Comment investir lorsque les marchés sont hauts ?

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Par Chloé Ballester
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L’article « Comment investir lorsque les marchés sont hauts ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

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Le mercredi 22 août 2018 Wall Street affichait 3453 jours consécutifs sans chute de plus de 20%, battant le record historique de longévité à la hausse. L’engouement toujours croissant pour les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), tirait le Nasdaq à son plus haut historique et attirait encore et toujours plus d’investisseurs. L’attrait pour le marché américain ne faiblissait pas, d’autant qu’il semblait porté par la bonne santé de l’économie Outre Atlantique : le taux de chômage était bas et les bénéfices des entreprises, élevés…

Les turbulences du mois d’octobre ont semé le doute chez les investisseurs : était-ce une simple correction dans un cycle toujours haussier ou le retournement de marché était-il finalement arrivé ?

Le cas, toujours d’actualité, du marché américain pose, en sous-jacent, la question du « market timing » : est-ce le bon moment pour investir ? Et puisque les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel, comment encore trouver des moteurs de performance dans un marché déjà cher ? En bref : comment investir quand le marché est haut ?

Sommaire



1. L’attente ne paie pas et le bon moment n’existe pas

Investir sur les marchés charrie toujours son lot d’inquiétudes et d’incertitudes. Un marché déjà haut est susceptible d’accroître vos craintes. Car, nous serions tentés de le penser, si le marché est haut, c’est donc qu’il va baisser. C’est un fait qui semble inéluctable. Dans ce cas, ne serait-il pas urgent d’attendre ?

Notre aversion aux pertes et notre peur de faire des erreurs sont autant de biais cognitifs susceptibles de nous inciter à ne pas prendre de position.

Or de nombreuses études faites sur le sujet tendent à démontrer que, statistiquement, attendre et garder ses liquidités s’avère être une stratégie infructueuse sur le long terme. Historiquement et sur des périodes d’investissement longues, investir sur les marchés s’est avéré plus rentable que de rester en cash.

Bien sûr, investir sur le marché lorsque les valorisations sont faibles peut vous laisser espérer de meilleurs rendements. Mais un marché élevé ne doit pas pour autant vous contraindre à l’immobilisme, à attendre le bon moment.

Car, sachez-le, le « bon moment » n’existe pas. L’avenir est par définition incertain et nulle ne saurait l’anticiper, y compris sur les marchés. Les indicateurs ne seront jamais tous au vert. Début 2009, au commencement du cycle haussier, nombre d’investisseurs jugeaient l’économie encore fragile et, échaudés par la crise que nous venions de vivre, boudaient les marchés.

Rappelons-nous qu’il existera toujours un facteur de risque, une incertitude. Et que c’est justement cet aléa qui est rémunérateur !

La performance rémunère le risque. A l’inverse, les placements garantis n’offrent que peu de performances… Peut-être l’avez-vous appris à vos dépends en constatant la contre-performance de vos livrets A. Pour l’année 2018 et en prenant en compte l’impact de l’inflation, les investissements sans risque ressortaient avec une performance négative ! (-1,05% pour le livret A et -1% pour un PEL).

D’autre part, nous pouvons également noter que la valorisation d’un marché n’a jamais été un indicateur de krach boursier : elle ne permet ni de prévoir l’évènement, ni d’en déterminer l’intensité. C’est d’ailleurs dans un contexte de marchés sous-évalués qu’est survenue la crise des années 80.

Les crises financières viennent justement de ce que nous ne sommes pas en mesure de les anticiper… Jaime Caruana, directeur général de la BRI l’exprime ainsi :

Chaque crise a été permise par une incompréhension collective qui a permis un angle mort sur le risque 

Certes, un marché haut nous donne une indication : les actions de ce marché sont en moyenne fortement valorisées. Mais cela n’implique pas pour autant qu’il n’y ait pas d’opportunités à saisir sur ce marché, ni qu’il n’y ait pas d’autres marchés où investir…

Dans un tel contexte, il faut privilégier des stratégies d’allocations basées sur une sélection rigoureuse des valeurs, inscrites dans le long terme.

