Qu’est-ce que le Private Equity (ou Capital Investissement) ?

Visa expert
albin
Par Albin de Salies
Vu 318 fois

L’article « Qu’est-ce que le Private Equity (ou Capital Investissement) ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Découvrez le Patrimoine Center, un espace entièrement gratuit créé pour vous : les netinvestisseurs.


Suite à la Loi de Finances 2019 et à l’élargissement de l’offre en réemploi (Article 150-0 B ter du CGI), vous avez été nombreux à nous solliciter pour en savoir un peu plus sur un univers d’investissement qui atteint de nouveau des sommets cette année : le Private Equity.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Private Equity, Capital Investissement, Capital Risque, Capital Croissance… de quoi parle-t-on ?

Nous vous proposons à travers ce guide de faire dans un premier temps un tour d’horizon de ce qu’est le Private Equity. Nous verrons ensuite ses différentes modalités d’intervention et pour terminer nous vous présenterons les fonds et véhicules utilisés par cette classe d’actifs particulièrement attractive.

Sommaire



1. Qu’est-ce que le Private Equity ?

Une visibilité sur l’historique d’exploitation :


Encore trop méconnu du grand public et historiquement réservé à une clientèle institutionnelle et des particuliers fortunés, le Private Equity tend à se démocratiser et devient maintenant plus accessible. Le Private Equity, appelé également Capital Investissement, est une classe d’actifs à part entière et représente un soutien fondamental et indispensable tout au long du cycle de vie de l’entreprise.

Particulièrement attractif sur le plan de la rentabilité et des performances, il consiste à prendre des participations (minoritaires ou majoritaires) dans le capital des entreprises (petites ou moyennes) généralement non cotées. Cette prise de participation dans le capital vise à apporter des capitaux frais en haut de bilan et est le plus souvent minoritaire et sans garantie. L’objectif est bien évidemment de réaliser une plus-value à la sortie, après 5 à 8 ans en général, le temps que les investissements réalisés aient porté leurs fruits.

Ces prises de participations visent à financer 4 types d’activité :

  • Le capital risque (ou capital innovation)

    Il vient de l’anglais venture capital et finance le lancement de l’activité d’une entreprise en phase de création ou de démarrage. Pour l’entreprise, il est souvent difficile et prématuré de faire appel aux prêts bancaires à cette étape-là. Le terme capital risque vient du fait que l’investisseur prend le risque de ne jamais trouver acquéreur pour revendre ses participations voir de tout perdre si l'entreprise n’arrive pas à se développer. Néanmoins, l’espérance de gain peut être extrêmement élevée et peut parfois même rapporter plusieurs fois la mise de départ. Les performances délivrées sont souvent très nettement supérieures aux performances des classes d’actifs plus traditionnelles.

  • Le capital développement (growth capital ou capital croissance)

    Il vise quant à lui à entrer au capital d’une entreprise ayant atteint une certaine maturité, une rentabilité et ayant parfois dégagé quelques profits. Les fonds collectés vont alors servir à faire de la croissance interne comme externe ; à augmenter ses capacités et/ou à développer de nouveaux produits et services, à financer des acquisitions et/ou à accroître son fonds de roulement. Le risque est davantage mesuré et maitrisé pour l’investisseur, l’entreprise ayant déjà un passé comptable. L’espérance de gain reste tout aussi attractive si la société concernée dispose d’un avantage concurrentiel, une expertise et/ou une offre qui lui permet de se distinguer dans son secteur.

  • Le capital retournement

    Il finance la restructuration d’une entreprise en difficulté. L’appel au financement bancaire étant généralement devenu impossible quand la société connaît une crise majeure ou rencontre des difficultés conjoncturelles voir même structurelles, l’investisseur va entrer au capital pour permettre à l’entreprise de renouer avec la rentabilité et les bénéfices. L’investissement n’est pas uniquement financier, les fonds de capital retournement participent souvent activement dans la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie de retournement auprès des dirigeants de l’entreprise soutenue. Le risque de perte en capital est à bien mesurer mais de très belles performances peuvent également être au rendez-vous.

  • Le capital transmission

    Il finance l'entrée au capital d’une entreprise pour l’accompagner dans sa transmission ou sa cession notamment lorsque les actionnaires majoritaires souhaitent se retirer. Traditionnellement, il est fait appel au LBO « leveraged buy-out » ou au LMBO « leveraged management buy-out », à savoir son rachat par l'endettement d'une holding constituée spécialement pour l’occasion. Ladite holding remboursera ensuite sa dette via les dividendes que va générer la société rachetée. Par ailleurs, les sociétés qui ont fait appel au « LBO ou LMBO » créent davantage d'emplois et sont moins exposées au risque de faillite. Là aussi le risque pris par l’investisseur est assez bien maitrisé avec un potentiel de gains particulièrement attrayant.

Le Private Equity est donc un rouage essentiel dans la chaîne de financement d’une entreprise souvent confrontée aux contraintes et limites des sources traditionnelles de financement à savoir les fonds propres, le financement via la dette bancaire (notamment en phase de création) et/ou l’appel public à l’épargne (introduction en bourse).

