre retraite.

• Le PERP : le Plan d’Épargne Retraite Populaire a été créé en 2003 (Réforme Fillon) en remplacement du PEP (Plan d’Épargne Populaire) pour inciter les particuliers à épargner dans le but de se créer des rentes complémentaires de retraite. Plusieurs fois modifié depuis, il est devenu un placement incontournable pour les épargnants qui souhaitent à la fois réduire leur facture fiscale tout en préparant la fin de leur vie active. Il fonctionne sous forme de capitalisation, un peu comme une assurance-vie avec la possibilité de bénéficier d’une vraie gestion financière des sommes investies.

La sortie du PERP se fera lors de votre départ à la retraite sous forme de rente viagère mais vous pouvez bénéficier d’une sortie en capitale à hauteur de 20% maximum.
L’intérêt fiscal du PERP réside dans la possibilité pour vous de déduire de votre revenu imposable jusqu’à 10% de votre revenu professionnel, limité à 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS qui était de 3 922€ en 2017).

Lors de votre départ à la retraite, vous déclencherez les rentes qui seront alors soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

L’astuce : de nombreux PERP offrent des options de réversion ou d’annuités garanties pour vous protéger et protéger vos proches.

Attention : la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019 implique que l’année 2018 sera une « année fiscale blanche ». Vous ne pourrez donc pas déduire vos versements sur le PERP de vos revenus, sauf cas exceptionnels. Si vous ne possédez pas encore de PERP, nous vous conseillons d’attendre janvier 2019 pour en ouvrir un. Si en revanche vous êtes déjà détenteur d’un PERP et que vous avez versé des sommes dessus en 2017, l’administration vous imposera de maintenir un versement en 2018, condition sine qua non de la possibilité pour vous de déduire vos versements 2019.

• La loi Madelin : ce dispositif permet aux Travailleurs Non-Salariés (TNS) qui versent annuellement des sommes sur leur contrat dit Madelin, de bénéficier également d’une déduction de ces versements. Cela dans le but de profiter d’un levier fiscal incitatif à la constitution d’une retraite complémentaire.

Cette déduction peut prendre la forme d’un forfait de 10% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS qui était de 3 922€ en 2017), quelque soit votre revenu professionnel, ou se calcule sur la base de 10% de votre revenu professionnel limité là encore à 8 fois le PASS, augmenté de 15% du revenu compris entre 1 et 8 PASS (39 228€ en 2017).

L’astuce : vous pouvez cumuler un contrat Madelin avec un PERP, voire avec un PERCO (abondé pour vous par votre employeur). Cependant, le plafond de la déduction Madelin sera alors amputé des versements ouvrant droit à déduction sur les autres supports.



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4. Vous souhaitez réduire votre impôt dans le temps

Puisque vous avez du temps et que vous recherchez des solutions défiscalisantes à moyen/long termes, nous ne pouvons que vous préconiser de vous intéresser aux options immobilières. Qu’elles soient basées sur des dispositifs de réduction ou sur des mécanismes de déduction, celles-ci impliquent un engagement dans le temps plus ou moins long mais offrent également des opportunités en matière d’incitations fiscales indéniables.

• L’immobilier ancien avec mécanisme du déficit foncier : lorsque vous achetez un bien immobilier ancien, vous pouvez déduire des loyers perçus de ce bien, non seulement les intérêts d’un éventuel emprunt bancaire, mais également l’ensemble des charges inhérentes à une telle opération (taxe foncière, frais de gestion, assurances, charges de copropriété etc.).

Mais vous pouvez également déduire l’ensemble des investissements en travaux d’amélioration et de réhabilitation que vous seriez amenés à faire. Ces montants engagés, ajoutés aux autres charges déductibles (intérêts, taxes, assurances etc.) s’ils dépassent le montant des loyers annuels perçus peuvent créer un déficit foncier déductible de votre revenu imposable dans la limite de 10 700€ par an.

Exemple : vous achetez un petit T2 que vous mettez en location. Dès la première année vous percevez 6 000 € de loyers auxquels vous soustrayez 3 000 € d’intérêts d’emprunt, 1 000 € de charges diverses et 7 000 € de travaux d’amélioration. Votre résultat foncier cette première année est donc de -5 000€ donc déficitaire. Vous pouvez déduire ces 5 000€ de votre revenu imposable d’activité. N’hésitez donc pas à bénéficier de ce type de mécanisme et si vous ne vous sentez pas de gérer une telle opération seul, des opérateurs spécialisés, partenaires de Netinvestissement, proposent des biens (foncier et travaux inclus) avec une intervention minime de votre part.