Préférez donc à des trackers, des fonds dont les gérants pratiquent le « stock picking » et dont la gestion a été éprouvée au travers de stratégies se différenciant justement du « marché ».

Enfin, n’oublions pas que les marchés financiers ne sont pas l’alpha et l’oméga des solutions de placement. D’autres univers et d’autres stratégies sont possibles.

Nous vous suggérons dans les lignes qui suivent quelques idées de placement.

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2. Avoir un pilote dans l’avion grâce aux fonds diversifiés flexibles

Ces fonds sont gérés de façon active. Ils ont la particularité de permettre à leurs gérants de pouvoir faire varier leur exposition au marché et ainsi de sécuriser ou dynamiser l’allocation du fonds en fonction de la conjoncture.

En effet, contrairement à des fonds classiques, contraints à une zone géographique donnée ou une classe d’actifs spécifique, les fonds flexibles et diversifiés vont avoir, eux, la possibilité d’être investis dans des zones diverses, ainsi que sur des classes d’actifs différentes.

Les gérants peuvent donc choisir de changer leur allocation de façon opportuniste en pratiquant des arbitrages de zone géographique, de secteur, ou de classes d’actifs en fonction des indicateurs économiques et des mouvements du marché. Ils pilotent pour vous l’exposition au risque et à la performance.

Selon votre profil vous pourrez choisir votre fonds en fonction de son comportement et de sa performance en cas de hausse des marchés ou, a contrario, en prenant surtout en considération sa résistance face à la baisse des marchés.

Si vous souhaitez faire votre allocation vous-même, les performances passées (même si elles ne préjugent pas des performances à venir!) ainsi que des critères comme le max drawdown (perte historique maximale d’un fonds sur une durée déterminée) ou l’indice de Sortino (qui évalue la volatilité à la baisse) peuvent vous aider dans votre sélection. Sinon, vous pouvez vous en remettre à des professionnels du patrimoine tels que votre chef de projet patrimonial Netinvestissement.

La diversification est un élément essentiel dans la gestion de votre patrimoine et ces fonds représentent par là des outils indispensables dans une allocation d’actifs.

Il est rare que tous les marchés soient à leurs plus hauts niveaux au même moment. La flexibilité et la diversification de ces fonds permettent donc de changer de moteur de performance au gré des opportunités.


3. Les fonds thématiques

Certains gérants ont choisi de concentrer leur gestion autour de thèmes et d’enjeux spécifiques, tels que l’eau, la sécurité, la santé, les sociétés familiales ou même le bonheur au travail ! Souvent axés autour de sujets sociétaux ou économiques majeurs, ces fonds s’inscrivent dans une tendance de fond et sont par-là moins sensibles aux soubresauts des marchés.

Parmi les thématiques d’avenir majeures, nous plébiscitons notamment le digital. La révolution numérique est à présent en cours dans toutes les sphères de l’économie et de notre vie. De l’industrie du divertissement en passant par la santé ou la finance, l’intelligence artificielle révolutionne nos pratiques et modifie nos perspectives.

C’est justement sur ce thème que le fonds New Gems de Degroof Petercam a choisi de se concentrer, en sélectionnant des entreprises internationales sur ce secteur. Il semble en effet offrir de belles opportunités, d’après une étude menée par le cabinet PWC :

Ces nouvelles technologies devraient rapporter pas moins de 15 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2030.

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est lui aussi au cœur de l’actualité et des préoccupations des entreprises. De nombreuses sociétés de gestion ont décidé d’intégrer ce paramètre dans leur gestion en sélectionnant des actions d’entreprises reconnues pour leurs bonnes pratiques dans les domaines environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG). Et il s’avère que ces bonnes pratiques ont un impact positif sur le résultat économique de ces entreprises.

