Où et comment placer son argent sans prendre de risque ?

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L’article « Où et comment placer son argent sans prendre de risque ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - Vu 1448 fois

Préambule : Comment investir son épargne sans prendre de risque ? [VIDEO]

Vidéo : Comment investir son épargne sans prendre de risque ?

Jamais l’épargne des français n’avait été si abondante dans un contexte d’opportunités de placement pourtant assez diffus. Les chiffres de cumul de l’épargne des ménages oscillent fin 2015 entre 2600 et 2800 milliards d’euros.

Un peu plus d’un milliard se trouve investi sur des supports parfaitement liquides (comptes courants, Livrets ou espèces) et le reste principalement sur l’épargne logement et les fonds euros assurantiels.

La question immédiate est où et comment investir ces sommes sans prendre de risque ? Mais est-ce la bonne question à se poser ? Car l’ensemble de ces solutions d’épargne favorisé par les français n’offre plus vraiment de perspectives de rendements. Et prendre un risque n’implique pas d’avoir un accident.

L’épargne bancaire

1. L’épargne bancaire (Livrets, CAT, parts sociales etc.) :

Choisir l’option épargne bancaire reste bien entendu un gage de protection de son capital, tant par la solidité affichée par les grands établissements de la place que par les mécanismes de sauvegarde étatiques (jusqu’à 100K€).

Cependant, les livrets, comptes à terme ou parts sociales doivent avant tout rester vos supports de trésorerie de précaution (l’équivalent en moyenne de 3 mois de revenus du ménage) et vous assurer contre les incertitudes du quotidien. Le Livret A et Le Livret de Développement Durable (LDD) offrant la plus grande liquidité (24h) en cas de déblocage.

En revanche, cette sécurisation et cette liquidité ont un prix, celui d’une rentabilité quasi nulle (0,75% par exemple pour le Livret A).

2. L’épargne logement :

L’épargne logement, et en particulier le Plan d’Epargne Logement (PEL), a perdu ces deux dernières années son attrait principal selon nous. Si son rendement n’est pas si éloigné de celui du fonds euro et que le capital reste là aussi garanti, son avantage en cas d’acquisition immobilière (prime étatique et taux préférentiel) n’est plus du tout déterminant dans le contexte de taux bancaires historiquement bas. Faire jouer la concurrence en faisant appel à un courtier en prêts, par exemple, est beaucoup plus efficace.

3. Les Fonds euros : le risque porté par un tiers

Bien entendu, lorsque l’on aborde la notion d’investissement sans risque, le fonds euro proposé dans le cadre des contrats d’assurance-vie est avancé comme la référence. Et si l’assurance-vie est encore le placement préféré des français avec 1400 milliards d’euros d’encours collecté, c’est sans doute parce que 70% de ces sommes sont investies en fonds euro garanti. Mais attention, à partir du 1er janvier 2017 les obligations et contraintes des assureurs vont être alourdies, rendant de plus en plus difficile pour les gérants des fonds euro de dégager du rendement tout en respectant leur obligation de protection du capital.

4. Le risque 0 n’existe pas

Dans le contexte actuel il est de plus important de faire un rappel déterminant : le risque 0 n’existe pas.

De façon caricaturale, si vous vous apprêtez à traverser une rue et que vous avez bien vérifié à gauche et droite avant de vous engager, vous n’êtes pas certain d’arriver de l’autre côté de la chaussée sain et sauf. Combien d’entre nous pensent à regarder vers le ciel ? La statistique qu’un objet vienne à vous tomber dessus est certes extrêmement faible, mais elle existe.

Avoir une garantie contractuelle d’un assureur sur votre capital investi ne veut pas dire que le professionnel qui va gérer l’argent au sein du fonds euro, lui, ne l’expose pas au risque pour trouver du rendement (obligations d’états, obligations privées, actions, immobilier etc.). Le risque est simplement porté par un tiers que vous jugez plus solide que vous pour prendre le risque. Et si celui-ci faisait une erreur ? Le risque existe…

5. L’immobilier (y compris SCPI) : une solution sur le long terme ?

Il reste alors peut être l’immobilier, sous toutes ces formes, que ce soit l’immobilier d’habitation, l’immobilier de bureaux ou les commerces. Le sous-jacent « Pierre » est aussi beaucoup plébiscité par les français car considéré comme un actif sûr dans le temps. Et cela se vérifie, cette classe d’actif s’étant beaucoup appréciée ces dernières années au profit des propriétaires.

Vous pouvez même, afin de mutualiser les risques, opter pour l’investissement en parts de SCPI de rendement (bureaux, commerces, centres commerciaux, activités médicales etc.) que nous considérons comme une option sécurisée et encore porteuse d’opportunités de rendement bien que non garantie. Attention, cette sécurisation est au prix d’une liquidité de votre épargne réduite…

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Investir dans le vin


6. Les autres actifs tangibles : que penser du vin, de l’art…

Ces dernières années, de nombreux investisseurs se sont tournés vers de nouveaux types de produits d’investissement considérés comme tangibles et faisant partie de notre quotidien.

