Epargne : les 10 choses à éviter de faire seul

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L’article « Epargne : les 10 choses à éviter de faire seul » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - Vu 944 fois

Investir. Epargner. Placer. Voilà une belle idée qui occupe ou doit occuper une grande partie des français. A fortiori ceux qui sont de prés ou de loin inquiets pour leur retraite et qui souhaitent tôt se préparer à cette échéance.

Mais savoir où et comment épargner n’est pas chose aisée dans le contexte actuel d’incertitudes, de volatilité financière et d’échéances électorales pouvant impacter la future fiscalité. Pour vous aider, nous avons listé au sein de 3 catégories (Immobilier, Finance et Banque) 10 choses à éviter de faire seul en matière d’investissement afin de se prémunir contre les erreurs ou tout simplement optimiser votre projet.

Erreur n°1 : ne regarder que le rendement

1. Définir son projet et ses objectifs

Première étape fondamentale trop souvent négligée, la mise à place de votre projet nécessite un œil extérieur et professionnel afin de vous aider à définir vos besoins et vos objectifs. Il est déterminant de se poser les bonnes questions avant de choisir une stratégie d’investissement afin que vos choix successifs soient complémentaires et n’entrent pas en opposition dans le temps. Exemple : investir trop sur un actif pour se créer des revenus complémentaires peut générer plus de fiscalité imprévue (IR, Prélèvements sociaux voire ISF).

2. Définir ses moyens

Comme pour vos besoins, prendre le temps d’évaluer vos moyens est une base incontournable de tout projet d’investissement pérenne dans le temps. Pour cela, il est préférable de mettre à plat avec transparence et précision votre budget quotidien, votre capacité d’épargne et le capital maximum que vous pouvez immobiliser à plus ou moins long terme. L’apport d’un professionnel du conseil est là aussi une valeur ajoutée du fait de son expérience et de sa capacité à vous alerter en cas de mauvais calibrage. Exemple : souvent, nous pensons être en mesure d’épargner telle ou telle somme mais cela s’avère finalement difficile dans le temps car la vie évolue (naissances, études des enfants etc.).

3. Immobilier : choisir son actif immobilier

L’emplacement, l’emplacement, l’emplacement…Ce leitmotiv constamment répété aux investisseurs qui souhaitent se lancer dans l’immobilier est une réalité et une vérité. Cependant, il faut bien comprendre que cela ne suffira pas à rendre votre investissement optimal. Bien calibrer le projet, choisir la bonne durée ou le bon financement sont autant de critères à valider pour éviter la catastrophe.

De plus, bien choisir l’emplacement ne veut certainement pas dire « prés de chez soi». Et cela peut entrainer, parce que vous pensez de bonne foi que cela est cohérent, des conséquences fâcheuses. Choisir l’emplacement d’un investissement immobilier (nous parlons bien d’investissement) répond à des critères pragmatiques et précis, proches des leviers d’allocation financière et ne doit pas répondre à des réflexes affectifs. Exemple : quelles infrastructures de transport ? Quel accès aux écoles ? Y a-t-il des commerces ?

4.	Immobilier : faire des travaux

4. Immobilier : faire des travaux

Pour ceux qui choisissent l’investissement dans de l’immobilier ancien avec travaux, nous ne pouvons que vous conseiller là encore de vous faire accompagner en la matière. Il est important selon le niveau de travaux prévus de bien connaître les conséquences techniques de votre projet mais également ce que vous prévoyez de financer. Il faut que ces travaux donnent de la valeur à votre actif et ne soient pas simplement un plaisir que vous vous faîtes à vous. Idem si vous effectuez des travaux offrant des réductions fiscales. Faites vous conseiller pour bien définir les travaux éligibles.

5. Financier : choisir son support financier

Vous souhaitez investir sur des supports financiers et vous vous posez des questions à propos du produit le plus adapté à votre besoin. Vous ne pourrez constituer seul votre stratégie, a fortiori si l’objectif est à long terme comme votre retraite par exemple. Devez-vous privilégier la liquidité de votre capital avec des livrets ? Devez-vous privilégier la protection des vôtres et la transmission avec une assurance-vie ? Ou tout concentrer sur votre projet de retraite avec le PERP ?

Et une fois définie votre stratégie, que mettre dans ces contrats ? Quel niveau de risque accepter pour quel rendement potentiel ? Quel marché aborder (Actions, Obligations etc.) ? Toutes ces questions imposent aujourd’hui de vous faire conseiller par un professionnel, de préférence patrimonial, car les réseaux classiques (banquier, assureur etc.) ne sont pas toujours en capacité de vous accompagner objectivement.

6. Financier : négocier les conditions lors de la souscription

Une fois décidé d’investir sur un support financier, vous devez vérifier et valider les conditions tarifaires de ce contrat. Que cela soit sur internet ou auprès de votre conseiller traditionnel, vous pouvez et devez demander le détail des frais. Mais là encore, soyez prudent et prenez le temps de choisir la bonne formule. Le 0% de frais d’entrée est attractif mais limite le suivi et l’accompagnement par la suite. Et des frais de gestion très bas ne signifient pas forcément une optimisation de la performance de votre contrat. Le travail se paie, tout dépend de ce que vous attendez dans le temps d’un potentiel conseil.