Pourquoi ? Parce que la valorisation du capital humain est le premier vecteur de performance dans la durée. C’est de ce constat qu’est parti la société de gestion Sycomore lorsqu’elle créa le fonds « Happy at Work » qui investit dans des sociétés plaçant le capital humain et l’épanouissement au travail au cœur de leurs préoccupations.

Pictet-Water qui investit dans le secteur de l’eau, ressource rare et essentielle, ou Pictet Security dans le domaine de la sécurité font également parties de ces fonds ayant choisi de se concentrer sur des thématiques stratégiques et porteuses de performance.

De manière générale, ces fonds présentent l’avantage d’être construits de façon transverse et de profiter d’un cahier des charges très large, permettant aux gérants d’investir généralement sans contrainte majeure de tailles d’entreprises ou de zones géographiques. Cette souplesse permet une grande adaptabilité aux changements de marché et d’assurer une pérennité dans la performance.

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4. Les actifs décorrélés des marchés actions

Le Capital investissement

Le capital investissement ou « private equity » vous offre la possibilité d’investir dans l’économie réelle. Ces opérations se font par l’intermédiaire de fonds spécialisés qui prendront des parts au capital de sociétés non cotées. En plus de leurs participations financières, de nombreux fonds accompagnent désormais les entreprises dans leurs développements stratégiques et économiques. L’objectif étant bien entendu pour l’investisseur de revendre ses parts à profit après plusieurs années de détention.

Les capitaux sont confiés à des start-ups, PME et Entreprises de Tailles Intermédiaires, qui vont pouvoir ainsi investir, embaucher, se développer… Ainsi c’est toute l’économie qui profite de ce système.

L’engouement mondial pour ce type d’investissement est d’ailleurs sans précédent et ne se dément pas. Les rendements attractifs, supérieurs à bien d’autres classes d’actifs y sont certainement pour quelque chose. Il faut dire que les entreprises bénéficiant de ces capitaux ont un fort potentiel de croissance. Selon une étude menée par France Invest et Ernst and Young en 2017 :

La croissance du chiffre d’affaires de ces entreprises a été 2,7 fois supérieure au produit intérieur brut nominal français entre 2009 et 2016.

Bénéfique aussi bien pour l’économie réelle que pour l’épargnant, le non côté semble avoir de beaux jours devant lui puisque la loi Pacte prévoit d’en faciliter l’accès au travers de nombreuses mesures.

Si le private equity offre des perspectives de rentabilité attractives et s’accompagne même selon ses modalités et durées de détention d’une fiscalité assez douce, ce type de placement ne s’adresse pas à chacun. Il faut disposer d’une surface financière suffisante et être en mesure de faire face aux risques et au manque de liquidité inhérents à cette classe d’actifs.

Aujourd’hui, pour avoir accès à ce type d’investissement, il faut généralement être en mesure de placer a minima entre 20 000 et 100 000 euros, sachant qu’il n’est pas rare que les produits proposés exigent un ticket d’entrée de plus de 250 000 euros. De fait, ces fonds s’adressent principalement à une clientèle d’investisseurs aisés et avertis. Ils étaient d’ailleurs jusqu’à récemment, réservés à une clientèle purement institutionnelle.

Le crowdfunding

Autre moyen d’investir dans l’économie réelle : le crowdfunding ou « financement participatif ».

Ce nouvel outil de financement de projets via des plateformes internet a le vent en poupe et tend à se démocratiser. Il permet aux porteurs de projets de trouver une alternative aux prêts bancaires en sollicitant un large public d’investisseurs. L’investissement dans ces projets peut se faire sous forme de :

  • don
  • prêts rémunérés
  • prise de participations dans les sociétés

Parmi ce type de placement, le crowdfunding immobilier fait partie de ceux offrant une belle rentabilité. Spécialisée dans ce domaine, la plateforme Fundimmo vous permet de financer la construction immobilière et vous offre des rendements annuels de 7% à 12% pour un investissent d’une durée comprise généralement de 6mois à 24mois.