L’art par exemple, sous toutes ses coutures, a attiré de nombreux épargnants, tant pour son côté plaisir que pour les avantages patrimoniaux qu’il propose, comme l’exonération ISF ou la possibilité pour une personne morale de réduire son IS (Impôt Société) pour mécénat. Plusieurs opérateurs se sont lancés sur ce marché mais cette classe d’actifs reste exposée au risque de méconnaissance du particulier investisseur et des fluctuations des prix, les cotes des œuvres étant parfois considérées comme artificielles.

Le vin a également a été abordé sous plusieurs formes depuis une dizaine d’années, de caves virtuelles dédouanées à des fonds d’investissement ou tout simplement en garde à la maison. L’affaiblissement de la consommation globale des pays émergents a en revanche depuis 2011-2012 fait chuter les cotes de nombreux grands crus et il faut donc être prudent dans ses choix. En revanche, voilà un actif que vous pouvez récupérer et boire en cas de crise…avec modération…

7. Le conseil de Netinvestissement : le temps du mix Fonds structurés-SCPI en assurance-vie

Que pouvez-vous donc envisager de faire dans ce contexte ? Une solution parmi d’autres consiste en un mix équilibré entre fonds structurés et SCPI de rendement au sein d’un contrat d’assurance-vie.

Cette idée vous permet de profiter avant tout du cadre fiscal de l’assurance-vie et de ses facilités de gestion. Vous pouvez même dans un premier temps intégrer une part de fonds en euros dans votre allocation, mais pas au-delà de 30% pour ne pas déséquilibrer la solution.

La partie non garantie peut être en revanche réfléchie avec le plus grand soucis de sécurisation à savoir 50% en parts de SCPI de rendement et 20% dans un fonds structuré type indiciel avec une couverture de risque importante sur le capital.

Selon ce schéma et sur une durée type de 8 années (optimum fiscal de l’assurance-vie), vous pouvez espérer un rendement moyen autour de 4,45% avec un scenario défavorable pour vous à partir d’une chute de marché de -30% (immobilier ou financier) et un scenario catastrophe à partir de -50%. Pour information, le CAC 40, indice référent de la bourse française inscrit ses trois records de baisses historiques à -22% en 1990, -31% en 2002 et -40,5% en 2008.

8. Plus globalement, comment réfléchir la notion de risque aujourd’hui : exemple du sport d’hiver

Enfin, pour finir, il est important de faire un point sur la notion de risque. Car il est déterminant de comprendre que prendre un risque ne veut pas dire avoir un accident. Et à l’inverse, laisser porter le risque par une tierce personne ne vous protège jamais complètement.

Une notion médicale a été adaptée à plusieurs secteurs d’activité comme les sports à risques ou l’automobile, et peut être étudiée avec attention par les analystes financiers : l’homéostasie du risque. C’est-à-dire, pour faire simple, l’équilibre entre la perception du risque, notre réaction face à cette perception et le risque réel que nous prenons.

Exemple : le sport d’hiver. Que vous soyez bon ou mauvais skieur, une chose est sûre : s’engager sur une piste noire, tôt le matin, avec une neige verglacée et une visibilité quasi nulle n’est pas chose aisée et tous les courageux sportifs qui tenteraient l’expérience le feront avec extrême prudence, après s’être échauffés et à une vitesse très maîtrisée. En revanche, le scenario n’est plus le même dans l’après-midi, sur une fin de piste bleue avec neige molle et grand soleil…des challenges s’organisent et des démonstrations de témérité éclatent. Pourquoi ? Car le risque perçu dans l’une ou l’autre des situations n’est pas le même et nous agissons selon cette perception. Et tenez-vous bien, le plus grand nombre d’accidents (y compris graves) ont lieu en fin de piste bleue, à l’arrivée en station, au milieu de la foule (y compris des enfants) quand nous pensons être peu exposé à la blessure ou à la chute…

Conclusion

Le risque peut donc être votre « ami » si vous l’appréhendez pour ce qu’il est et que vous mettez en face un certain nombre de garde-fou vous permettant d’éviter l’accident. Le principal d’entre tous étant votre capacité à comprendre ce que vous faîtes et à ne pas faire que ce que vous ne comprenez pas.

Il existe de nombreux produits et solutions d’investissement sans risques, sécurisés ou garantis. Chaque degré de protection de votre capital ou du rendement de celui-ci dépend d’une contrepartie comme la liquidité ou la fiscalité.

Vous devez donc avant tout mettre à plat votre propre situation pour comprendre vos motivations, vos limites et définir ainsi au mieux vos attentes et vos objectifs. N’hésitez pas à demander à être accompagnés dans cette démarche, trop peu proposée par les réseaux bancaires classiques, par un Conseiller en Gestion de Patrimoine.

Et surtout, n’oubliez pas que le risque nul n’existe pas et quelque soit le porteur ou le gérant de votre épargne, la confiance n’exclue pas le contrôle.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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