Bien structurer son portefeuille d’actifs financiers

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L’article « Bien structurer son portefeuille d’actifs financiers » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - Vu 2800 fois

Mise à jour : septembre 2016. Dans un contexte financier globalisé où l’information circule à grande vitesse, il est de plus en plus difficile pour vous, épargnants, de trier le bon du mauvais. Et le manque criant d’accompagnement et de conseil avisé de la part des réseaux classiques (banques et assurances) ne vous aide pas à prendre les bonnes décisions. Alors, comment bien structurer son portefeuille d’unités de compte ? Nous vous donnons dans ce guide des points d’appui pour vous aider à mieux préparer votre allocation et à mieux suivre son évolution dans le temps.

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Construire un portefeuille diversifié et évolutif dans le temps passe par la mise en place d’une stratégie cohérente et pérenne dans le temps.

1. Tout d’abord, il faut bien définir vos objectifs et vos attentes

Obtenir une rentabilité faible mais certaine ou accepter de prendre un risque dans l’espoir d’accroître cette rentabilité est le principal dilemme que vous devez trancher avant de vous lancer. L’espérance de rentabilité est d’autant plus élevée que le risque est important. Il ne faut donc pas se tromper dans son choix et accepter sa capacité à digérer sa prise de risque.

Votre profil investisseur est la pierre angulaire d’une bonne allocation d’actifs donc n’hésitez pas à vous poser les bonnes questions quant à votre aversion au risque mais aussi aux pertes, à votre capacité de maîtriser votre excitation et votre crainte d’avoir des regrets. Ces déclencheurs psychologiques expliquent trop souvent les mauvaises réactions que les épargnants peuvent avoir.

2. Il est nécessaire de fixer un niveau de risque que vous êtes prêt à accepter :

Les niveaux de risque et de volatilité de votre portefeuille doivent répondre à votre profil. Mais accepter une volatilité forte ne veut pas dire pour autant que votre portefeuille est trop exposé. L’inverse se vérifie aussi d’ailleurs. Il vous faut donc avant tout budgéter ce risque en monétisant les gains potentiels espérés et en couvrant les pertes inhérentes à une prise de risque importante.

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3. Faites votre sélection de fonds d’investissements en vous inspirant de vos convictions personnelles ou des informations financières que vous pouvez glaner :

Vous devez vous constituer une liste d’unités de compte (UC), plus ou moins longue, soit basée sur des convictions que vous avez acquises avec le temps soit en vous inspirant des informations que vous pouvez aisément trouver dans les média. La base est que vous compreniez bien le fonctionnement de chacun des actifs choisis, la stratégie des gérants de ces fonds et les structures financières de chacun d’entre eux. Ne retenez aucune UC que vous ne seriez pas capable d’expliquer à une tierce personne même si celle-ci semble offrir de belles perspectives de gains.

Il n’existe aucun modèle d’allocation d’actifs qui défini un nombre minimum ou maximum d’UC donc ne vous sentez pas obligé de retenir trop de fonds. Cela ne peut que compliquer votre sélection et le suivi futur de votre portefeuille.

4. Définissez un schéma initial de pondération basé sur une bonne dispersion et une bonne diversification des fonds choisis :

La dispersion consiste à multiplier le nombre de fonds sélectionnés afin de répartir les risques sur plusieurs supports.

La diversification permet de bénéficier du levier de la décorrélation. Il ne s’agit plus seulement de répartir le risque sur plusieurs actifs mais de les sélectionner les uns par rapport aux autres afin de mieux répartir leur apport marginal en terme de risque au portefeuille. Vous devez donc éviter de sélectionner plusieurs fonds ayant une corrélation trop proche car même en en multipliant le nombre, vous n’amélioreriez pas la structure de votre portefeuille en matière de volatilité, de risque ou de perspectives de rentabilité.

Exemple : vous sélectionnez un fonds Japon et un fonds nouvelles technologies internationales. Votre dispersion semble répartir votre allocation mais en étudiant de prés les deux fonds concernés, vous vous apercevez que le fonds Japon est très exposé aux conglomérats nippons présents dans le Hight-Tech et que le fonds nouvelles technologies exposé à plus de 50% à des entreprises asiatiques. Leur niveau de corrélation est donc important.

5. Définissez également une batterie d’indicateurs de performances et de risques selon vos objectifs et vos attentes :

Une fois votre sélection faite et votre allocation définie selon votre schéma de pondération, il est important que vous mettiez en place des indicateurs vous permettant une analyse minimale de votre portefeuille.

Ces indicateurs doivent vous permettre en premier lieu de vérifier que votre stratégie initiale est cohérente. Ils doivent également vous permettre de respecter votre objectif de gain en cas de hausse (en prenant vos bénéfices) et votre objectif de maîtrise du risque en cas de baisse (en acceptant de racheter à perte pour mieux rebondir). Ces indicateurs ne doivent pas simplement servir d’information mais vous devez les utiliser pour prendre les bonnes décisions d’arbitrage.

6. N’hésitez pas à mettre en place des alertes automatiques (si vous avez les outils adaptés) :

Aujourd’hui, de nombreux outils, en particulier sur le web, vous permettent de mettre en place des alertes automatiques en relation avec les indicateurs de performances et de risques que vous avez définis.

Ces alertes doivent être mises en place au départ de l’investissement et si elles se déclenchent, respectées inconditionnellement. Il apparaît souvent que l’investisseur a du mal à prendre ses bénéfices en cas de hausse car il pense que la hausse peut se prolonger (rien ne le prouve) et qu’il a du mal à accepter de solder une position en cas de perte car il espère une remontée (et qu’il est souvent tromper par l’adage « on n’a pas perdu tant qu’on a pas vendu »). Il est donc primordial de définir une feuille de route et de s’y tenir.

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7. Surtout, prévoyez une politique de révision des paramètres pour éviter que votre stratégie ne soit figée dans le temps :

Quelque soit le niveau de réussite de votre stratégie d’allocation, il faut que vous veilliez à ne pas figer votre portefeuille dans le temps. Même en période de hausses successives et bien que votre portefeuille vous donne entière satisfaction, il vous faut être très attentif au maintien de vos indicateurs de diversification (et donc de corrélation) afin d’éviter que vous ne vous retrouviez pas surpris par un retournement subit des marchés.s

Lors d’une baisse importante et non prévisible des marchés (type krach) il apparaît souvent que les portefeuilles les plus rentables sur les deux années précédentes subissent les plus fortes baisses. En effet, les perspectives de gains ont poussé les épargnants à concentrer leur épargne sur les fonds offrant les meilleurs rendements sans prendre en compte l’aspect diversifié de leurs positions. Lorsque la baisse survient, ces fonds sont les premiers soldés (chacun espérant sauver le maximum de gain) et donc plongent plus rapidement.

8. Envisagez des solutions différenciantes ?[VIDEO]

Vidéo : comment gérer de manière différente vos placements ?

Conclusion

Il n’existe aucune « martingale » en matière d’allocation d’actifs financiers et un grand nombre de modèles mathématiques, longtemps plébiscités, ont été mis à mal ces dernières années. Vous ne devez donc pas baser votre stratégie d’investissement sur l’espérance de trouver le schéma parfait mais vous en tenir à des réflexes basiques et cohérents. Gardez en tête que le « trading », le « boursicotage » ne sont pas des sciences exactes à la portée de tous et restez prudents dans vos prises de décisions.

Et si vous ne vous sentez pas capable de mener vous-même votre stratégie d’investissement bien que vous soyez très intéressé par l’idée, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel indépendant qui sera à même de vous aider dans vos choix.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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