7. Financier : arbitrer ses contrats financiers

Une fois votre contrat souscrit, par exemple un contrat d’assurance-vie, vous devez suivre l’évolution de l’allocation que vous avez sélectionnée (actions, obligations, matières premières, fonds en euro, SCPI etc.) et vous préparer à faire d’éventuels arbitrages dans le temps afin de faire « vivre » votre contrat.

Là encore, vous faire aider et accompagner par un professionnel du secteur ne peut que vous être bénéfique, y compris par des robots qui vous permettent d’être alerté en cas de mouvements sur les marchés (hausse ou baisse). Faire ses arbitrages seul vous isole et ne vous permet par de prendre le recul nécessaire parfois avant toute prise de décision. Exemple : au lendemain du referendum britannique du 23 juin dernier, le marché français (CAC40) a perdu prés de 8% en une journée passant de 4 466 points à 4 106 points. Il est, deux mois après, à 4 542 points.

8.	Banque : négocier des conditions de prêt

8. Banque : négocier des conditions de prêt

Que cela soit pour un nouveau projet ou pour un rachat de crédit en cours, il ne vous aura pas échappé que les taux de crédits bancaires sont à leur plus bas niveau historique. Il est donc pertinent d’étudier la possibilité de renégocier son taux actuel. Avant cela, n’hésitez pas à vous faire conseiller ou à partager votre idée pour vous faire une idée concrète de ce qu’il est possible d’obtenir de votre banque. Celle-ci aura toujours beaucoup de mal à modifier à la baisse un taux fixé il y a plusieurs années, et certains établissements bancaires préfèreront même voir partir leurs clients à la concurrence.

Si vous souhaitez faire racheter un prêt ou en contracter un nouveau, il est plus que conseillé actuellement de vous rapprocher d’un courtier. Car bien que les taux soient très bas, et que vous pensez pouvoir obtenir les meilleures conditions par vous-mêmes, n’oubliez pas que les professionnels du crédit négocient des volumes importants et obtiennent donc des conditions encore meilleures. Et surtout, leur expérience en termes d’ingénierie bancaire peut s’avérer une réelle valeur ajoutée pour vous.

Exemple : plutôt qu’un prêt sur une ligne avec durée de 20 à 1,6%, ils vous proposeront un prêt avec deux lignes, l’une sur 10 ans à 1,2% pour amortir rapidement une part du capital et une autre sur 20 ans avec franchise sur les 10 premières années à 1,7% (coût de la franchise). Cela vous permettra en fin de compte d’avoir un taux lissé de 1,45% environ.

9. Banque : rembourser par anticipation

Débat éternel que le remboursement anticipé d’un prêt immobilier en cours. Puisqu’il n’existe pas entre les deux options de points déterminants non discutables, il vous faut donc avant de prendre une telle décision surtout vous intéresser à votre propre situation. Vous faire conseiller dans ces cas-là peut vous permettre de prendre conscience d’opportunités qui vous avaient échappées ou de risques pas assez bien évalués.

Exemple : vous touchez une grosse prime et décidez de rembourser une partie de votre prêt à 2% pour éviter de payer des intérêts. Mais cette somme, placée en assurance-vie (même en fonds euro) à 2,5% ne serait-elle pas plus utile ? Et pourtant, libérer une part de votre crédit peut alléger votre budget mensuel…il n’y a aucune vérité en la matière…

10. Donnez !!!

Pour finir, n’hésitez pas à vous faire accompagner si vous décidez de transmettre de votre vivant une partie de votre patrimoine qu’il soit immobilier ou financier. Et prenez le temps de la réflexion, quitte à avoir plusieurs avis précieux avant de vous lancer. Le droit fiscal successoral français offre de nombreuses opportunités pour optimiser votre don mais parfois cela peut s’avérer bloquant ou coûteux dans le temps.

Exemple : donner trop vite la nue-propriété de votre résidence principale à vos enfants jeunes. Si ceux-ci ont besoin un jour de liquidités pour leurs propres projets vous pourriez vous retrouver à avoir déjà atteint les plafonds de dons exonérés de fiscalité ou à devoir vendre votre bien pour leur donner alors une somme sonnante et trébuchante dont ils feront leur propre usage.

Conclusion

Les dix dernières années ont vu plusieurs crises se succéder plaçant au cœur des interrogations de l’épargnant ses référents en matière d’épargne. Cela a fait naître une certaine méfiance et un souhait de plus en plus répandu de se « débrouiller seul ». L’arrivée des services numériques et globalement du digital dans le secteur financier (banques en lignes, robot advisors etc.) a de surcroît accentué ce phénomène.

Pour autant, les courtiers en financements bancaires, les Conseillers en Investissement Financier ou les Conseillers en Gestion de Patrimoine représentent sans aucun doute une véritable valeur ajoutée pour l’investisseur particulier. A condition de vous assurer de leur indépendance.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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