• L’immobilier neuf en loi PINEL : investir dans de l’immobilier neuf, bâtiment basse consommation (BBC) et mettre le bien en location à destination de résidence principale du locataire vous permet de bénéficier d’une réduction d’impôt étalée dans le temps. Selon que vous vous engagiez à louer le bien 6, 9 ou 12 ans vous pourrez bénéficier d’une réduction d’impôt de 12, 18 ou 21% du montant du bien immobilier, augmenté des frais de notaire. En contrepartie, vous devrez respecter un plafond de loyer fixé par décret et un plafond de ressources de votre locataire. Vous ne pourrez pas non plus investir plus de 300 000 € par an.

L’avantage fiscal est très attractif mais ce type de dispositif répond tout de même à des critères de bon sens. Soyez donc vigilants et n’hésitez pas à faire appel à nos spécialistes dans la sélection de votre solution.

Exemple : vous investissez 180 000 € dans un T2 à Bordeaux, avec 4 200€ de frais de notaire. Vous bénéficierez sur 9 ans d’une réduction globale de 33 156 € (soit 3 684€ par an). La réduction « PINEL » entre dans le plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.


• La loi Malraux : ce dispositif d’incitation vous permet de profiter d’une réduction d’impôt importante sur les montants de travaux d’amélioration et de réhabilitation que vous engagez pour un bien situé dans un Site Patrimonial Remarquable avec PSMV (Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur) approuvé, anciens Secteurs Sauvegardés, ou dans un Site Patrimonial Remarquable avec PVAP (Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine), anciennes ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager).

En 2018, cette réduction est de 30% pour les immeubles en PSMV et de 22% pour les immeubles en PVAP. L’enveloppe globale de travaux pour calculer votre réduction (30 ou 22%) est plafonnée à 400 00 € sur 4 années.

Ce dispositif étant très attrayant mais relevant de montages juridiques et fiscaux parfois complexes, faites vous accompagner dans la réflexion ou la mise en place d’un tel projet.
La réduction « MALRAUX » ne rentre dans le plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.

• Le mécanisme dit Monuments Historiques : en investissant dans un bien immobilier inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques et en effectuant des travaux d’amélioration et de réhabilitation, vous pouvez bénéficier de la déductibilité totale des frais et charges (y compris donc les travaux), sans plafonds, engagés dans cette opération. Cela vous permet d’effacer parfois la totalité de vos revenus imposables sur plusieurs années et donc de ne pas être imposé sur le revenu.

Attention, là encore, ce mécanisme demande une mise en place précise et un suivi de chantier drastique impliquant de vous faire accompagner dans la réalisation d’une telle opération.
L’avantage fiscal Monuments Historiques n’entre pas non plus dans la cadre du plafonnement des « niches fiscales » de 10 000€.

5. Complément d’information bon à savoir

N’oubliez pas que de nombreuses dépenses et charges du « quotidien » ouvrent droit à réduction, déduction ou crédit d’impôt. C’est le cas par exemple de l’emploi d’un salarié à domicile, des frais de garde d’un enfant de moins de 7 ans, des dons ou de certains travaux dans votre résidence principale. N’hésitez pas à faire le point sur ces opportunités afin d’améliorer votre facture fiscale.

Quant à ceux d’entre vous qui étaient assujettis à l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), n’hésitez pas à faire une mise à plat de votre situation patrimoniale avec l’un de nos spécialistes afin de mieux comprendre les actifs qui sortent de l’assiette du nouvel Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et sur les moyens de le réduire le cas échéant.

Conclusion

Une fois encore nous essayons à travers ce guide de vous donner quelques pistes à explorer pour optimiser votre situation patrimoniale par le spectre de l’impôt. Pour autant, rappelez-vous que s’il n’est jamais agréable de subir une lourde imposition, réduire sa facture fiscale n’est pas l’alpha et l’Omega d’une stratégie patrimoniale à long terme.

Vous devez avant tout poser à plat votre situation et votre besoin afin de définir au mieux vos objectifs et les moyens que vous pouvez mettre en œuvre pour les réaliser.

Dans ce cadre, n’hésitez pas à demander un accompagnement à l’un de nos conseillers Netinvestissement qui pourra vous aider dans la définition et la mise en place de votre projet.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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