Certes votre capital n’est pas disponible pendant cette durée, mais les échéances sont courtes et le minimum requis n’est que de 1000 euros, ce qui fait de ce placement, une solution peu contraignante au vue les rendements escomptés.

La société a financé depuis 2016, 72 projets dont 31 sont arrivés à échéance à ce jour. Sur ces 31 projets, les remboursements ont été effectués avec un taux de retard et de défaut de 0% !

Le Bitcoin

Dans les mesures prévues par la loi Pacte, la possibilité sera laissée aux assureurs d’intégrer des Fonds Professionnels Spécialisés (FPS) dans leur Unités de compte. C’est un nouveau champ des possibles qui s’ouvre pour les investisseurs. Si la compagnie le décide, il pourrait donc vous être possible d’investir sur des crypto-monnaies comme le bitcoin via votre contrat d’assurance vie !

Attention cependant, même accessible en assurance vie, la crypto monnaie reste un investissement hautement spéculatif et extrêmement volatile

L’investissement « plaisir »

Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable (et au rentable) ?

Passionné d’art, de voitures, d’horlogerie, de vin, l’esthète qui sommeille en vous a la possibilité d’allier plaisir et performance via ce type d’investissements.

S’agissant de placements atypiques et hors du spectre de l’Autorité de Marchés Financiers (AMF), nous vous recommandons d’être vigilant et d’être particulièrement attentif à vos choix d’intermédiaires et de distributeurs. Par exemple, il sera préférable de passer par les réseaux traditionnels que sont les ventes aux enchères et les galeries si vous pensez acquérir une œuvre d’art. Être accompagné par un conseil expert du secteur peut vous aider à mieux appréhender le marché et en apprécier les risques et les opportunités.

Certains de ces placements bénéficient d’une fiscalité avantageuse et de belles perspectives de performances. N’oubliez pas cependant que ces placements sont pour la plupart assez peu liquides et nécessitent une durée de détention assez longue afin de porter leurs fruits.

Conclusion

Un marché élevé porte en lui la crainte d’un retournement. Ces dernières années, l'optimisme des marchés, dopé par des taux bas et l'injection de liquidités par les banques centrales ainsi que la crainte de voir cette situation se renverser ont posé avec encore plus d’acuité la question de l’investissement dans un marché haut. Si conserver ses liquidités s’avère infructueux, il ne faut pas pour autant se lancer en aveugle.

Pour être rentable, votre placement doit s’inscrire dans le long terme et dans le cadre d’une stratégie patrimoniale adaptée à vos besoins, votre sensibilité, votre situation et votre profil de risque. Une fois le cap donné, diversifier vos risques et moteurs de performance vous permettront de le tenir. L’équipe de Netinvestissement vous accompagne pour bâtir ensemble votre stratégie et vous conseiller dans vos choix d’investissements, que vos aspirations vous portent vers les marchés financiers ou vers le non-côté.

À propos de l'auteur

Chloé Ballester , Directrice de Cabinet

Formée à l’ESC Toulouse, spécialisation banque et marchés financiers, Chloé Ballester débute sa carrière professionnelle en 2006 au sein d’une société de gestion de portefeuille dans la branche gestion d’actifs. Elle y occupe des fonctions de développement commercial auprès d’un réseau de Conseillers en Gestion de Patrimoine indépendants.

En 2011, elle rejoint la filière Banque Privée du 2ème groupe bancaire français et étoffe ses compétences en gestion privée et gestion de fortune.

Son savoir-faire et son expertise lui permettent d’apporter une approche sur-mesure pour structurer et optimiser les actifs financiers en pensant le patrimoine de ses clients dans leur globalité.

Poussée par son désir d’indépendance et d’évolution, elle s’associe tout naturellement en 2018 au groupe Wast & Van au sein duquel elle prend la direction de Netinvestissement Méditerranée avec Albin de SALIES.

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