Il constitue également un formidable levier d’amélioration pour l’entreprise. L’arrivée d’investisseurs en capital aux côtés des équipes dirigeantes se traduit souvent par un véritable transfert de compétences, d’expertises et de savoir-faire.

Il est aussi un incroyable créateur de valeurs pour l’entreprise et l’économie nationale. Il participe activement à la promotion et la création d’entreprises innovantes notamment dans le secteur des nouvelles technologies.

En 2018, les levées de fonds des acteurs français du Private Equity (deuxième au niveau européen derrière le marché britannique qui risque par ailleurs de pâtir du Brexit en cette année 2019) ont bondi de 13% par rapport à 2017 avoisinant les 20 milliards d'euros de collecte. Comparativement, les valorisations, dettes et leviers avaient des niveaux quasi équivalents en 2007. Aujourd’hui la sélection des fonds est de plus en plus rigoureuse et les sociétés de gestion sont davantage regardantes sur la qualité des entreprises ciblées et soutenues (d’après l’étude annuelle de l’organisation professionnelle France Invest). C’est pour cette raison que cette classe d’actifs est de moins en moins volatile avec un risque plus maitrisé et des rendements qui restent nettement supérieurs aux placements plus traditionnels.


2. Les modalités d’intervention du Private Equity (ou Capital Investissement)

Les modalités d'intervention en capital-risque peuvent être plus ou moins sophistiquées. Les « capital-risqueurs » tirent essentiellement comme rémunération la plus-value réalisée lors de la revente de leur participation.

Nous distinguerons 3 modalités d’interventions du Private Equity :

  • sous forme d’actions, nous parlerons alors d’Equity, qui permet à l’investisseur d’accéder au capital de l’entreprise. Les outils utilisés sont généralement les actions ordinaires ou les actions de préférence. Ces dernières confèrent à leurs détenteurs des droits supérieurs aux simples détenteurs. Elles donnent des droits aux bénéfices (quote-part supérieure de dividende, dividende prioritaire, superdividende…).
  • sous forme d’obligations, nous parlerons alors de « Mezzanine » ou de « dette Mezzanine ». Le terme « mezzanine » vient de l’italien « mezzo » qui signifie « au milieu ». Le financement mezzanine se situe donc entre l’investissement en fonds propres (capital) et la dette classique (dite dette senior). Les outils utilisés seront les obligations convertibles et les obligations avec BSA (bons de souscriptions d’actions). Cet outil ne permet pas à l’investisseur d’accéder au capital sauf dans le cadre des BSA. Il permet d’accentuer l’effet de levier, son remboursement étant in fine ; l’entreprise a le temps de se développer avant la date échéance du remboursement de la dette.
  • sous forme de dette, nous parlerons alors de dette senior. L’outil utilisé sera tout simplement la dette bancaire levée auprès d’une banque commerciale.

Pour ce qui est des modalités de sortie : le capital-investissement n'a de manière générale pas vocation à rester éternellement investi dans l'entreprise. Son intervention se veut plus ponctuelle, plus ciblée et est généralement limitée dans le temps.

Ainsi, la sortie peut se faire de plusieurs façons, par :

  • la réduction ou l'amortissement du capital
  • le rachat des titres par les associés initiaux à un prix convenu
  • la revente des titres à un tiers (groupe industriel ou financier)
  • la revente à une autre structure de capital-développement
  • IPO ou Introduction en Bourse, (IPO est l'abréviation d’Initial Public Offering) : elle permet la cotation des actions d’une société sur un marché boursier réglementé. Avant une IPO, une société est considérée comme privée car ses actions ne sont disponibles qu’aux investisseurs impliqués dès la création. Après une IPO, l’acquisition d’actions est ouverte au grand public. On dit généralement qu’elle devient publique. Lorsqu’une société entreprend une « IPO », elle cote un certain nombre d’actions sur une place boursière pour effectuer une levée de capital. Les IPO représentent l'une des nombreuses façons pour une entreprise d'augmenter son capital, avec d'autres alternatives populaires comme trouver des investisseurs importants, le crowfunding ou en utilisant les bénéfices non distribués.

J'en profite



3. Les différents types de fonds et véhicules utilisés

Pour « loger » ce type d’investissement, les sociétés de gestion peuvent utiliser différentes typologies de fonds et de véhicules juridiques en fonction de leur destination. Ce qui permet d’ailleurs aux investisseurs de pouvoir bénéficier d’une fiscalité particulièrement attractive.

Nous allons vous présenter ici les grandes « familles » de fonds généralement utilisés pour loger le Private Equity même si cette liste n’est pas exhaustive.

Les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque)

Les parts ou actions de FCPR véhicule de placement n’ayant pas de personnalité juridique, créé pour investir dans des sociétés non cotées. Règlementairement, les FCPR doivent être constitués d’au moins 50% de valeurs mobilières non admises à la négociation sur un marché réglementé français ou étranger, ou de parts de sociétés à responsabilité limitée.

Les FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement)

Type de FCPR qui vise à investir plus spécifiquement dans des sociétés innovantes.

Les SLP (Sociétés de Libre Partenariat)

Créées par la loi « Macron » du 6 août 2015 sur le modèle des « partnerships » britanniques et des sociétés en commandites spéciales luxembourgeoises (SCSp), ce véhicule permet d’investir dans tout actif pouvant faire l’objet d’une valorisation et dont la propriété peut être établie par un acte sous seing privé.

Les SCR (Société de Capital-Risque)

Ce sont des sociétés qui ont pour objectif la prise de participation dans le capital de sociétés non cotées. Elles peuvent avoir différents statuts juridiques comme la Société Anonyme (SA), la Société en Commandite Simple par Actions (SCSA) ou la Société par Actions Simplifiées (SAS). Elles bénéficient de règles fiscales particulièrement avantageuses pouvant aller jusqu’à l'exonération totale de l'impôt sur les sociétés. Les SCR sont par ailleurs souvent utilisées pour les « Club Deal ».

A noter :

Ces typologies de fonds sont très souvent éligibles au fameux « 150-0 B Ter ». Ce dispositif visant à faire bénéficier du report d’imposition les chefs d’entreprises et/ou les dirigeants actionnaires ayant cédé leur(s) société(s).

Pour rappel, le chef d’entreprise qui détient les titres de sa société et qui envisage de les céder peut procéder à l’apport préalable de ces titres à une autre société qu’il contrôle afin de bénéficier de ce fameux régime de report d’imposition sur sa plus-value. Deux conditions sont cependant requises pour bénéficier de ce report :

  • la cession doit intervenir dans les trois années suivant l’apport
  • il faut être en mesure de réinvestir au moins 60 % du prix de cession dans le financement d’une activité économique dans les conditions définies dans l’article 150-0 B Ter du Code Générale des Impôts.

Les fonds précités sont très souvent éligibles à ce report.

Nous vous conseillons de vous rapprocher de la Direction Gestion Privée de Netinvestissement qui vous accompagnera dans les démarches à effectuer pour effectuer l’opération d’apport-cession et saura vous orienter et vous conseiller dans les investissements à réaliser et le choix des fonds disponibles sur le marché.

Conclusion

Vous l’avez compris, le Private Equity est une classe d’actifs à part entière, décorrélée des marchés financiers et représentant un soutien fondamental et indispensable tout au long du cycle de vie de l’entreprise. Il est même devenu un partenaire de premier plan pour l’économie française. Il permet d’investir en direct dans l’économie réelle, d’investir utile et de participer activement au développement de nos start-up, ETI, PME, de créer de l’emploi et de contribuer au développement économique national.

La croissance constante de cette classe d’actifs laisse entrevoir de belles performances et des potentiels de gain largement supérieurs aux actifs plus traditionnels.

L’investisseur va aussi, en fonction de la typologie de produits et du véhicule juridique retenue par la société de gestion, pouvoir bénéficier d’une fiscalité douce et particulièrement attractive.

Enfin, avant de vous lancer et d’investir dans le Private Equity, nous vous recommandons de vous rapprocher de notre équipe spécialisée dans ce type de placement. Celle-ci sera à même de vous accompagner dans toutes vos démarches. Nous procéderons à une analyse fine et précise de votre situation professionnelle, personnelle et patrimoniale, de vos objectifs et de votre sensibilité au risque afin d’élaborer avec vous et pour vous la stratégie la plus adaptée à votre situation.

À propos de l'auteur

Albin de Salies , Responsable de la Gestion Privée

Albin de SALIES débute sa carrière professionnelle en 2003 au sein d’une grande compagnie d’assurance et y occupe des fonctions de développement commercial et de management. Diplômé de l’ESCP-Europe, il rejoint en 2011 la filière Banque Privée du 2ème groupe bancaire Français où il accompagne un réseau de Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants dans la conception et la mise en œuvre de solutions sur mesure pour optimiser le patrimoine de leur clientèle. 

Il y développe les expertises nécessaires et le savoir-faire en gestion privée et gestion de fortune pour répondre aux besoins, tant privés que professionnels, des chefs d’entreprise, cadres dirigeants ou détenteurs d’un patrimoine financier et immobilier.

Poussé par son désir d’indépendance et d’évolution, il s’associe tout naturellement en 2018 au groupe Wast & Van dans lequel il intervient au sein du cabinet de Paris d’Hotman ACHAB et prend la direction de Netinvestissement Méditerranée avec Chloé BALLESTER. 

Découvrir son profil

Sur le même sujet

  • Pourquoi et comment investir dans un fonds 123 IM ?
  • Private equity : pourquoi et comment investir dans un FPS (Fonds Professionnel Spécialisé) ?
Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

  • Private equity : pourquoi et comment investir dans un FPS (Fonds Professionnel Spécialisé) ?
  • Pourquoi et comment investir dans un fonds 123 IM ?
Voir tous nos guides